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Sous
le bras de la montagne dans la Vallée du Magicien se trouvait depuis des
temps immémoriaux cet endroit que les hommes appellaient l'Isengard. Il
était en partie formé par les montagnes, mais les Hommes de l'Ouistrenesse
y avaient autrefois fait de grands travaux; et Saroumane, qui y avait longtemps
résidé, n'était pas resté inactif" ~ J.R.R.
Tolkien, Les Deux Tours 
Grima
Langue de Serpent : mettre une voix sur le Mal
Dans
un conte qui présente le Mal absolu de Sauron et Saroumane, un méchant
humain pourrait sembler un mal secondaire. Mais les méfaits de Grima se
répandent largement en Terre du Milieu. Depuis les salles d'Edoras jusqu'au
pinacle d'Isengard, il tisse une toile destructrice de trahison et de complot. Il
a fallu un acteur d'expérience pour jouer un rôle si exigeant, ce
qui fait de Brad Dourif la personne idéale. Sa carrière a commencé
avec une nomination aux oscars pour Vol au dessus d'un nid de coucou, elle
inclut Blue Velvet, L'Exorciste III et même la voix du Chucky
dans Jeu d'enfant. C'est comme si Dourif avait été programmé
tout du long pour Grima, le conseiller corrompu de Théoden et le serviteur
de Saroumane. Pouvez-vous expliquer comment Grima se place
dans le Mal en Terre du Milieu ? Sarouman veut détruire
l'humanité, et son premier acte est de détruire la cavalerie de
Rohan. Pour ce faire, il a besoin de retourner Langue de Serpent, le conseiller
du roi de Rohan, contre le roi et contre le royaume. C'est un personnage inhabituel
pour Tolkien, parce qu'il travaille contre sa propre race. Il est le seul humain
dont je me rappelle dans l'histoire qui travaille pour le mal, pour la mort de
l'humanité. Vous devez faire votre travail en racontant l'histoire, et
mon but était de savoir comment j'allais faire voir aux gens qu'il est
humain. Comment avez-vous fait ça ? Premièrement,
je me suis assis avec Fran Walsh et Phillipa Boyens et nous avons regardé
ce que nous pouvions faire avec Grima. Le problème en adaptant ce livre
au cinéma est que la force de Tolkien
est dans la description, pas dans le dialogue. Alors que vous pouvez prendre quelqu'un
comme Dickens, qui est un génie des dialogues, et vous pouvez dire qui
sont ses personnages selon la manière dont ils parlent, vous ne pouvez
pas faire ça avec Tolkien. Alors où avez-vous
découvert votre inspiration pour ce rôle ? Nous
avons décidé que Grima est laid, qu'il a été harcelé,
et est harcelé, qu'il est très bon pour lire les comportements humains.
Parce que si vous voulez éviter la cruauté des gens, vous le faites
en pensant avant pourquoi une personne pense ça, comment est-ce qu'elle
va réagir à ça. Lire dans les gens vous préserve des
ennuis. Il a donc appris à être très très bon à
ça. C'est un homme très pointu, avec beaucoup de talents innés,
une capacité de réflexion très lucide. Et
c'est pour ça qu'il est l'homme qu'il faut pour être le confident
de Théoden ? C'est exactement ce qu'il faut au Roi
comme conseiller, quelqu'un qui va pouvoir voir ce que les gens vont faire et
quand. Qu'est-ce qu'il convient de faire dans une situation par rapport à
ce que les gens vont faire ? Si quelqu'un est capable de répondre à
cette question c'est Grima. D'un autre côté il ne s'aime pas lui-même,
il est très impliqué dans cette famille, mais il n'en fait pas partie.
Alors ce dont il a besoin en terme d'amour, il ne l'a jamais eu. Vous
dites que vous voyez Grima comme quelqu'un qui est toujours harcelé. Qui
croyez-vous qui soit son tyran ?
Le tyran devient toutes
les personnes qui ne l'acceptent pas. Le tyran était quelqu'un à
l'école qui peut avoir été un membre de la famille royale
ou non, ou bien encore plusieurs personnes. Quelque chose de sa propre création.
