Retour au SeuilLes Webmestres, etc...Page PrécédentePage SuivanteMettez ce site dans vos favorisLes Forums concernant le film, Tolkien, la Fantasy, etc...Venez chatter !Venez signer ou lire le livre d' orCe site vous plait ? Conseillez le à un ami !Section achat d' Elbakin.net
 

Auteurs, E-mail : esdeo
Dernière Mise à jour : 03/11/2003

Les articles. Provenant principalement de journaux de Nouvelle-Zélande, mais pas seulement. Il s'agit bien évidemment d'une sélection, pour ne retenir que le plus intéressant de ce qui peut paraître dans la presse, et non pas un enième article répétant ce que tout le monde sait déjà.

Retour Index Film

.:: Critique de l'Edition Spéciale 4 DVD par Empire ::.

 

Telle est la question : qui a réussi à éviter la petite dose distillée par la version cinéma du DVD et à tenir bon jusqu'à la sortie de cette Extended Edition ? Et bien, bravo ! Des quatre éditions sorties jusqu'ici, celle-ci se révèle la meilleure. Dans leur version longue, Les Deux Tours se calment et s'étoffent, loin de la lutte du montage cinéma pour contenir la générosité du texte. Bien plus que pour la version longue de La Communauté, on est ici en présence d'un film amélioré de façon substantielle, à la fois plus intime et plus grandiose.

Encore une fois, Peter Jackson ne s'est pas contenté de coller des scènes coupées ; il s'est replongé dans les chapitres existants et a dénoué les ceintures forcément serrées pour épargner nos vessies au cinéma.

Le Gouffre de Helm, et son climax de bravoure, devient en particulier plus cohérent et stupéfiant. Sa fin auparavant abrupte est allongée pour inclure l'arrivée saisissante, et présente dans le livre, des Huorns (grosso modo une tribu de sycomores assoiffés de sang), ainsi que la conclusion du décompte, pas vraiment politiquement correct, de corps entre Legolas et Gimli. Pourtant, tout au long de la bataille, par de petits ajouts, on gagne beaucoup en fluidité et clareté.

Ces ajouts répondent à un double objectif : d'abord, s'étendre sur les histoires personnelles des personnages, de façon à ramener le livre sur le devant de la scène, dans le film ouvertement admis comme le plus "adapté" des trois. Et ensuite d"appuyer sur le côté divertissement du spectacle.

Le séjour de Merry et Pippin avec Sylverbarbe s'étire pour inclure de la poésie forestière excessivement terne et la légendaire scène de boisson des Ents, où les deux Hobbits gagnent des centimètres supplémentaires. C'est un stratagème efficace : répondant au dur réalisme du film, le réalisateur est suffisamment intelligent pour percer toute solennité avec son sens de l'humour très personnel. Gimli, en particulier, hérite, avec le personnage de Peter Jackson, d'un valeureux mélange de niaiserie et de muscle.

Le personnage de Boromir, récemment décédé et interprété par Sean Bean, fait une apparition en flash-back. Ce passage évocateur (appelé par les réflexions de Faramir) aidera au lancement du Retour du Roi, révélant le triangle tendu entre les deux frères et Dénethor (John Noble), leur père "Néronien". Bien que rien dans ce matériel ne soit précisément nécessaire pour la narration, il flotte un air de permanence. Le temps s'écoulant, ces grosses éditions charnues apparaîtront comme de véritables versions définitives.

Durant presque quatre heures (42 minutes en plus), l'audace et la gloire de la réalisation de Peter Jackson (sans tenir compte de la mythologie complexe de Tolkien) apparaissent brillantes. Les Uruk-hais détrempés à l'assaut du Gouffre de Helm ? Du pur Kurosawa.

Le surréalisme envoûtant de la glorieuse marche de Sylverbarbe (l'un des éléments les plus délicats du livre) aurait chatouillé les moustaches de Dali. Savouré doucement et calmement, vous goûtez, sous le couvert des arbres et parmi les tours de pierre, à une résonance réellement créatrice qui dépasse aisément la doctrine prônée par les blockbusters. Voilà la douce saveur de l'art.

Les bonus des DVD :
Une foule de visages familiers apparaissent dans la multitude de documentaires, leurs interventions passionnées les rapprochant plus d?amis accueillants que de cinéastes distants. L?ampleur des révélations, de points de détails ou de considérations de fond, est telle qu?on se demande si il y a eu une seconde où Peter Jackson n'a pas eu quelqu'un à ses basques lui demandant son avis suprême.

L'attention est bien sûr focalisée autour des Tours, avec des détails aboutis sur de solides passages tels que la Bataille du Gouffre de Helm ou le triomphe spécifique au second film : Gollum. On apprend, avec des détails fantastiques et honnêtes, comment New Line maintenait catégoriquement que Weta ne serait pas capable de mener à bien sa création. La réaction de Weta a été de faire des miracles, et, par là-même, de placer ILM en position de perdant (Gollum écrase Hulk !). Qui peut douter que, désormais, chaque personnage en images de synthèse sera automatiquement comparé aux ruses dérangeantes et au merveilleux expressionnisme de ce misérable décharné ?

Ont été inclus, de façon charmante, les premiers essais d'animation de Gollum, plus noueus, une sorte de grenouille, transformé de façon conséquente au fur et à mesure de la désormais reconnue absorption du rôle par Andy Serkis. A la dernière minute, Gollum a été refondu pour ressembler, comme A.Serkis le déclare franchement, à un croisement entre son père et son très jeune fils.

Plus de 40 personnes différentes (acteurs et membres des différentes équipes) parlent au travers de quatre commentaires, menées par les intonations chaleureuses de Peter Jackson et de ses co-scénaristes, Philippa Boyens et Fran Walsh. Restant focalisé sur l'histoire, le trio montre très clairement combien ils étaient au courant des réactions irritées de certains fans du livre à propos de leurs combines. Avec un réel esprit de compréhension, ils rendent leurs points de vue clairs et convaincants, et force est d'admirer les aveux du réalisateur sur son insatisfaction quant à certains résultats.

L'ensemble remplira plusieurs semaines de votre temps, depuis les les démonstrations sonores interactives, aux archives d'images du film, avec leur propre commentaire, en passant par les cartes et d'éloquents passages lus du livre - un gigantesque voyage filmique documenté par la seconde partie d?une énorme trilogie. Il est ahurissant de surprendre P.Jackson mentionner, avec beaucoup d'esprit, des séquences encore inutilisées, comme celle d'un très jeune Aragorn batifolant avec Arwen en Lothlorien. "Nous mettrons cela dans l'Edition du Cinquantième Anniversaire", raille-t-il. Sans problèmes !




-> Article originel