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Article de FilmJerk, 3 Décembre 2002 ::. Le
Seigneur des Anneaux : Les deux Tours Par Pedro Vargas 2 décembre 2002
" Les Deux Tours " est le film de l'année. C'est une bataille épique
et certains de ceux qui ont aimé " La Communauté de l'Anneau " pourront être choqués
par la puissance, la violence et la masse d'émotions que " Les Deux Tours " dégage.
Ca ne veut pas dire que c'est mal. Au contraire : c'est le cinéma que j'aime.
Le style qui fait exploser l'écran. J'ai lu les livres il y a cinq ans, alors
excusez les erreurs que je vais probablement faire. Prenez aussi en compte le
fait que je parle du film et non pas du livre. J'ai adoré le livre, mais le travail
de Jackson était de faire une adaptation. Et il a fait du très bon travail. Le
reste de cet article contient des révélations. Ne lisez pas si vous voulez voir
le film sans rien savoir. " Les Deux Tours " commence par un plan survolant
des montagnes enneigées. On entend des voix et des cris. Puis, la caméra entre
dans la montagne et on voit la bataille entre Gandalf et le Balrog à nouveau.
Cette fois depuis une perspective différente - et plus longue. C'est bien : le
film commence par ma scène préférée de " La Communauté de l'Anneau ". Ca commence
par une détonation impressionnante. C'est parce que Peter Jackson a présenté tous
les personnages et la géographie de la Terre du Milieu dans la " Communauté "
qu'il peut maintenant commencer directement au cœur du sujet. Au début c'est un
peu dérangeant parce que les scènes entrecoupées rendent le film irrégulier. Cependant
dès que le fil de l'intrigue est apparu, " Les deux Tours " devient un bulldozer
qu'on ne peut plus arrêter jusqu'à la dernière minute. Ca n'est pas uniquement
cinétique, ça m'a rappelé " Aliens " de James Cameron qui avait la même énergie
implacable. Chacune des trois parties de l'histoire (Aragon/Legolas/Gimli
- Frodo/Sam - Merry/Pippin) a un style différent. La partie avec Merry et Pippin
par exemple commence de manière assez sinistre, après elle devient la partie calme
de l'histoire qui contrebalance la bataille du gouffre de Helm. Ces styles et
ces rythmes différents des trois parties de l'histoire rendent le film plus vif
que la " Communauté " qui était assez linéaire. Une chose est commune aux trois
histoire : l'obscurité. Frodon et Sam marchent à travers des marais très
sales. Le paysage est froid et les corps qui flottent sous l'eau sont vraiment
effrayants. C'est un paysage surnaturel et on peut voir que Peter Jackson est
un génie quand il commence à dépeindre le mal. Les Hobbits atteignent alors la
porte noire qui est maniée par deux Trolls des cavernes. Ce qui est impressionnant
dans cette scène c'est le poids du portail. L'utilisation des maquettes est parfaite
et donne à ce décors assez de profondeur et de poids pour être convaincant.
Pendant ce temps, Aragorn, Gimli et Legolas recherchent les deux Hobbits. Leur
histoire représente la plus grande partie du film. Après qu'ils aient retrouvé
Gandalf, ils partent libérer Théoden du sort de Saroumane et guider le peuple
de la ville jusqu'à la forteresse du gouffre de Helm. Dans ces scènes j'ai été
très impressionné par le courage qu'a eu Peter Jackson d'utiliser d'anciennes
langages. Si j'aimais Shakespeare, je dirai que " Les Deux Tours " est le " Henry
V " de Peter Jackson à cause de la longueur, des monologues mélancoliques et,
bien entendu, du thème de la guerre. Je ne sais pas si les enfants vont apprécier
ce parler ancien. Sur leur chemin vers le gouffre de Helm, ils sont attaqués par
des Orcs montés sur des Wargs, c'est une scène violente. Très bien rendue. Et
puis on arrive au dernier tiers, la grosse bataille. Elle est interrompue par
d'autres histoires, mais malgré tout on assiste à 45 minutes épiques de combats
à l'épée et à l'arc. Jackson nous donne quelques éléments sur la géographie
de la forteresse avant que l'immense armée de Saroumane approche dans un bruit
de tonnerre. La perspective est fantastique et la bataille va vous scotcher à
votre siège. Vous devez connaître la scène où un mur explose qui est dans le trailer.
Le plus spectaculaire est la pluie d'énormes pierres qui retombent après l'explosion.
A nouveau, leur poids est très réaliste et quand elles tombent sur quelques Ourouk-hai,
ça fait vraiment mal. C'est définitivement la plus grosse scène du film - mais
ce n'est pas ma favorite, qui viendra plus tard. Oh, et avant que la bataille
commence vraiment, Jackson montrent des enfants que l'on prépare à se battre.
C'est un moyen simple de montrer le désespoir des gens. Une armée qui doit envoyer
ses enfants au front c'est probablement la situation la plus désespérée possible.
