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Auteurs, E-mail : esdeo
Dernière Mise à jour : 20/08/2003

Les articles. Provenant principalement de journaux de Nouvelle-Zélande, mais pas seulement. Il s'agit bien évidemment d'une sélection, pour ne retenir que le plus intéressant de ce qui peut paraître dans la presse, et non pas un enième article répétant ce que tout le monde sait déjà.

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.:: Extraits de l'autobiographie de John Boorman ::.

 

" Après avoir fait Leo the Last pour United Artists, ils m'ont demandé ce que je voulais faire ensuite. Je leur ai donné un script que j'avais écrit sur Merlin. David Picker, alors en charge de la production, n'a pas donné de réponse pour Merlin, mais, a la place, m'a demandé de faire Le Seigneur des Anneaux, dont ils avaient acheté les droits pour faire un film, mais sans avoir aucune idée de quoi faire avec. Le travail de Tolkien mélange fortement des mythes scandinaves, celtiques et arthuriens, l'"Unterwelt" de mon propre esprit. C'était une proposition grisante et impossible. Si faire un film est pour moi, comme je l'ai souvent dit, se poser d'impossibles problèmes et échouer à les résoudre, alors la saga des Anneaux remplit tous ces critères.
J'avais rencontré Rospo Pallenberg à New York, où il travaillait comme architecte. Il essayait d'écrire des scripts. J'ai reconnu en lui un esprit semblable au mien. Je l'ai emmené chez moi en Irlande et nous avons passé six mois à creuser avec les nains, à nous vautrer avec Gollum, à crapahuter avec Bilbo à travers la Terre du Milieu, mais, plus que tout, Gandalf occupait ma vie. Il était, après tout, Merlin sous une autre apparence. A côté de la prodigieuse et décourageante tâche de construire un script de deux heures et demie à partir de trois énormes volumes, de nombreux problèmes techniques devaient être résolus au fur et à mesure que nous avancions, en particulier sur la façon de rendre les effets magiques. C'était bien avant la saga Star Wars, à une époque où la pratique des effets spéciaux optiques avait été perdue à cause d'une désaffection générale. J'ai toujours été fasciné par la magie et les supercheries du cinéma depuis les avancées de Georges Méliès. Pendant cette période, j'ai étudié ces techniques du passé et les ai expérimentées avec la technologie moderne pour voir comment il était possible de les appliquer.
Rospo avait collé chaque page du Seigneur des Anneaux sur les quatres murs d'une des pièces de ma maison irlandaise. Nous travaillions dans cette pièce, littéralement dans le livre. Il avait dressé des tableaux à propos des personnages, des chronologies, de références croisées élaborées. Nous avions aussi construit une carte de la Terre du Milieu et avions des pièces pour représenter les mouvements des personnages. Après six mois de travail intensif, nous étions arrivés à un script qui nous semblait frais et filmique, contenant l'esprit de Tolkien, esprit que nous étions arrivés à admirer et chérir durant ces mois. C'était une époque merveilleusement bonne. La vallée des collines de Wicklow, à l'extérieur de Dublin, où ma maison se situe, est aussi proche de la Terre du Milieu que peut le permettre ce monde diminué.
Pendant ces six mois, United Artists a souffert de revers, un chapelet d'échecs commerciaux, y compris mon propre Leo the Last. C'était en 1970. La dernière tournée de films britanniques avait échoué aux Etats-Unis. L'histoire d'amour entre Hollywood et le "swinging London" était terminée. Les producteurs américains reprenaient leurs sacs et allaient chercher des histoires écrites à Denver ou Philadelphie. Le Seigneur des Anneaux était un projet coûteux, dépendant d'effets spéciaux novateurs. Au moment où nous l'avons soumis à United Artists, le cadre qui l'avait soutenu avait quitté la société. Personne d'autre n'avait, à vrai dire, lu le livre. Ils étaient déconcertés par un script, qui était, pour la plupart, leur premier contact avec la Terre du Milieu. J'ai été brisé quand ils l'ont rejeté. Marty Elfant était mon agent à cette époque. Nous l'avons amené chez Disney et chez d'autres, mais personne ne voulait le faire. Tolkien avait vendu à contre-coeur les droits du film, pour instituer un fidéicommis à l'intention de ses enfants. Il m'a écrit pour savoir comment j'avais l'intention de faire le film. Je lui ai expliqué que ce serait de l'action avec des personnages réels et il fut très soulagé. Il appréhendait le fait que ce soit un film d'animation et était réconforté par ma réponse. Sa mort lui a épargné ce qui s'ensuivit : United Artists l'avait donné à Bakshi, l'animateur. Je n'ai jamais pu me résoudre à regarder le résultat. Malgré ma déception de l'époque, ce fut une expérience riche et de valeur. Cela a certainement preparé le terrain pour le script que Rospo et moi-meme avons écrit et filmé : Excalibur. Cela a eu également une grande influence sur Zardoz. Un grand nombre d'effets spéciaux que j'ai développés à ce moment, ont servi au travail sur L'Hérétique, Zardoz, et Excalibur, et certains des sites que je destinais au "Seigneur des Anneaux" ont trouvé leur place dans Excalibur. "