|
Ecrivain plutôt
habitué aux ouvrages pour adolescents,
Chris Wooding effectue ici sa première
incursion dans une Fantasy plus adulte, avec Les
Tisserands de Saramyr. Et pour cette entrée
en scène, admettons qu'il ne choisit pas
de nous infliger le roman le plus classique et
balisé qui soit, ce qui est évidement
tant mieux.
Voilà le lecteur plongé dans un
univers au fort parfum d'orient, et plus précisément,
de Soleil Levant. L'influence japonaise se révèle
en effet la plus présente, à tous
les niveaux, ce qui pour l'auteur n'est cela dit
pas une véritable nouveauté.
Quant au récit lui-même, il donne
lieu à une histoire alerte au rythme soutenu,
aux rebondissements nombreux et plutôt bien
agencés, faisant la part belle à
l'aventure et aux intrigues multiples, et surtout,
à l'action. Parfois même un peu trop
d'ailleurs, quand l'auteur se fait - au détour
de certaines scènes - plaisir avant tout,
alignant des morceaux de bravoure sans forcément
de justification scénaristique.
Mais on apprécie d'autant plus ses efforts
de création, notamment concernant le système
de magie, un élément habilement
mis en avant, et réellement original, là
où l'ambiance orientale ne l'est finalement
peut-être pas autant, quelques romans ayant
déjà employé cette veine,
même si Wooding parvient à s'en démarquer
suffisamment.
Au rayon des réels défauts, ou bien
regrets, on citera plus facilement des premiers
chapitres trop touffus, où l'auteur s'embarrasse
de descriptions à rallonge, révélant
une plume inégale, qui veut sans doute
trop en faire, mais en devient lourde. De la même
façon, les personnages manquent un peu
de psychologie, Kaiku, l'héroïne,
en tête, ses réactions ne sonnant
pas toujours aussi justes que l'on pourrait le
supposer.
Néanmoins, voilà une trilogie -
le tome 3 sort en Angleterre en Mai prochain -
à classer dans les cycles à suivre
de près !

|