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Un visage pour l'éternité
:
Le roi de Glome a trois filles. L'aînée,
Orual, est fort laide, et porte une affection
démesurée à Istra,
la benjamine, la plus belle et la plus douce
créature de ce royaume barbare. Mais,
victime de l'obscurantisme religieux, cette
dernière est sacrifiée au
dieu de la Montagne grise.
Des années plus tard, Orual est devenue
reine, une souveraine crainte et respectée.
Meurtrie par les regrets et la solitude,
elle se souvient de l'enseignement d'un
vieil esclave grec ramené par son
père lord d'une campagne, et entreprend
le récit de son combat contre les
dieux.
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Si pour vous C.S
Lewis n'est "que" l'auteur des Chroniques
de Narnia, et donc de romans destinés
aux enfants plus ou moins bien écrits et
pertinents - ce qui est après tout votre
droit le plus strict - ce roman pourrait bien
tout de même vous amener à revoir
quelque peu votre position !
Porté par une écriture amère
et délicate, où l'auteur semble
réellement se glisser dans la peau de son
héroïne, voilà un roman dont
l'univers et le ton tranchent justement singulièrement
avec le monde de Narnia. Mais est-ce que cette
histoire résolument plus adulte se révèle-t-elle
réellement plus profonde pour autant, dans
son propos ?
On serait tenté de répondre oui.
Evoluant dans un monde imaginaire qui entretient
néanmoins de nombreux liens avec l'Antiquité,
Orual représente un personnage en conflit
avec les dieux mais aussi et surtout avec les
conventions et les préjugés de son
temps, qui pour beaucoup, pourraient encore être
transposés de nos jours ! Qu'elle soit
liée à ses proches, qu'elle les
chérisse ou non, cette exploration intellectuelle,
voire même philosophique, ne soumet pas
le scénario sous son poids.
Récit réinterprétant - de
façon assez floue - un mythe ancien qui
a donc traversé les âges et conservé
une certaine portée, C.S Lewis ne trahit
évidemment pas les fondements de ses partis-pris,
qui cela dit n'engagent en rien le roman vers
un chemin prosélyte.
On peut ainsi comprendre pourquoi l'auteur lui-même
a souvent avancé que ce roman était
son meilleur ouvrage de fiction. Concernant cette
affirmation, c'est sans remise en cause que l'on
exprimera notre accord avec lui !
Une sortie en poche bien vue.

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