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Longtemps indisponible, cet essai
de nul autre que Michael Moorcock, a été réédité
il y a quelques mois déjà, et plus précisément
en Octobre 2004. Qui dit réédition ne dit pas
forcément révision, mais ce fut le cas ici ! Le
célèbre auteur du Champion
Eternel et de tant d'autres romans en a profité
pour revoir sa copie, et notamment mettre à jour
ses références, tenant compte d'auteurs qui ont
récemment émergé, tel que China Miéville, qui
signe d'ailleurs l'introduction.
Passant aux choses sérieuses, Moorcock débute
son analyse, avec un enthousiasme juvénile et
une érudition qui n'a rien de pompeuse qui font
plaisir à voir, et qui ne nous quitteront plus
jusqu'à la conclusion. C'est avec délectation
que l'on tourne les pages, chaque chapitre apportant
son lot d'observations pertinentes. Et même sans
être d'accord sur tous les points avec l'auteur,
il y a en tous cas matière à discussion, et non
pas un tiède consensus. (Mais qui pourrait lui
reprocher de mépriser les clones de Tolkien ?
Ou de trouver des défauts à celui-ci
?)
Des origines, où Moorcock revient sur des chansons
de gestes parfois méconnues (Amadis de Gaule,
Palmerin of England...) au Romantisme ou au mouvement
Gothique, en passant par l'importance d'un décor
exotique, ou bien en soulignant l'immaturité de
la plupart des héros du genre - même Conan, tout
barbare qu'il soit, se comporte souvent en enfant...
- quand il ne se lance pas dans une diatribe passionnée
contre les Chroniques de
Narnia, pilonnées en quelques lignes, (mal
écrit, propos lénifiants...) préférant ouvertement
le Magicien d'Oz, qui, lui, ne se moque pas de
ses lecteurs, les enfants justement, Moorcock
pointe du doigt, souligne, provoque, questionne.
Lorsqu'il critique, sa démarche n'a rien de stérile,
et qu'il ait des favoris de coeur (Leiber,
Pullman,
etc...) n'est rien moins que parfaitement normal,
une étude pouvant difficilement faire preuve d'une
objectivité totale, ce qu'il ne prétend
pas atteindre. Qui plus est, se révèlerait-t-elle
aussi prenante si c'était le cas ? Moorcock propose
un regard sans concession, simplement lucide,
mais pas aigri pour un sou, concernant un sous-genre
de la Fantasy auquel il a lui-même largement contribué.
Mais on notera à ce sujet qu'il met de côté ses
propres oeuvres.
Signalons encore des appendices très utiles, collection
de différents articles et critiques d'ouvrages
publiés par Moorcock, au fil des ans et bien sûr,
un index, aux innombrables références. Cet ouvrage,
en dessous des 20 dollars et pour 200 pages des
plus denses représente une véritable opportunité
de mieux appréhender ce courant toujours parmi
les plus populaires de la Fantasy...

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