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Auteurs, E-mail : Thys
Auteurs, E-mail : Sylvadoc
Dernière Mise à jour : 08/02/2003

Index > Isengard

Sous le bras de la montagne dans la Vallée du Magicien se trouvait depuis des temps immémoriaux cet endroit que les hommes appellaient l'Isengard. Il était en partie formé par les montagnes, mais les Hommes de l'Ouistrenesse y avaient autrefois fait de grands travaux; et Saroumane, qui y avait longtemps résidé, n'était pas resté inactif" ~ J.R.R. Tolkien, Les Deux Tours

Grima Langue de Serpent : mettre une voix sur le Mal

Dans un conte qui présente le Mal absolu de Sauron et Saroumane, un méchant humain pourrait sembler un mal secondaire. Mais les méfaits de Grima se répandent largement en Terre du Milieu. Depuis les salles d'Edoras jusqu'au pinacle d'Isengard, il tisse une toile destructrice de trahison et de complot.

Il a fallu un acteur d'expérience pour jouer un rôle si exigeant, ce qui fait de Brad Dourif la personne idéale. Sa carrière a commencé avec une nomination aux oscars pour Vol au dessus d'un nid de coucou, elle inclut Blue Velvet, L'Exorciste III et même la voix du Chucky dans Jeu d'enfant. C'est comme si Dourif avait été programmé tout du long pour Grima, le conseiller corrompu de Théoden et le serviteur de Saroumane.

Pouvez-vous expliquer comment Grima se place dans le Mal en Terre du Milieu ?

Sarouman veut détruire l'humanité, et son premier acte est de détruire la cavalerie de Rohan. Pour ce faire, il a besoin de retourner Langue de Serpent, le conseiller du roi de Rohan, contre le roi et contre le royaume.
C'est un personnage inhabituel pour Tolkien, parce qu'il travaille contre sa propre race. Il est le seul humain dont je me rappelle dans l'histoire qui travaille pour le mal, pour la mort de l'humanité. Vous devez faire votre travail en racontant l'histoire, et mon but était de savoir comment j'allais faire voir aux gens qu'il est humain.

Comment avez-vous fait ça ?

Premièrement, je me suis assis avec Fran Walsh et Phillipa Boyens et nous avons regardé ce que nous pouvions faire avec Grima. Le problème en adaptant ce livre au cinéma est que la force de Tolkien est dans la description, pas dans le dialogue. Alors que vous pouvez prendre quelqu'un comme Dickens, qui est un génie des dialogues, et vous pouvez dire qui sont ses personnages selon la manière dont ils parlent, vous ne pouvez pas faire ça avec Tolkien.

Alors où avez-vous découvert votre inspiration pour ce rôle ?

Nous avons décidé que Grima est laid, qu'il a été harcelé, et est harcelé, qu'il est très bon pour lire les comportements humains. Parce que si vous voulez éviter la cruauté des gens, vous le faites en pensant avant pourquoi une personne pense ça, comment est-ce qu'elle va réagir à ça. Lire dans les gens vous préserve des ennuis. Il a donc appris à être très très bon à ça. C'est un homme très pointu, avec beaucoup de talents innés, une capacité de réflexion très lucide.

Et c'est pour ça qu'il est l'homme qu'il faut pour être le confident de Théoden ?

C'est exactement ce qu'il faut au Roi comme conseiller, quelqu'un qui va pouvoir voir ce que les gens vont faire et quand. Qu'est-ce qu'il convient de faire dans une situation par rapport à ce que les gens vont faire ? Si quelqu'un est capable de répondre à cette question c'est Grima. D'un autre côté il ne s'aime pas lui-même, il est très impliqué dans cette famille, mais il n'en fait pas partie. Alors ce dont il a besoin en terme d'amour, il ne l'a jamais eu.

Vous dites que vous voyez Grima comme quelqu'un qui est toujours harcelé. Qui croyez-vous qui soit son tyran ?

