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.:: Critique
de l'Edition Spéciale 4 DVD par Empire
::.
Telle est la question
: qui a réussi à éviter la
petite dose distillée par la version cinéma
du DVD et à tenir bon jusqu'à la
sortie de cette Extended Edition ? Et bien, bravo
! Des quatre éditions sorties jusqu'ici,
celle-ci se révèle la meilleure.
Dans leur version longue, Les Deux Tours
se calment et s'étoffent, loin de la lutte
du montage cinéma pour contenir la générosité
du texte. Bien plus que pour la version longue
de La Communauté, on est ici en présence
d'un film amélioré de façon
substantielle, à la fois plus intime et
plus grandiose.
Encore une fois, Peter Jackson
ne s'est pas contenté de coller des scènes
coupées ; il s'est replongé dans
les chapitres existants et a dénoué
les ceintures forcément serrées
pour épargner nos vessies au cinéma.
Le Gouffre de Helm, et son climax
de bravoure, devient en particulier plus cohérent
et stupéfiant. Sa fin auparavant abrupte
est allongée pour inclure l'arrivée
saisissante, et présente dans le livre,
des Huorns (grosso modo une tribu de sycomores
assoiffés de sang), ainsi que la conclusion
du décompte, pas vraiment politiquement
correct, de corps entre Legolas et Gimli. Pourtant,
tout au long de la bataille, par de petits ajouts,
on gagne beaucoup en fluidité et clareté.
Ces ajouts répondent à
un double objectif : d'abord, s'étendre
sur les histoires personnelles des personnages,
de façon à ramener le livre sur
le devant de la scène, dans le film ouvertement
admis comme le plus "adapté"
des trois. Et ensuite d"appuyer sur le côté
divertissement du spectacle.
Le séjour de Merry et Pippin
avec Sylverbarbe s'étire pour inclure de
la poésie forestière excessivement
terne et la légendaire scène de
boisson des Ents, où les deux Hobbits gagnent
des centimètres supplémentaires.
C'est un stratagème efficace : répondant
au dur réalisme du film, le réalisateur
est suffisamment intelligent pour percer toute
solennité avec son sens de l'humour très
personnel. Gimli, en particulier, hérite,
avec le personnage de Peter Jackson, d'un valeureux
mélange de niaiserie et de muscle.
Le personnage de Boromir, récemment
décédé et interprété
par Sean Bean, fait une apparition en flash-back.
Ce passage évocateur (appelé par
les réflexions de Faramir) aidera au lancement
du Retour du Roi, révélant le triangle
tendu entre les deux frères et Dénethor
(John Noble), leur père "Néronien".
Bien que rien dans ce matériel ne soit
précisément nécessaire pour
la narration, il flotte un air de permanence.
Le temps s'écoulant, ces grosses éditions
charnues apparaîtront comme de véritables
versions définitives.
Durant presque quatre heures (42
minutes en plus), l'audace et la gloire de la
réalisation de Peter Jackson (sans tenir
compte de la mythologie complexe de Tolkien) apparaissent
brillantes. Les Uruk-hais détrempés
à l'assaut du Gouffre de Helm ? Du pur
Kurosawa.
Le surréalisme envoûtant
de la glorieuse marche de Sylverbarbe (l'un des
éléments les plus délicats
du livre) aurait chatouillé les moustaches
de Dali. Savouré doucement et calmement,
vous goûtez, sous le couvert des arbres
et parmi les tours de pierre, à une résonance
réellement créatrice qui dépasse
aisément la doctrine prônée
par les blockbusters. Voilà la douce saveur
de l'art.
Les bonus des DVD :
Une foule de visages familiers apparaissent dans
la multitude de documentaires, leurs interventions
passionnées les rapprochant plus d?amis
accueillants que de cinéastes distants.
L?ampleur des révélations, de points
de détails ou de considérations
de fond, est telle qu?on se demande si il y a
eu une seconde où Peter Jackson n'a pas
eu quelqu'un à ses basques lui demandant
son avis suprême.
L'attention est bien sûr
focalisée autour des Tours, avec des détails
aboutis sur de solides passages tels que la Bataille
du Gouffre de Helm ou le triomphe spécifique
au second film : Gollum. On apprend, avec des
détails fantastiques et honnêtes,
comment New Line maintenait catégoriquement
que Weta ne serait pas capable de mener à
bien sa création. La réaction de
Weta a été de faire des miracles,
et, par là-même, de placer ILM en
position de perdant (Gollum écrase Hulk
!). Qui peut douter que, désormais, chaque
personnage en images de synthèse sera automatiquement
comparé aux ruses dérangeantes et
au merveilleux expressionnisme de ce misérable
décharné ?
Ont été inclus,
de façon charmante, les premiers essais
d'animation de Gollum, plus noueus, une sorte
de grenouille, transformé de façon
conséquente au fur et à mesure de
la désormais reconnue absorption du rôle
par Andy Serkis. A la dernière minute,
Gollum a été refondu pour ressembler,
comme A.Serkis le déclare franchement,
à un croisement entre son père et
son très jeune fils.
Plus de 40 personnes différentes
(acteurs et membres des différentes équipes)
parlent au travers de quatre commentaires, menées
par les intonations chaleureuses de Peter Jackson
et de ses co-scénaristes, Philippa Boyens
et Fran Walsh. Restant focalisé sur l'histoire,
le trio montre très clairement combien
ils étaient au courant des réactions
irritées de certains fans du livre à
propos de leurs combines. Avec un réel
esprit de compréhension, ils rendent leurs
points de vue clairs et convaincants, et force
est d'admirer les aveux du réalisateur
sur son insatisfaction quant à certains
résultats.
L'ensemble remplira plusieurs
semaines de votre temps, depuis les les démonstrations
sonores interactives, aux archives d'images du
film, avec leur propre commentaire, en passant
par les cartes et d'éloquents passages
lus du livre - un gigantesque voyage filmique
documenté par la seconde partie d?une énorme
trilogie. Il est ahurissant de surprendre P.Jackson
mentionner, avec beaucoup d'esprit, des séquences
encore inutilisées, comme celle d'un très
jeune Aragorn batifolant avec Arwen en Lothlorien.
"Nous mettrons cela dans l'Edition du Cinquantième
Anniversaire", raille-t-il. Sans problèmes
!
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originel
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