Retour au SeuilLes Webmestres, etc...Page PrécédentePage SuivanteMettez ce site dans vos favorisLes Forums concernant le film, Tolkien, la Fantasy, etc...Venez chatter !Venez signer ou lire le livre d' orCe site vous plait ? Conseillez le à un ami !Section achat d' Elbakin.net
 

Auteurs, E-mail : Guybrush
Dernière Mise à jour : 30/04/2004

Les articles. Provenant principalement de journaux de Nouvelle-Zélande, mais pas seulement. Il s'agit bien évidemment d'une sélection, pour ne retenir que le plus intéressant de ce qui peut paraître dans la presse, et non pas un enième article répétant ce que tout le monde sait déjà.

Retour Index Film

.:: Peter Jackson, Seigneur du Cinéma ::.



Par Richard Corliss
Time Magazine, 26 avril 2004

En 1996, Roger Ebert a qualifié Fantômes contre Fantômes de démo plus que de véritable film, comme une sorte de cassette d’audition préparée par un expert des effets spéciaux qui veut un vrai travail, en espérant impressionner suffisamment un producteur. Ebert ne pouvait pas savoir à quel point il avait raison en agissant de la sorte. En créant le film, Jackson avait accumulé une énorme quantité de technologies pour les effets spéciaux. Il avait juste besoin du bon sujet dans lequel placer ses cyber-jouets pour un usage spectaculaire.

Le sujet, nous le savons, concernait les guerres de la Terre du Milieu. Les livres du Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien ont donné à Jackson l’histoire d’une quête impliquant des douzaines d’espèces exotiques et des centaines de cadres magnifiques ou diaboliques. Pendant une période de sept ans dans sa Nouvelle-Zélande natale, Jackson a donné vie à cette vaste trame, en gagnant finalement près de 3 milliards de dollars dans les salles de cinéma et encore beaucoup plus grâce aux DVD et K7. Il a mélangé de l’action en temps réel avec des animations informatisées d’une façon qui ne pouvait pas être réalisée, ou même imaginée il y a 10 ans. D’une autre façon, tout aussi importante, la trilogie a animé la fantasy avec une grâce et une gravité jamais vue sur une échelle aussi énorme. Le SDA était un joli coup artistique et financier, si impressionnant que même l’Académie était stupéfiée, en donnant au film 11 Oscars.

Aujourd’hui le projet semble en or. Mais Hollywood n’a pas toujours pensé de cette manière. Disney-Miramax a rejeté la proposition de Jackson, même avec un compromis de deux films. Les rejets du bureau principal ont peut-être rappelé l’échec de la version animée du Seigneur des Anneaux de 1978, également en deux parties (la deuxième n’a jamais été faite). Pour des raisons plus éloignées du box-office, les sponsors potentiels devaient simplement mesurer les 300 millions de dollars dont Jackson avait besoin pour faire la trilogie, en comparaison des misérables 35 millions de dollars gagnés par ses cinq longs métrages précédents.

Ces premiers films possédaient une imagination abondante et un talent pour la création d’effets effrayants ou gore avec des budgets minuscules. Bad Taste, avec, pour la première fois, le réalisateur dans un rôle principal, parlait d’aliens chassant des humains pour leurs valeurs gastronomiques. Meet the Feebles était, nous en sommes sûrs, la première comédie musicale avec uniquement des marionnettes. Le héros de Braindead (aussi connu sous le nom de Dead Alive) était aspiré dans les organes reproductifs de sa maman, un monstre zombie de 6 mètres de haut (une marionnette), puis combattait pour ressortir. Seul Créatures Célestes, une étude honnête et enthousiaste des obsessions de l’adolescence, avait généré de nombreuses bonnes critiques, mais ce n’était toujours pas un grand succès. Ce que ces films, avec Fantômes contre Fantômes, ont montré, c’est le don de Jackson pour tourner des prises farfelues qui, malgré tout le sang sur les murs, démontrait un amour des astuces des films et des possibilités illimitées.

Pour être juste envers tous les magnats qui sont passés à côté du SDA, aucun des premiers films ne suggérait que Tolkien et Jackson (dont la géniale corpulence suggère un mélange entre Sam Gamgee et Boromir) iraient bien ensemble. En effet, les admirateurs de longue date de Jackson s’attendaient à ce que le cycle de l’Anneau parte dans un délire du genre Dead Alive. Cela n’est pas arrivé. Les vieux films peuvent être anarchiques ; la trilogie devait être conservatrice. Le devoir de Jackson, comme il l’a accompli, était de créer une traduction fidèle de la Terre du Milieu – une sorte de clonage d’un média à un autre. Son triomphe était de superviser une production aussi énorme que ces premiers films avaient été intimes, et d’avoir conserver les grandes lignes à l’esprit en enrichissant chaque moment à l’écran. Les créateurs de films ont apprécié l’ampleur et la profondeur de son engagement. Les spectateurs ont réagi de la même manière. Et les exécutifs des studios ont appris qu’une fois de temps en temps, cela vaut la peine de faire confiance à la passion et à la vision d’un réalisateur.

Maintenant que Jackson a tout ce pouvoir, que va-t-il en faire ? Refaire King Kong, un film de monstres qu’il aime depuis qu’il est tout petit. Et Universal Pictures est heureux de financer la troisième version d’une histoire que la plupart des personnes pensaient être parfaite la première fois (en 1933, quand le grand singe escaladait l’Empire State Building) et inutile la deuxième fois (en 1976, quand Kong avait un rendez-vous avec le World Trade Center).

Cela semble être le caprice d’un gosse riche dans le corps d’un homme. Mais c’était une erreur de sous-estimer l’imagination et l’ambition de Jackson à cause de l’argent. Cela serait de la folie d’agir à nouveau de la sorte.

-> Article originel