Le tyran devient toutes les personnes qui ne l'acceptent pas. Le tyran était quelqu'un à l'école qui peut avoir été un membre de la famille royale ou non, ou bien encore plusieurs personnes. Quelque chose de sa propre création. Il le construit lui-même.

Comment était-ce de travailler avec Christopher Lee sur les scènes d'Isengard ?

Super. Quel conteur. Quel homme marrant. Christopher avait toujours été là, il connaissait chaque personne sur la planète Terre et avait tout fait. Il n'y a simplement pas de limite à ce qu'il peut vous raconter. Il état la seule personne sur le plateau à avoir connu Tolkien et il connaissait le texte mieux que personne.

Quelle était votre impression sur Edoras ?

C'était un endroit très spectaculaire. Edoras était très beau. C'était comme un morceau de la Terre du Milieu trans-localisé ici. Vous regardez cette haute colline, ce pur monde médiéval. Des costumes médiévaux, des épées et tout ça. C'était vraiment loin, en étendue et en spécificité de temps et de lieu. Très peu de gens sur Terre iront dans cet endroit. C'est un long voyage.

Y a-t-il eu un moment particulier dans le tournage qui vous a coincé plus qu'un autre ?

J'ai fait une scène avec Miranda Otto dans un décor en studio, un hangar avec un toit en tôle ondulée, le vent soufflait et le toit faisait du bruit, on aurait dit une pièce du Roi Lear où on frotte du métal pour faire le tonnerre et les éclairs. C'était si fort qu'à un moment j'ai du m'arrêter et dire " Les gars, je n'entends rien. ". Miranda n'avait même pas remarqué le bruit tellement elle était dans sa scène. Je pense que c'est remarquable. Cette fille doit être un génie pour être impliqué dans ce qu'elle fait au point de ne pas remarquer qu'elle n'entend pas l'autre acteur.

"C'était une pointe et une île de roc, noire et luisante : quate puissants piliers de pierre à plusieurs côtés étaient soudés en un seul, mais près du sommet, ils s'ouvraient en corne écartées aux pinacles aussi aigus que des fers de lances et aussi affilés que des couteaux. Entre eux étaient ménagé un étroit espace, où sur un sol de pierre polie portant des inscriptions étranges, un homme pouvait se tenir à cinq cents pieds au-dessus de la plaine." ~ J.R.R. Tolkien, Les Deux Tours.

Des détails des détails des détails, portrait de l'équipe des miniatures qui est derrière Isengard :

