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de mckellen.com, 12 Novembre 2003 ::.
Journal de
Sir Ian McKellen.
12/11/2003
Combien de fois
ai-je pensé que ma vie avec le magicien
était terminée ? Quand je suis parti
de Nouvelle-Zélande pour rentrer en Grande-Bretagne
vers fin décembre 2000, le tournage principal
était fini. Largent arrivait alors
que le film était terminé à
temps, bien que le dépassement de budget
va sans doute occuper Peter Jackson et New Line
Cinema pendant un bon moment. Avant la sortie
du premier film lannée passée,
jétais de retour à Wellington
pour passer un peu de temps avec Gandalf le Gris
en mai 2001. Jai rencontré de vieux
amis et javais peur que la colle de mon
faux nez abîme ma peau de façon permanente.
Puis suivirent les discussions
et fanfaronnades avec le monde des médias.
Puis la date de sortie (19 décembre 2001)
et subitement Gandalf était partout. Sur
les affiches bien entendu, mais aussi dans les
magasins de jouets et sur les timbres postaux
de Nouvelle-Zélande. Jai découvert
des extraits de son style de vie dans des vidéos
et des librairies. Mais je navais jamais
réalisé que ces commercialisations
de son image empiétaient sur Gandalf lui-même.
Quand ces ennuyants chasseurs
dautographes me demandent de signer «
Gandalf » comme si cétait mon
propre nom, jexplique que Gandalf ne donne
pas dautographes et je me rappelle comment
Alistair Sim refusait toujours, ce qui attristait
souvent les jeunes avec son album. Si quiconque
persiste jexplique aussi que Gandalf nest
pas ici avec nous. La semaine passée je
continuais de dire que Gandalf nexiste pas
! Bien quen fait il existe.
Gandalf est un esprit, créé
avec amour et respect dans les livres de Tolkien.
Le magicien et son créateur ont énormément
de choses en commun. Gandalf nest-il pas
le vieil homme que Tolkien (et beaucoup dentre
nous) aurait voulu être ? Cela ne me dérangerait
pas dêtre aussi astucieux et cela
me plairait davoir une vie aussi active
et remplie que celle de Gandalf. Est-ce pour cela
quil est autant aimé et respecté
par les lecteurs et maintenant par les cinéphiles
?
Je laime bien pour son sens
de lhumour et son côté rationnel.
Japprécie son indépendance
et son besoin de compagnie. Les enfants -certains
nont que cinq ans- recherchent Gandalf sur
mon visage lorsque leurs grands-parents nous présentent.
Jespère quils ressentent la
même chose que moi lorsque javais
3 ans et que jétais assis sur les
genoux du Père Noël dans la cave de
notre magasin local de Wigan. Je pouvais voir
que cétait une fausse barbe et que
cétait bizarre. Ce nétait
pas le véritable Père Noël.
Il était ailleurs, en train de remplir
ma chaussette. Le vrai Gandalf est ailleurs et
je parie que ces enfants le savent parce quils
croient en lui et laiment comme leur propre
grand-père.
Cela a souvent été
formidable de sadapter pour lui ressembler.
Devrais-je signer chaque poster à chaque
sortie des artistes ou dans les rues tard dans
la nuit pour le gars avec six photos qui, jen
suis sûr, essaiera de les vendre sur E-Bay.
Les journalistes veulent savoir si jai limpression
que Gandalf prend le contrôle de ma carrière
et du reste de ma vie. Ce nest pas le cas.
Et je suis ravi que, comme le site le prouve,
les fans de Gandalf aient découvert James
Whale, Richard III et le délirant Dussander.
Je mattends à ce
quaprès le dernier « Hourrah
», la fête attendue depuis longtemps
et toute la trilogie sortie, lintérêt
va diminuer mais en même temps il y a eu
dautres hommes fascinants dans ma vie. Les
deux dernières années jai
re-travaillé avec Magnéto puis Emile
à Vancouver, Dr. Cleave à Dublin
et Leeds à Asylum et toujours en moi, bien
plus que Gandalf, cest Edgard dans Dance
of Death.
Il fait une troisième excursion
au Festival de Sydney en janvier. Cela moccupe
fortement lesprit et je dois lire la pièce
bientôt.
Jai réellement fini
de travailler sur le Seigneur des Anneaux la semaine
passée. Deux jours avant que le film soit
bouclé -plus de changements possibles-
jétais appelé de toute urgence
dans un studio denregistrement de Soho pour
réenregistrer les dialogues restants pour
le montage final. Je devais donner à toute
allure 20 ordres aux troupes de Minas Tirith.
Trois prises, chacune effectuée 60 fois
pendant lesquelles jai crié et je
me suis éreinté le larynx, ce qui
ma laissé un peu rauque. Maintenant
avec en plus un rhume, jai été
un Prospero râleur pour les sons du Naxos
de The Tempest, en enregistrant au Royal National
Institute pour les quartiers généraux
Blind au nord de Londres.
Cela ma permis de retrouver
quelques anciens amis, principalement le producteur
John Tydeman, qui est aujourdhui à
la tête de BBC Radio Drama. Nous préparions
une licence ensemble. Il donnait des explications
aux acteurs ce matin et ma surnommé
« le magicien ». Jétais
très indigné en pensant «
Je suis Prospero et pas Gandalf, aussi caverneuse
que soit ma voix ». Mais jai ensuite
réalisé que John pense que Prospero
est aussi un magicien.
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originel
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