|
.:: Extraits
du numéro 26 de OUTRE : The World Of Ultramedia
::.
Interview de Mr.
Pallenberg, co-scénariste d'Excalibur
" Le travail
qui nous avait été donné
par United Artists consistait en un film, et,
à ce moment, ils produisaient de longs
films avec une interruption. [Le script] avait
176 pages avec une interruption à la page
81, après que la Communauté eût
descendu les rapides, et on avait le sentiment
qu'ils avaient maintenant atteint un paysage grandiose
avec l'élargissement de la rivière.
" Le thème musical de " La Route
se poursuit sans Fin " accompagnait la scène
de clôture. La première moitié
du script aurait donc décrit la plus grande
partie de la Communauté de l'Anneau. Après
la coupure, " nous accélérions
comme l'histoire se poursuivait, et laissions
des choses de côté. Nous étions
poussés par ce que nous aimions, et inventions
au fur et à mesure que nous avancions.
"
Le scénario prenait des libertés
avec le livre, ce qui aurait dérangé
les puristes de l'uvre de Tolkien. Le changement
le plus provoquant se déroulait peut-être
en Lothlorien où, avant de regarder dans
le miroir de Galadriel, Frodon devait devenir
intime avec elle (cela ne provoquait aucune friction
avec Celeborn, son mari, puisqu'il n'était
pas présenté).
L'adaptation était aussi grandement créative
et inventive (des idées que Pallenberg
espère toujours utiliser sur un autre projet
épique). L'histoire de la Terre du Milieu
est racontée d'une manière intéressante,
bien que l'auteur le ferait d'une manière
différente aujourd'hui. " J'ai créé
une sorte de pièce de théâtre
de Kabuki dans lequel l'histoire de Sauron et
de la création des anneaux était
racontée au cours d'une réunion
à Fondcombe. [Lisant le script] "
Une pièce de théâtre a commencé.
La scène est une table (une grande table
ronde). Le jeu est stylisé, emphatique.
Comme dans le théâtre Kabuki, les
costumes sont flamboyants et symbolisent des êtres
et des entités de la Terre du Milieu. "
Ainsi, par ce procédé, nous simplifions
l'histoire de fond. Mais je crois que si je devais
revoir cette scène maintenant, je réfléchirais
à un moyen plus rapide de faire. "
Les nouveautés concernant le nain Gimli
proviennent de l'affection de Pallenberg pour
le personnage. " Je me souviens l'avoir beaucoup
aimé. J'en savais pas mal sur les opéras
de Wagner et sur la littérature allemande.
Il m'était sympathique et j'ai essayé
de travailler avec lui partout où cela
m'était possible. Je crois qu'est venue
de moi l'idée où ils enterrent Gimli
dans un trou, le recouvrent d'une cape, et le
rouent de coups jusqu'à l'épuisement
pour qu'il retrouve son inconsciente mémoire
ancestrale. " Cet ancien savoir permet à
Gimli de connaître le mot pour entrer dans
la Moria, et de comprendre clairement ce qui est
arrivé à l'ancien royaume nain.
Pallenberg a contribué à une autre
idée originale pour la séquence
de la Moria. " J'ai eu cette idée
assez fantaisiste où ces orques sont ensommeillés
ou dans un état quasi-narcotique. La Communauté
court à travers ce groupe et les bruits
de pas " réveillent " leurs curs.
John aimait beaucoup ça. "
Il mentionne un autre changement. " Il y
a un duel entre les magiciens, Gandalf et Saroumane.
J'étais inspiré par une idée
africaine selon laquelle les magiciens s'opposent
dans des duels par mots interposés. C'était
un moyen de les voir se piéger l'un l'autre,
grâce à un duel verbal, à
la place d'éclairs virtuels, de bâtons
agités ou de choses comme ça. J'ai
essayé au maximum de rester loin de tout
cela, et Boorman faisait de même. [Il lit
le script]
GANDALF : Saroumane, je suis le serpent prêt
à frapper !
SAROUMANE : Je suis le bâton qui écrase
le serpent !
GANDALF : Je suis le feu qui brûle le bâton
jusqu'aux cendres !
SAROUMANE : Je suis le nuage qui éclate
et éteint le feu !
GANDALF : Je suis le puits qui piège les
eaux. "
" John Boorman et moi-même n'avons
pas donné trop d'importance à la
composante chrétienne du travail de Tolkien.
Cela devenait difficile à gérer
par moments. C'est une histoire de rédemption
et ça semble être suffisant. "
{Saut jusqu'à une autre partie de l'article
de Plesset}
Pallenberg continue, " Parce que cela devait
être un unique film et parce que nous ne
pouvions perdre du temps avec des effets compliqués,
j'étais partisan d'éliminer toutes
les créatures volantes. Je pensais que
cela aurait été trop riche, et que
cela sortirait trop de l'ordinaire. John Boorman
était d'accord avec cela. A Minas Tirith,
à la place d'une monture volante, le Chef
Nazgûl monte un cheval qui " semble
ne pas avoir de peau. Sa chair, vivante, brute
et sanglante est visible. " J'ai toujours
le sentiment que le clinquant peut être
retiré de l'intrigue fondamentale. Nous
tentions toujours de faire les choses à
peu de frais, simplement. Quand vous voyez un
château dans le lointain, il peut avoir
été fait à partir de n'importe
quoi, même des pylônes haute-tension
qui miroitent. John Boorman est extrêmement
habile avec ça.
Néanmoins, le script a son lot de demandes
techniques. Il commence dans le bureau plein de
livres de Tolkien, avec l'auteur dérangé
par la caméra qui s'introduit. Ensuite,
comme le titre apparaît, le public assiste
à un voyage dans la Terre du Milieu par
le biais d'une combinaison de maquettes et de
paysages réels photographiés. "
Boorman voulait constuire une énorme maquette
de la Terre du Milieu, de la taille d'un studio
de cinéma, avec la curvature de la Terre
et tout, " s'exclame Pallenberg.
{Saut dans l'article jusqu'au paragraphe de
conclusion}
Le script se termine avec Gandalf, Frodon, Bilbo,
Galadriel, Arwen et Elrond quittant la Terre du
Milieu sur un voilier. Un arc-en-ciel se dessine
au-dessus du navire. Legolas, qui regarde depuis
la grève avec Gimli, dit : " Regarde
! Seulement sept couleurs. A vrai dire, le monde
est en train de faillir. " " Je cois
que c'est l'idéologie véhiculée
par le film, " selon Pallenberg. " C'est
de moi, pas de Tolkien. D'un point de vue physique,
il est incorrect de dire qu'il pourrait y avoir
plus de sept couleurs, mais cela signifie que
nous vivons dans un monde diminué. "
|