Il le construit lui-même. Comment était-ce
de travailler avec Christopher Lee sur les scènes d'Isengard ? Super.
Quel conteur. Quel homme marrant. Christopher avait toujours été
là, il connaissait chaque personne sur la planète Terre et avait
tout fait. Il n'y a simplement pas de limite à ce qu'il peut vous raconter.
Il état la seule personne sur le plateau à avoir connu Tolkien et
il connaissait le texte mieux que personne. Quelle était
votre impression sur Edoras ? C'était un endroit
très spectaculaire. Edoras était très beau. C'était
comme un morceau de la Terre du Milieu trans-localisé ici. Vous regardez
cette haute colline, ce pur monde médiéval. Des costumes médiévaux,
des épées et tout ça. C'était vraiment loin, en étendue
et en spécificité de temps et de lieu. Très peu de gens sur
Terre iront dans cet endroit. C'est un long voyage. Y a-t-il
eu un moment particulier dans le tournage qui vous a coincé plus qu'un
autre ? J'ai fait une scène avec Miranda Otto dans
un décor en studio, un hangar avec un toit en tôle ondulée,
le vent soufflait et le toit faisait du bruit, on aurait dit une pièce
du Roi Lear où on frotte du métal pour faire le tonnerre et les
éclairs. C'était si fort qu'à un moment j'ai du m'arrêter
et dire " Les gars, je n'entends rien. ". Miranda n'avait même
pas remarqué le bruit tellement elle était dans sa scène.
Je pense que c'est remarquable. Cette fille doit être un génie pour
être impliqué dans ce qu'elle fait au point de ne pas remarquer qu'elle
n'entend pas l'autre acteur. "C'était
une pointe et une île de roc, noire et luisante : quate puissants piliers
de pierre à plusieurs côtés étaient soudés en
un seul, mais près du sommet, ils s'ouvraient en corne écartées
aux pinacles aussi aigus que des fers de lances et aussi affilés que des
couteaux. Entre eux étaient ménagé un étroit espace,
où sur un sol de pierre polie portant des inscriptions étranges,
un homme pouvait se tenir à cinq cents pieds au-dessus de la plaine."
~ J.R.R. Tolkien, Les Deux
Tours. 
Des
détails des détails des détails, portrait de l'équipe
des miniatures qui est derrière Isengard :
Les
miniatures demandent beaucoup de travail. Vous n'avez qu'à demander à
Mary Maclachlan et John Baster, qui sont les superviseurs de l'équipe des
miniatures de WETA Workshop. " Faire des miniatures totalement
réalistes et crédibles, et faire qu'elles aient l'air d'avoir vécu
est le plus gros défi ", dit Maclachlan. " Ca ne doit pas avoir
l'air d'une maquette quand c'est devant la caméra. ". Chargés
par Peter Jackson de créer des représentations
complexes de quelques-uns uns des endroits les plus importants de la Terre du
Milieu, Maclachlan, Baster et leur équipe ont relevé le défi
à plusieurs reprises. Particulièrement quand il s'est agit de
développer la forteresse d'Isengard de Saroumane. " Nous avons
laissé tomber le règlement quand nous avons commencé à
travailler sur ce film " explique Baster. " Nous avons dû développer
beaucoup de techniques pour obtenir l'aspect du design sur lequel nous travaillions,
et beaucoup des méthodes traditionnelles de création de maquettes
étaient trop lentes ou trop rigides pour capturer la forme des peintures
et des dessins que nous avions. "
Ces
peintures et dessins ont servi comme point de départ pour chaque maquette,
et ont été fournis par les célèbres illustrateurs
du Seigneur des Anneaux Alan Lee et John Howe, qui ont travaillé
avec les créateurs de miniatures. " Alan et John étaient
très intéressés de voir leurs dessins en deux dimensions
arriver à une réalité en trois dimensions, alors ils aimaient
beaucoup venir nous voir travailler " dit Maclachlan " ils venaient
presque tous les jours, et ils faisaient de petits croquis si un détail
n'était pas assez clair sur un dessin plus large. " " Dans
