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Publié le
mois dernier en Angleterre, accompagné
d'une certaine couverture - au moins sur les sites
spécialisés du cru, le roman de
Stephen Hunt semble bien parti pour devenir l'une
des sensations de l'année, en VO du moins.
Découvrir ce roman en tentant de mettre
de côté les comparaisons flatteuses
qui ont rapidement fleuri avant même sa
publication revient à finalement les accepter
et même les approuver nous aussi.
Evidemment, celles-ci ne manquent pas, et on se
demande parfois si ce mélange n'est pas
indigeste. il faut dire que les ingrédients
tendent à l'indigestion : de la fantasy
bien sûr, un soupçon de SF nous donnant
du steampunk (la ville nébuleuse où
se déroule une grande partie de l'action
évoque sans conteste la Nouvelle-Crobuzon
de Miéville), du roman XIXeme façon
Dickens, du roman d'aventure avec une louche de
civilisation ancienne telles celles d'Amérique
Centrale comme aurait pu le concevoir Kipling,
du serial, voire une lichette de pastiche
- jamais condescendant pour le genre qui le nourrit
- par moments... Copieux !
Alors, le chef Stephen Hunt mérite-t-il
une toque ? Oui, et plutôt deux fois qu'une
pour rester dans cette veine d'abondance, même
si les réserves sont tout aussi aisées
à pointer du doigt. Emporté par
son enthousiasme, l'auteur multiplie ici ou là
les termes exotiques n'apportant finalement rien
de précis à son récit, et
pouvant au contraire être interprétés
comme les signes d'un certain maniérisme,
par essence un peu vain.
Mais au-delà de ce type de détails
déstabilisant surtout dans les premières
pages, Stephen Hunt nous livre un quasi sans faute.
A l'image de ses chutes de chapitre relançant
à chaque fois l'intérêt du
lecteur, son roman se dévore, une fois
lancé dans l'aventure, et surtout, se termine
avec une vraie" conclusion, bouclant la boucle
en un seul tome. Entre Le Magicien d'Oz
et A la croisée des mondes, ce
roman aux peintures souvent saisissantes et aux
personnages forts - et traversant une véritable
évolution - à la mesure de l'univers
créé, devrait sans aucun doute trouver
son public.
Pour autant, il n'est pas composé d'une
simple somme d'influences plus ou moins présentes.
Dans ses pages, on retrouve aussi des échos
du premier roman de l'auteur, publié...
en 1994, et qui nous entraînait déjà
dans un monde volontiers rétro. Et une
ambition nouvelle, l'auteur n'hésitant
pas à quitter les rivages du simple divertissement,
aussi réussi soit-il pour entraîner
son intrigue sur des chemins plus tortueux, et
politiques.
Dans le cas où ce roman ne se révèlerait
qu'un coup d'épée dans l'eau niveau
satisfaction du lectorat, voilà qui nous
pousserait à nous poser toujours plus de
questions sur les appétits du public, gavé
de clones pillant les succès du passé
!
Get Up And Drive Your Funky Soul !

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