| .::
Les Acteurs du Rohan : Miranda Otto et Karl Urban ::. Par
Devin Faraci A partir de maintenant et jusqu'à
la sortie du Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours, CHUD va vous présenter
des interviews des acteurs et des créateurs de ce qui pourrait bien être
le meilleur film de l'année. Voici la deuxième partie, vous pouvez
déjà lire l'interview d'Howard Shore publiée hier. Miranda
Otto et Karl Urban ne sont pas des noms connus, mais ils jouent des personnages
essentiels dans Les Deux Tours. Urban joue Eomer, neveu du roi à
moitié fou Théoden de Rohan et Otto joue Eowyn, la sur d'Eomer
et l'objet de la convoitise du malfaisant et fuyant conseiller Langue de Serpent.
Q: Une de mes amies dit que jouer avec Viggo Mortensen
doit être le meilleur boulot du monde. Otto: La première
fois que je suis venue pour voir un peu ce qu'ils fabriquaient, ils m'ont montré
quelques prises et parmi celle-là il y en avait une de Viggo dans le premier
film quand il parle des Nazgûls, assis dans une auberge à Bree. J'ai
réalisé qu'il était le personnage en face de qui j'allais
être le plus souvent, et je me suis dit " C'est facile ! Ce n'est même
pas la peine de jouer pour ça ! " Q: Qu'y a-t-il
de spécial à son propos que vous avez remarqué tout de suite
? Otto: En tant que Viggo ou en tant qu'Aragorn? Q:
Les deux. Otto: En tant que Viggo c'est une personne d'une
grande intégrité, et c'est un artiste, pas juste un acteur. Il est
peintre, écrivain, et tellement d'autres choses encore, et il conçoit
le fait de jouer de la même manière que ses autres domaines artistiques.
C'est un artiste et il s'immerge totalement dans ce monde. Il arrive en retard
sur le tournage, il ne lui reste plus beaucoup de temps pour se préparer
et il doit courir, mais il a tant de livres sur tout ce que vous pouvez imaginer
: les mythes et les légendes, les légendes nordiques, toutes les
biographies de Tolkien. Il était absolument l'acteur qui convenait. Je
pense que c'est ce qui est tellement attachant avec Viggo. Il est toutes ces choses
et vous vous dites " Mon Dieu, c'est vraiment un héros. " Mais
en même temps il est timide, compréhensif, très gentil et
il traite tout le monde très humainement. Q: Et c'est
aussi le cas pour Aragorn. Otto: Exactement ! Avec Aragorn
vous sentez " Voici un homme avec un pouvoir et un potentiel incroyables.
". Mais il est très réservé et introverti la plupart
du temps. Il est troublé par le choix qui s'offre à lui, s'élever
et devenir roi ou retomber dans le même travers que des générations
avant lui, et ça le mine. Urban: Viggo a beaucoup
inspiré les membres les plus jeunes du casting de ce film, ne serait-ce
que par la manière dont il s'implique dans son travail. Son dévouement,
sa passion, son engagement. Les membres les plus jeunes du casting ont en quelques
sortes tenté de lui ressembler, de le suivre. Il a été l'incarnation
d'Aragorn. Je pense qu'il est vraiment professionnel et l'une de ces personnes
qui peuvent en apprendre beaucoup rien qu'en observant. J'ai vu Viggo et Miranda
tourner une scène et il s'arrangeait pour que chaque prise soit différente.
Comme " La nuit porte conseil. La nuit porte conseil. La nuit porte conseil
". Il faisait ça prise après prise, et il n'explorait pas seulement
la scène, il donnait à son réalisateur le luxe de pouvoir
choisir. Q: Où en étaient-il quand vous avez
rejoint le tournage ? Otto: A l'origine j'ai été
auditionnée en décembre 1999, et je suis arrivée en mars
2000, j'ai fait quelques prises au gouffre de Helm, parce qu'ils en étaient
à cette scène. Ensuite je suis rentrée aux Etats-Unis, j'ai
fait un autre film, et je les ai rejoint en août 2000 pour à peu
près six mois, jusqu'à la fin. Urban: J'ai
commencé en avril 2000. J'ai su que j'avais le rôle en mars et j'étais
sur le plateau en avril. Q: Le casting est bien connu pour
être très uni. Vous êtes-vous retrouvés exclus de cet
esprit de " Communauté " ? Otto: Non, nous
avons été très bien accueillis dès le début.
