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Auteurs, E-mail : Guybrush
Dernière Mise à jour : 20/02/2004

Les articles. Provenant principalement de journaux de Nouvelle-Zélande, mais pas seulement. Il s'agit bien évidemment d'une sélection, pour ne retenir que le plus intéressant de ce qui peut paraître dans la presse, et non pas un enième article répétant ce que tout le monde sait déjà.

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.:: La Voix de l'Anneau dans le jeu de la monarchie ::.

Il y a une intonation dans sa voix, mais c’est ce qu’on attend de la Voix de l’Anneau (en anglais, ring signifie intonation). Alan Howard a eu une carrière remarquable pendant 45 ans, mais le projet le plus couronné de succès auquel il a été lié est son implication dans Le Seigneur des Anneaux, dans lequel il est entendu, mais jamais vu.

Le réalisateur Peter Jackson a utilisé Howard pour jouer la très importante Voix de l’Anneau dans la trilogie incroyablement populaire, mais il n’est toujours pas sûr de ce qui s’est exactement passé. « Peter ou un de ses associés avaient vu mon travail, » plaisante le modeste Howard, « et ils pensaient que j’étais la bonne personne pour le job. »

Howard a trouvé que Jackson était « un type très aimable avec lequel travailler, et j’ai savouré le défi d’aborder ces sons complexes en Elfique que j’étais obligé d’apprendre, mais jamais dans mes rêves les plus fous je n’aurais imaginé que cela serait aussi réussi. »

Cet après-midi froid et lumineux, Howard est assis dans un coin du salon du Four Seasons Hotel, en train de manger, l’air satisfait, un club-sandwich à la dinde.

Il jouit de son temps ici à Toronto, en jouant avec Vanessa Redgrave et ses compagnons de la distribution de The Hollow Crown, la collection de lectures « par et concernant la monarchie » qui continue de passer au Princess of Wales Theatre jusqu’au 29 février.

Mais ce n’est pas sa première visite dans notre ville. Cela s’est produit en 1971, quand il est apparu ici en tant que Theseus/Oberon dans A Midsummer Night’s Dream, la révolutionnaire production « white box » de Peter Brook.

« On l’a fait au O’Keefe… » commence-t-il à se souvenir, mais en lui disant que le lieu a changé de nom pour Hummingbird Centre (le centre Colibri), il éclate de rire.

« Quel nom extraordinaire pour un si grand théâtre ! Vous savez, quand on a vu à quel point il était énorme, on est tous allé devant pour se voir pendant les répétitions techniques. La chose incroyable c’est qu’on pouvait être entendu, mais en fait on ne savait juste pas qui était en train de parler parce que c’était ces minuscules silhouettes à des millions de mètres.

« Nous avons finalement découvert une solution. Chaque fois que quelqu’un parlait ils faisaient une sorte de geste de sémaphore. » Howard renverse presque la table devant nous en nous montrant l’espèce de mouvement grandiose requis pour assurer la visibilité sur scène, ce que Brendan Behan a une fois décrit comme « un repaire sanctifié ».

Les souvenirs du travail accompli avec Brook se sont emparés d’Howard, et il pose son sandwich pour s’en rappeler.

« Nous nous attendions tous à ce que Peter soit très autoritaire, mais c’était plutôt le contraire. Le premier jour de répétitions, il nous a dit que ‘les pièces de Shakespeare sont si complexes que je pense que 17 têtes valent mieux qu’une pour comprendre ce que ces choses signifient pour nous aujourd’hui.»

Il sourit, se rappelant du processus. « On avait pour habitude de s’asseoir en cercle et Brook nous demandait ce qu’un mot signifiait pour nous… un mot comme ‘lune’ ou ‘fleur’. Et on donnait nos propres interprétations, tout depuis les explications scientifiques aux histoires de grands-mères. Le résultat final devait imprégner chaque image utilisée da ns le jeu avec un sens posé de la signification. Quand un acteur disait ‘lune’ on n’entendait pas simplement le texte, mais on savait ce que le mot signifiait pour lui personnellement.»

Cette production était un des nombreux points forts de la carrière de l’homme qu’est Alan Mackenzie Howard, né à Londres le 5 août 1937.

Son père, Arthur, était un comédien bien-aimé de la télévision et son oncle était l’acteur célèbre, Leslie Howard, mort tragiquement pendant la Deuxième Guerre Mondiale.

« Je n’ai jamais vraiment connu mon oncle, » dit-il calmement, « il est mort juste avant que j’aie 6 ans. »

Mais il est possible de voir la ressemblance de famille dans le teint pâle de la peau, les yeux limpides et le regard sensible.

Le fait d’avoir un pedigree comme celui-ci, admet Howard, était une épée à double tranchant. « Cela vous donne une chose pour laquelle se battre, mais cela donne aussi une chose contre laquelle on se rebelle. Pendant un moment, j’étais déchiré entre les deux. »

Mais au final, ce n’était pas une grande lutte et Howard a obtenu son premier travail professionnel avec le Belgrade Theatre à Conventry quand il avait 21 ans.

Un de ses premiers mentors était l’ancien directeur artistique de Stratford, John Neville, qui a joué avec Howard et Laurence Olivier dans la saison inaugurale du Festival Chichester en 1962, et il l’a ensuite engagé au Nottingham Playhouse alors qu’il résidait là-bas.

Après cela, il a rejoint la Royal Shakespeare Company en 1966 et il est resté là-bas jusqu’en 1982, en jouant la plupart des rôles principaux dans la littérature du monde.

Les deux dernières décennies ont vu Howard entreprendre un faible assortiment de projets, incluant le scandaleux film de 1989 de Peter Greenaway, The Cock, The Thief, His Wife And Her Lover.

Ces dernières années, sa tâche la plus mémorable a été le rôle titre dans The Oedipus Plays, réalisé par Sir Peter Hall, qui a débuté dans l’ancien théâtre grec à Epidaurus en 1996 et qui est ensuite revenu triomphant au London’s National Theatre.

Il frémit toujours devant le défi de séduire le public. « On veut les faire rire ou pleurer, parce qu’ensuite on sait que le message sera ancré dans la mémoire et dans l’imagination du spectateur. »

Ce n’est pas tout à fait « un anneau pour les unir tous », mais pour Alan Howard, c’est plus qu’assez.

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