Les miniatures demandent beaucoup de travail. Vous n'avez qu'à demander à Mary Maclachlan et John Baster, qui sont les superviseurs de l'équipe des miniatures de WETA Workshop.
" Faire des miniatures totalement réalistes et crédibles, et faire qu'elles aient l'air d'avoir vécu est le plus gros défi ", dit Maclachlan. " Ca ne doit pas avoir l'air d'une maquette quand c'est devant la caméra. ".
Chargés par Peter Jackson de créer des représentations complexes de quelques-uns uns des endroits les plus importants de la Terre du Milieu, Maclachlan, Baster et leur équipe ont relevé le défi à plusieurs reprises.
Particulièrement quand il s'est agit de développer la forteresse d'Isengard de Saroumane.
" Nous avons laissé tomber le règlement quand nous avons commencé à travailler sur ce film " explique Baster. " Nous avons dû développer beaucoup de techniques pour obtenir l'aspect du design sur lequel nous travaillions, et beaucoup des méthodes traditionnelles de création de maquettes étaient trop lentes ou trop rigides pour capturer la forme des peintures et des dessins que nous avions. "
Ces peintures et dessins ont servi comme point de départ pour chaque maquette, et ont été fournis par les célèbres illustrateurs du Seigneur des Anneaux Alan Lee et John Howe, qui ont travaillé avec les créateurs de miniatures.
" Alan et John étaient très intéressés de voir leurs dessins en deux dimensions arriver à une réalité en trois dimensions, alors ils aimaient beaucoup venir nous voir travailler " dit Maclachlan " ils venaient presque tous les jours, et ils faisaient de petits croquis si un détail n'était pas assez clair sur un dessin plus large. "
" Dans le livre vous voyez juste la moitié inférieure de la tour d'Isengard, mais Alan a conceptualisé le reste avec WETA " ajoute Baster. " Ils ont joué avec différentes proportions de la tour, son étroitesse au sommet, et les formes sur le toit. "
Les croquis ont alors été envoyés à un dessinateur qui les a encré en bleu pour l'équipe de miniatures.
" Les formes et les tailles des petites sculptures ont été modelées dans du matériau dur, et nous les avons alors mis dans le la cire parce que la tour est censée être faite en obsidienne " dit Baster " La cire a été sculptée avec des scalpels et on liu a donné un aspect acéré. Quand toute cette composition a été faite avec la cire, elle a été ré-assemblée dans le matériau de la miniature finale, et la tour a été assemblée. "
Bien sûr, ça n'était qu'une partie du travail.
" Nous avons dû aussi construire le sol autour d'Orthanc pour Isengard, et nous avons construit le mur qui l'entoure " dit Maclachlan.
" Il y a 45 sections de mur d'un mètre " dit Baster " nous les avons modelé et vieilli. "
Et puis, l'équipe de miniature a creusé.
" Nous avons taillés des puits et des trous dans le sol avant qu'ils tournent, toutes les machines et quelques-uns des puits que nous avons fait ont alors été descendus dans le sol " dit Maclachlan " Nous avons préfabriqué quelques-uns d'entre eux. Ils étaient comme de gros cocons, tous grands comme une personne, et nous avons fait toutes les petites corniches à l'intérieur, toutes les petites machines aussi. "
Les détails dans les cavernes d'Isengard sont des points de fierté particulière pour leurs constructeurs.
" Il y avait de petites roues, beaucoup de chemins, d'échelles, de marteaux, et beaucoup de choses particulières dont vous ne pouviez pas imaginer à quoi elles servaient " explique Maclachlan " La plupart des machines ont été faites en pin, ou dans une sorte de bois ou une autre, et reliées les unes aux autres avec ce qui ressemble à du métal solide et des cordes - de la manière dont les orcs auraient rudement construit ces choses. "
Baster considère certains des détails de la tour comme les points culminants sur le plateau.
" La façade a de petites fenêtres en certains endroits, et à travers ces fenêtres il y a de petites pièces " dit-il " Nous avons délibérément sculpté tout l'extérieur avec des scalpels, très nettement, et à très petite échelle, ça a attrapé la lumière et eu l'air aiguisé à la caméra. "
La miniature du plateau d'Isengard prenait pas mal de place. La tour d'Orthanc, construite au 1/35ème faisait presque 15 pieds de haut. Et la plaine d'Isengard faisait 22 mètres de diamètre.
Pas la peine de se demander pourquoi Maclachlan a inventé le terme "bigatures" pour décrire ces énormes maquettes.
" A chaque fois que nous construisions une miniature qui ne passait pas par la porte ça devenait une bigature " dit-elle.
" Richard Taylor (le chef de WETA Workshop) a vraiment aimé faire les maquettes les plus grosses et les plus détaillées qu'il pouvait faire " dit Baster " C'est là que l'on avait le plus de réalisme. "
Maclachlan ajoute " Si le toit du studio avait été plus haut, nous aurions fait les maquettes plus grandes, j'en suis sûre. J'ai dû apprendre à monter et à descendre ce qui me terrifiait au début, parce que je n'aime pas beaucoup les hauteurs. Mais on s'y habitue. "
Et aux yeux de Maclachlan, de Baster et des 10 personnes de l'équipe d'Isengard, le dur travail et les détails ont été plus que payants.
" C'est super de sentir que vous faites partie de cette équipe incroyablement créative qui prend la petite pièce que vous avez faite et la transforme en quelque chose d'énorme " dit Maclachlan " Et alors de le voir venir à la vie avec les acteurs et le background digital, c'est étonnant, ça m'a renversée. "

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