Le premier jour où j'ai tourné je suis rentrée à l'hôtel
et il y avait un message sur le répondeur disant " Salut (je ne me
rappelle pas qui appelait, c'était peut-être Orlando, Dom ou Billy)
nous allons tous dîner ce soir ici à telle heure, tu viens ? ".
J'ai été intégrée dès le début. J'ai
été dîner avec eux, et au bout d'une heure j'avais l'impression
de les connaître depuis toujours. L'un de mes meilleurs souvenirs est quand
j'étais assise sur le plateau un jour et j'étais très nerveuse
à propos de mon rôle, Ian McKellan est venu, s'est assis à
côté de moi et a pris ma main. Il tenait ma main comme ça
(elle prend la main du journaliste), sans rien dire. Quand je suis arrivée
la première fois j'ai pensé de Liv Tyler " C'est Liv Tyler,
elle est très connue ". Je ne suis pas le style de personne qui va
au devant des gens et qui dit " Salut, on va être super potes ! ".
Je ne suis pas comme ça, je suis plutôt du genre à penser
qu'il faut les laisser en paix, ils sont célèbres, ils doivent en
avoir marre des gens qui veulent être avec eux tout le temps. Mais elle
est venue me voir, ce qui n'est pas vraiment le comportement type d'une actrice,
elle m'a serré dans ses bras et m'a dit " Je suis tellement contente
que tu sois là ! Il y a une autre fille sur le plateau maintenant ! Il
n'y a que des gars ici ! On pourra faire des choses ensembles ! Se faire les ongles
! ". Q: Est-ce que vous vous êtes liées
avec Liv? Otto: Pas vraiment parce qu'à ce moment
je suis partie tourner autre chose et quand je suis revenue, Liv avait tourné
une bonne partie de son rôle, nous n'avons pas été là
au même moment. Nos histoires ont beaucoup changé - celle de Liv
a changé et la mienne aussi, et nos deux histoires se sont rapprochées
du livre. Q: Avez-vous eu un sentiment d'attente ? Vous
avez fini il y a deux ans, le premier film est sorti, il y a eu tout ce bruit
autour, mais il y avait encore un an à attendre avant que vous ne fassiez
votre apparition. Urban: C'est frustrant et agaçant
à la fois. Je ne me suis pas senti différent, je pense, que n'importe
quelle personne du public qui a vu le premier film, l'a aimé et a eu hâte
de voir le second. La seule différence, bien sûr, c'est que je suis
DANS le second. Otto: Pareil pour moi ! Urban:
C'est vrai ! Vous savez, c'est étrange parce qu'il y a eu ce moment dans
votre vie que vous ne pouvez encore voir, c'était il y a un an, ou six
mois ou un an et demi, vous attendez de le voir et vous êtes très
impatient - nous avons tous été témoins de ce qui s'est passé
la première fois. Ce bourdonnement, cette excitation, ce qui est arrivé
aux acteurs et cette folie des fans. Q: Il n'y a pas encore
de récompense pour vous. Urban: Ma récompense
a été d'observer et d'apprendre. C'est vrai que j'ai vécu
ce sentiment, pas d'espérance, mais d'attente pendant si longtemps, je
suis juste soulagé qu'on arrive au moment où ça va se finir.
Je veux dire, wow, je suis à New-York, en train de parler du film et je
vais aller à la première. Q: Vous êtes-vous
déjà retrouvé dans une situation où vous avez dit
" Je suis dans Le Seigneur des Anneaux " et où on ne vous
a pas cru. Urban: Mon petit neveu qui a huit ans a vu le
film et a refusé de croire que j'y étais. Je lui ai donné
une figurine l'autre jour et il m'a dit " Ce n'est pas toi ! ", je lui
ai répondu que si et il m'a dit " Non, il a des cheveux blonds jusque
là ! ". Q: Karl, vous passez la plupart de votre
rôle à cheval. Aviez-vous une expérience équestre ?
En quoi a consisté l'entraînement ? Urban:
J'avais très peu d'expérience en équitation avant le film.
