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du magazine allemand Cinema ::.
Les
héros puent. Du moins, Viggo Mortensen
dégage une odeur comme s'il avait passé
la nuit dans une porcherie. Quoi qu'il en soit,
l'acteur qui joue Aragorn dans la trilogie du
SdA ne perçoit plus sa transpiration. Son
costume de cuir et de lin n'a jamais été
lavé, et il a conservé la crasse
et la sueur de ces années éprouvantes.
Juste à l'instant, V. Mortensen combattait
encore sur les champs de bataille du Pelennor
et rampait à travers l'herbe humide et
les excréments de chevaux.
Même si le tournage s'est
officiellement achevé le 22 décembre
2000, V. Mortensen et la plupart des autres acteurs
du SdA sont retournés en Nouvelle-Zélande
pour tourner des scènes additionnelles
pour le troisième opus " Le Retour
du Roi ". " Quand nous avons fini de
monter la troisième partie au début
de cette année, nous nous sommes demandés
comment nous pouvions améliorer ce que
nous avions ", déclare le réalisateur
Peter Jackson pour expliquer les efforts consentis.
" Il y a par exemple une scène où
Gandalf salue des hommes de la main tout en menant
sa charrette. C'est un plan large qui montre une
personne en blanc, mais on ne reconnaît
pas explicitement Gandalf. Donc aujourd'hui, nous
tournons un plan serré qui sera ajouté
à cette séquence. "
Parfois, des maladresses peuvent
être facilement corrigées grâce
à de telles astuces. " Nous avons,
en partie, à tourner des dialogues additionnels
ou des scènes complètement nouvelles
en vue d'augmenter l'intensité dramatique
", déclare Peter Jackson. " Après
avoir réalisé que certains personnages
avaient désorienté le public dans
''Les Deux Tours'' parce que nous les avions personnifiés
différemment du livre, nous travaillons
maintenant principalement sur eux, notre but étant
de les rendre plus cohérents et plausibles.
"
Nous sommes aux studios de Stone
Street, le royaume très personnel de Peter
Jackson. Protégés par un nombreux
personnel de sécurité, ils ont été
le centre de commande de l'opération SdA
depuis 1999. Le réalisateur de 41 ans a
spécialement dans ce but acheté
l'ancienne usine de couleurs de Miramar, le district
de Wellington, qui est de façon absurde
au voisinage direct de l'aéroport international.
Une butte d'environ 40 mètres
de haut sépare les studios du bout de la
piste. Le fait que le travail soit dérangé
toutes les dix minutes par le vrombissement d'un
jet, n'ennuie qu'à peine toutes les personnes
ici. Et particulièrement Peter Jackson
qui reconnaît déjà les avions
à leur bruit de moteur. " Nous devons
de toute façon éditer le son en
post-production, le bruit est donc hors de propos
", déclare-t-il, décontracté,
typiquement Kiwi. Dans le cas où cela est
quand même important, il a posté
un guetteur sur la colline qui avertit l'équipe
par Talkie-walkie si un avion se présente
au décollage.
P. Jackson peut se permettre de
telles extravagances. Après une recette
mondiale de 860 millions de dollars pour la CdA,
et presque 950 pour les DT, le réalisateur
n'a pas besoin d'être regardant à
la dépense. Et il ne l'est pas. On peut
sentir partout sur le plateau qu'il y a assez
d'argent pour ces re-shoots. Par exemple, il n'y
a plus de moniteurs de studio. Tous les membres
des équipes peuvent suivre le tournage
en format cinéma directement sur de coûteux
écrans plats et écrans plasma.
" Ce tournage pris seul est
plus coûteux que le film néo-zélandais
le plus cher, " s'exclame le producteur Barrie
Osbourne, non sans une certaine fierté.
Son collègue, le producteur exécutif
Mark Ordesky qui a sécurisé le financement
de l'ensemble du projet, n'est pas non plus troublé
par l'investissement. " De l'avis général,
déclare t-il, si les deux premières
parties n'avaient pas été si couronnées
de succès, nous ne serions pas ici aujourd'hui.
Nous aurions alors sorti les trois films comme
ils ont été tournés au départ.
Maintenant, de toute façon, nous sommes
dans la position heureuse de pouvoir améliorer
notre produit et il nous est possible de le sortir
avec une meilleure qualité. "
Ces derniers jours, la production
se déroule avec quasiment tout le casting
masculin, même si certains des acteurs les
plus importants ne sont pas sur le plateau. "
Il y a une extrêmement grande demande pour
les acteurs ici, " nous précise Viggo
Mortensen. " Il arrive souvent que nous tournions
avec six ou sept équipes au même
moment, ce qui peut me faire parler à une
balle de tennis en lieu et place de " Gimli
" John Rhys-Danies, alors qu'il tourne juste
à un endroit complètement différent.
"
Il y a réellement une intense
activité aux studios de Stone Street. Sur
le plateau numéro deux, il flotte un air
de vacances, quelques hommes boivent et rient
alors que Viggo se déplace entre eux vers
Gandalf Ian McKellen et échange quelques
mots.
Peter Jackson est assis dans un
coin sombre du plateau, vraiment pas impressionnant,
dans un fauteuil confortable, avec ses lunettes
" bien-trop-grandes-et-toujours-sales "
posées sur le nez. Il se tient complètement
concentré devant le moniteur et dirige
les acteurs par quelques ordres. Ian McKellen
est un peu nerveux au départ et se rate.
Mais sept prises plus tard, le réalisateur
est satisfait.
Sur le plateau numéro un,
les designers de studio ont créé
une corniche absolument stupéfiante de
réalisme et y ont placé deux arbres
artificiels. Fran Walsh réalise une courte
scène où Sean Astin et Elijah Wood
dorment en arrière-plan alors que Gollum
rampe hors du cadre en marmonnant. Pour cela,
Andy Serkis, l'interprète de Gollum, porte
un costume couleur chair qui couvre tout son corps,
à l'exception du visage. Ce costume est
nécessaire pour le département image
de synthèse puisse donner à Gollum
son air " gnomique ".
La première prise semble
être bien faite, mais Fran Walsh secoue
la main. L'assistant réalisateur fait retourner
la scène. Encore et encore. Et c'est vingt-et-une
fois que cette scène sera retournée
par Fran Walsh. Elijah Wood, qui a travaillé
plus de treize la veille, s'est réellement
endormi entre-temps. " Fran ne sera jamais
indulgente envers les acteurs ", précise
Peter Jackson. Et Elijah Wood de rire : "
Son perfectionnisme lui a valu le surnom de Franley
Kubrick. "
Après quatre années
de travail commun, l'ambiance sur le plateau est
amicale, familière et joyeuse. Ces derniers
jours, pourtant, il y a une certaine mélancolie.
Les prises de vue seront bientôt finies,
et les acteurs auront à faire leurs adieux
définitifs. " Je suis triste que cela
soit fini, déclare Elijah Wood. Mais nous
serons tous liés pour toujours au souvenir
de cette aventure. "
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