Mais vous n'êtes pas obligés de devenir tous dépressifs. Quelques moments comiques
avec Gimli viennent interromprent la scène. Le plus drôle le montre se tenant
juste devant le mur, on voit juste son casque (ils l'ont fait un peu plus petit
qu'il ne devrait mais ce n'est pas grave) ce qui provoque un rire dont on a bien
besoin à ce moment. Je n'aurais pas aimé que " Les Deux Tours " soit ironique,
mais un peu d'humour est le bienvenue. Ca m'amène à la dernière histoire
: Pippin et Merry. Le début de leur histoire est très dur. Il y a une lutte intestine
au cours de laquelle les Ourouk-hai s'entre-tuent. " Les Deux Tours " est plus
dur et brutal que " La Communauté ". L'interdiction aux moins de 13 ans est dure
à avaler. Je pense personnellement que la violence convient à l'histoire et donne
une atmosphère au film, mais ce n'est pas pour les enfants. Jackson ne s'en est
pas soucié d'ailleurs. On peut clairement voir combien il s'est amusé à tourner
ces scènes de carnage. Plus tard, les deux Hobbits fuient dans la forêt et
rencontre Sylvebarbe. J'aime vraiment l'homme-arbre, son nez, ses yeux, sa " peau
", sa voix. Tout est parfait. Si vous voyez un plan large avec lui et les autres
Ents, vous verrez qu'ils sont vraiment les personnages ayant fait appel au plus
d'effets spéciaux. Il me semble que les feuilles sont difficiles à animer et que
la couleur verte n'est pas évidente pour ceux qui font les effets spéciaux. Malgré
tout, c'est bien fait, parce que la forêt est sensationnelle, de même que le Ents.
Quand ils se rendent en Isengard, ma scène favorite commence. C'est la scène de
" la revanche de la nature ", et voir Saroumane en train de regarder son armée
être balayée par quelques arbres m'a fait sourire. Le déluge qui s'abat ensuite
sur Isengard a un effet salvateur après toute la folie et les horreurs dont nous
avons été témoins. Magnifique scène. Maintenant, Gollum. C'est la plus belle
créature réalisée par effets spéciaux que j'ai jamais vue. Il y a des moments
où on voit vraiment qu'il est digital (par exemple quand il attrape un poisson),
mais au final on est vraiment impressionné. Devant nos yeux, quelques pixels deviennent
un personnage important. J'ai déjà le cœur brisé à l'idée de lire des comparaisons
avec Jar-Jar ou Dobby. Gollum est aussi un peu casse-pieds, mais il l'est d'une
manière plus subtile. Quand avez-vous déjà vu une créature artificielle avoir
une discussion schizophrène avec lui-même ? Pendant quelques minutes Gollum débat
avec lui-même. Soit vous acceptez ça, soit vous ne l'acceptez pas. Si vous ne
l'acceptez pas vous n'êtes peut-être pas prêt à voir des films de fantasy.
Gollum est le fleuron des effets spéciaux. Il y en a d'autres, dont mon favori,
le Balrog, les Trolls des cavernes, l'explosion au gouffre de Helm, l'attaque
d'Isengard, Sylvebarbe - oh et puis les oliphants. Ils sont merveilleux. En fait
il y en a presque trop parce qu'ils ne servent pas toujours l'intrigue. Mais le
spectacle est impressionnant - et je préfère " trop " que " pas assez ".
Comme dans " La Communauté ", les paysages sont étonnants. La Nouvelle-Zélande
devient à nouveau la Terre du Milieu. La différence avec un film comme " L'attaque
des clones " c'est que Peter Jackson filme de vrais paysages et rajoute les bâtiments
par le suite. Ca donne à l'image la profondeur requise. Si vous n'aimez pas cette
prédominance de la guerre dans " Les deux Tours " vous reconnaîtrez au moins que
c'est un très bon guide à travers la Terre du Milieu. Maintenant, brièvement,
les acteurs : Sean Astin a plus à faire et il le fait brillamment. Elijah Wood
apparaît moins que dans le film précédent mais il est bon. Les deux autres Hobbits
ont moins de gags que dans " La Communauté " - et ça marche. Cette fois, les gags
sont ceux de John Rhys-Davies qui est très drôle en Gimli et impressionnant en
tant que voix de Sylvebarbe. Orlando Bloom était meilleur dans " La Communauté
". Il a une ou deux répliques inexpressives et est moins adroit avec son arc.
Mais il est tout de même bon. Viggo Mortensen est probablement le meilleur du
film. Si " La Communauté " était la quête de Frodon, " Les deux Tours " est celle
d'Aragorn. Et Viggo rend très bien cet aspect. Par contre, Ian McKellen a un rôle
moins important. Il est plus distant que dans " La Communauté " et à part deux
ou trois répliques amusantes, il n'a que des dialogues sérieux. On ne voit Cate
Blanchett que par à-coup et Liv Tyler était moins distrayante que ce que j'attendais.
Ses scènes sont assez inutiles. Bernard Hill est grand. Parfois j'avais l'impression
qu'il rejouait son rôle de capitaine du Titanic et amenait son bateau Rohan vers
son destin. Miranda Otto est bonne aussi. Il y a eu beaucoup de discussions à
propos du " triangle amoureux ". Il n'existe pas vraiment parce qu'Eowyn voit
bien qu'Aragorn aime Arwen. Les quelques coup d'œil que lance Miranda Otto en
disent assez et sont meilleures que n'importe quelle relation amoureuse qui aurait
pu être tenté par un réalisateur moins talentueux pour mettre plus de féminité
à l'écran. Je pense que les changements opérés sur les personnages féminins vont
faire beaucoup parler les puristes de Tolkien. Pour moi, ils sont bien faits.
Autre sujet de discussion : le film s'arrête avant la fin du livre. Il s'arrête
quand Gollum guide les Hobbits vers un sombre destin…vers " elle " (il prononce
ça d'une manière exquise). Pour résumer, " Les deux Tours " est l'événement
cinématographique de l'année 2002. C'est un film épique et guerrier, plein d'étonnantes
images et dégageant une grande puissance. Ce n'est pas un film léger. C'est le
frère obscur de " La Communauté de l'Anneau ". L'un ne peut pas exister sans l'autre.
" La Communauté " ne présente pas simplement les personnages, elle fait aussi
le contrepoids avec " Les Deux Tours ". Quand je suis sorti du cinéma, je
me suis senti vidé, et pour ça, Peter Jackson, je te remercie. ->Article
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