Le truc que j'ai utilisé pour entrer dans le personnage d'Eomer, la base
que j'ai trouvé, a été sa condition de cavalier. Il est décrit
comme un cavalier accompli. Alors, j'ai passé beaucoup de temps à
acquérir le niveau de compétence que j'estimais convenir à
ce personnage. Les batailles à cheval étaient fantastiques. Ils
m'ont dit " Vois si tu peux arriver à ce niveau, et alors, tu pourras
les faire. Tu pourras toutes les faire. " J'ai réussi à acquérir
le niveau à partir duquel j'étais autorisé à faire
les scènes à cheval. Je pense que les meilleurs moments que j'ai
eu sur Ie tournage ont été à Edoras, dans cette vallée
glaciale, avec des montagnes des deux côtés. C'est un plan qui est
dans le troisième film, avec à peu près 150 cavaliers, tous
en formation dans une grande colonne, et à leur tête il y a le roi
Théoden, Aragorn, Legolas, Gimli, et moi, et nous chevauchons. C'était
spectaculaire, je veux dire, quel boulot. On le sent dans le sol, il y a le bruit
de tous ces chevaux, ces 150 chevaux en formation. C'est une expérience
extraordinaire Q: Avez-vous été rappelé
pour des scènes supplémentaires des Deux Tours cette année
? Et êtes-vous rappelé pour le Retour du Roi ? Otto:
Nous sommes rappelés pour le Retour du Roi, et nous avons tous les
deux faits de nouvelles scènes pour celui-là aussi. J'ai eu à
tourner deux scènes qu'ils voulaient changer parce que l'histoire avait
changé. Q: Vous avez dit que dans le script original
votre histoire d'amour et celle d'Arwen étaient différentes et qu'elles
ont été changées pour être plus conforme à celles
du livre. Il y a un changement dans le film qui met l'histoire d'amour au premier
plan. Comment était la version originale ? Otto:
Que voulez-vous dire quand vous dites que c'est différent par rapport au
livre ? Q: Et bien, j'ai l'impression qu'il y a plus de
romance dans le film que dans le livre. Otto: En fait, il
est évident dans le livre qu'elle est amoureuse de lui. Je veux dire par-là
qu'à la fin, quand il dit qu'il va prendre le chemin des Morts, elle en
a pratiquement envie de mourir en partant à la guerre. Elle est totalement
amoureuse de lui, et je pense que c'est ce qu'on voit dans le film. Oui, des choses
ont changé par rapport au script de départ. Le script que j'ai lu
au début, par rapport à mon personnage était assez différent
du livre. Avant que je revienne en août ils m'ont appelé pour me
dire " On revient bien plus vers le livre, on change pas mal de choses. Tu
verras ça quand tu reviendras ". J'ai reçu quelques changements
par paquets et nous en avons fait d'autres au fur et à mesure. Je devais
juste m'en tenir au livre et espérer que si je m'en inspirais, c'est la
direction qu'ils continueraient à prendre. Q: Que
pouvez-vous nous dire du Peter Jackson en tant
que réalisateur? Otto: Imperturbable. Déterminé.
Obstiné. Impassible. Toujours en train de plaisanter. Je suis le genre
de personne qui, si je suis vraiment concentrée et que quelqu'un me dit
" Où as-tu mis ça ? ", vais répondre " QUOI
? ! ? " . Il n'a jamais haussé la voix ou crié sur personne.
C'était assez incroyable. Urban: Même dans
les circonstances les plus défavorables. Nous tournions à Edoras
pendant une semaine, et il y avait ces plaines herbeuses que nous filmions comme
arrière-plan. Un jour, nous allions travailler et nous les avons trouvé
couvertes de neige. Un réalisateur moins bon n'aurait pas pu s'en sortir,
mais il est resté imperturbable. Il a juste dit " OK, regardez, on
va mettre la caméra là-haut, c'est notre première prise,
on va faire entrer les chevaux par là et on va faire fondre la neige ici,
après on fera tourner la caméra autour. ". Et je pensais, "
Attend une minute, est-ce que tu as dit 'faire fondre la neige' ? ". Et nous
y voilà, dix minutes plus tard , il y a dix gars tenant ces gros radiateurs
industriels qui font fondre la neige. Ces gros radiateurs au gaz avec des flammes,
et ils ont fait fondre la neige sur vingt ou trente mètres de rayon. Bien
sûr vers dix heures la neige avait fondu sous le soleil et nous avons continué.
Je pense qu'une partie de son idéologie était " s'adapter et
surmonter ", et ça déteignait sur toute l'équipe. Otto:
Oui, vous voyez ce qui vous attend le matin et vous travaillez avec. |