le livre vous voyez juste la moitié inférieure de la tour d'Isengard,
mais Alan a conceptualisé le reste avec WETA " ajoute Baster. "
Ils ont joué avec différentes proportions de la tour, son étroitesse
au sommet, et les formes sur le toit. " Les croquis ont alors été
envoyés à un dessinateur qui les a encré en bleu pour l'équipe
de miniatures. " Les formes et les tailles des petites sculptures ont
été modelées dans du matériau dur, et nous les avons
alors mis dans le la cire parce que la tour est censée être faite
en obsidienne " dit Baster " La cire a été sculptée
avec des scalpels et on liu a donné un aspect acéré. Quand
toute cette composition a été faite avec la cire, elle a été
ré-assemblée dans le matériau de la miniature finale, et
la tour a été assemblée. " Bien sûr, ça
n'était qu'une partie du travail. " Nous avons dû aussi construire
le sol autour d'Orthanc pour Isengard, et nous avons construit le mur qui l'entoure
" dit Maclachlan. " Il y a 45 sections de mur d'un mètre
" dit Baster " nous les avons modelé et vieilli. " Et
puis, l'équipe de miniature a creusé. " Nous avons taillés
des puits et des trous dans le sol avant qu'ils tournent, toutes les machines
et quelques-uns des puits que nous avons fait ont alors été descendus
dans le sol " dit Maclachlan " Nous avons préfabriqué
quelques-uns d'entre eux. Ils étaient comme de gros cocons, tous grands
comme une personne, et nous avons fait toutes les petites corniches à l'intérieur,
toutes les petites machines aussi. " Les détails dans les cavernes
d'Isengard sont des points de fierté particulière pour leurs constructeurs. "
Il y avait de petites roues, beaucoup de chemins, d'échelles, de marteaux,
et beaucoup de choses particulières dont vous ne pouviez pas imaginer à
quoi elles servaient " explique Maclachlan " La plupart des machines
ont été faites en pin, ou dans une sorte de bois ou une autre, et
reliées les unes aux autres avec ce qui ressemble à du métal
solide et des cordes - de la manière dont les orcs auraient rudement construit
ces choses. " Baster considère certains des détails de
la tour comme les points culminants sur le plateau. " La façade
a de petites fenêtres en certains endroits, et à travers ces fenêtres
il y a de petites pièces " dit-il " Nous avons délibérément
sculpté tout l'extérieur avec des scalpels, très nettement,
et à très petite échelle, ça a attrapé la lumière
et eu l'air aiguisé à la caméra. " La miniature
du plateau d'Isengard prenait pas mal de place. La tour d'Orthanc, construite
au 1/35ème faisait presque 15 pieds de haut. Et la plaine d'Isengard faisait
22 mètres de diamètre. Pas la peine de se demander pourquoi
Maclachlan a inventé le terme "bigatures" pour décrire
ces énormes maquettes. " A chaque fois que nous construisions
une miniature qui ne passait pas par la porte ça devenait une bigature
" dit-elle.
"
Richard Taylor (le chef
de WETA Workshop) a vraiment aimé faire les maquettes les plus grosses
et les plus détaillées qu'il pouvait faire " dit Baster "
C'est là que l'on avait le plus de réalisme. " Maclachlan
ajoute " Si le toit du studio avait été plus haut, nous aurions
fait les maquettes plus grandes, j'en suis sûre. J'ai dû apprendre
à monter et à descendre ce qui me terrifiait au début, parce
que je n'aime pas beaucoup les hauteurs. Mais on s'y habitue. " Et aux
yeux de Maclachlan, de Baster et des 10 personnes de l'équipe d'Isengard,
le dur travail et les détails ont été plus que payants. "
C'est super de sentir que vous faites partie de cette équipe incroyablement
créative qui prend la petite pièce que vous avez faite et la transforme
en quelque chose d'énorme " dit Maclachlan " Et alors de le voir
venir à la vie avec les acteurs et le background digital, c'est étonnant,
ça m'a renversée. " 
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