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Voix de l'Anneau dans le jeu de la monarchie ::.
Il y a une intonation dans sa
voix, mais c’est ce qu’on attend de la Voix de l’Anneau (en anglais,
ring signifie intonation). Alan Howard a eu une
carrière remarquable pendant 45 ans, mais le projet
le plus couronné de succès auquel il a été lié
est son implication dans Le Seigneur des Anneaux,
dans lequel il est entendu, mais jamais vu.
Le réalisateur Peter Jackson a
utilisé Howard pour jouer la très importante Voix
de l’Anneau dans la trilogie incroyablement populaire,
mais il n’est toujours pas sûr de ce qui s’est
exactement passé. « Peter ou un de ses associés
avaient vu mon travail, » plaisante le modeste
Howard, « et ils pensaient que j’étais la bonne
personne pour le job. »
Howard a trouvé que Jackson était
« un type très aimable avec lequel travailler,
et j’ai savouré le défi d’aborder ces sons complexes
en Elfique que j’étais obligé d’apprendre, mais
jamais dans mes rêves les plus fous je n’aurais
imaginé que cela serait aussi réussi. »
Cet après-midi froid et lumineux,
Howard est assis dans un coin du salon du Four
Seasons Hotel, en train de manger, l’air satisfait,
un club-sandwich à la dinde.
Il jouit de son temps ici à Toronto,
en jouant avec Vanessa Redgrave et ses compagnons
de la distribution de The Hollow Crown, la collection
de lectures « par et concernant la monarchie »
qui continue de passer au Princess of Wales Theatre
jusqu’au 29 février.
Mais ce n’est pas sa première
visite dans notre ville. Cela s’est produit en
1971, quand il est apparu ici en tant que Theseus/Oberon
dans A Midsummer Night’s Dream, la révolutionnaire
production « white box » de Peter Brook.
« On l’a fait au O’Keefe… »
commence-t-il à se souvenir, mais en lui disant
que le lieu a changé de nom pour Hummingbird Centre
(le centre Colibri), il éclate de rire.
« Quel nom extraordinaire pour
un si grand théâtre ! Vous savez, quand on a vu
à quel point il était énorme, on est tous allé
devant pour se voir pendant les répétitions techniques.
La chose incroyable c’est qu’on pouvait être entendu,
mais en fait on ne savait juste pas qui était
en train de parler parce que c’était ces minuscules
silhouettes à des millions de mètres.
« Nous avons finalement découvert
une solution. Chaque fois que quelqu’un parlait
ils faisaient une sorte de geste de sémaphore. »
Howard renverse presque la table devant nous en
nous montrant l’espèce de mouvement grandiose
requis pour assurer la visibilité sur scène, ce
que Brendan Behan a une fois décrit comme « un
repaire sanctifié ».
Les souvenirs du travail accompli
avec Brook se sont emparés d’Howard, et il pose
son sandwich pour s’en rappeler.
« Nous nous attendions tous
à ce que Peter soit très autoritaire, mais c’était
plutôt le contraire. Le premier jour de répétitions,
il nous a dit que ‘les pièces de Shakespeare sont
si complexes que je pense que 17 têtes valent
mieux qu’une pour comprendre ce que ces choses
signifient pour nous aujourd’hui.»
Il sourit, se rappelant du processus.
« On avait pour habitude de s’asseoir en cercle
et Brook nous demandait ce qu’un mot signifiait
pour nous… un mot comme ‘lune’ ou ‘fleur’. Et
on donnait nos propres interprétations, tout depuis
les explications scientifiques aux histoires de
grands-mères. Le résultat final devait imprégner
chaque image utilisée da ns le jeu avec un sens
posé de la signification. Quand un acteur disait
‘lune’ on n’entendait pas simplement le texte,
mais on savait ce que le mot signifiait pour lui
personnellement.»
Cette production était un des
nombreux points forts de la carrière de l’homme
qu’est Alan Mackenzie Howard, né à Londres le
5 août 1937.
Son père, Arthur, était un comédien
bien-aimé de la télévision et son oncle était
l’acteur célèbre, Leslie Howard, mort tragiquement
pendant la Deuxième Guerre Mondiale.
« Je n’ai jamais vraiment
connu mon oncle, » dit-il calmement, « il
est mort juste avant que j’aie 6 ans. »
Mais il est possible de voir la
ressemblance de famille dans le teint pâle de
la peau, les yeux limpides et le regard sensible.
Le fait d’avoir un pedigree comme
celui-ci, admet Howard, était une épée à double
tranchant. « Cela vous donne une chose pour
laquelle se battre, mais cela donne aussi une
chose contre laquelle on se rebelle. Pendant un
moment, j’étais déchiré entre les deux. »
Mais au final, ce n’était pas
une grande lutte et Howard a obtenu son premier
travail professionnel avec le Belgrade Theatre
à Conventry quand il avait 21 ans.
Un de ses premiers mentors était
l’ancien directeur artistique de Stratford, John
Neville, qui a joué avec Howard et Laurence Olivier
dans la saison inaugurale du Festival Chichester
en 1962, et il l’a ensuite engagé au Nottingham
Playhouse alors qu’il résidait là-bas.
Après cela, il a rejoint la Royal
Shakespeare Company en 1966 et il est resté là-bas
jusqu’en 1982, en jouant la plupart des rôles
principaux dans la littérature du monde.
Les deux dernières décennies ont
vu Howard entreprendre un faible assortiment de
projets, incluant le scandaleux film de 1989 de
Peter Greenaway, The Cock, The Thief, His Wife
And Her Lover.
Ces dernières années, sa tâche
la plus mémorable a été le rôle titre dans The
Oedipus Plays, réalisé par Sir Peter Hall, qui
a débuté dans l’ancien théâtre grec à Epidaurus
en 1996 et qui est ensuite revenu triomphant au
London’s National Theatre.
Il frémit toujours devant le défi
de séduire le public. « On veut les faire
rire ou pleurer, parce qu’ensuite on sait que
le message sera ancré dans la mémoire et dans
l’imagination du spectateur. »
Ce n’est pas tout à fait « un
anneau pour les unir tous », mais pour Alan Howard,
c’est plus qu’assez.
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