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L'auteur anglais Neil
Gaiman - qui n'en est pas à son coup
d'essai - nous offre ici avec Stardust
publié en 1999 un superbe conte pour adulte
qui a le bon goût de ne jamais tomber dans
la mièvrerie. Poésie et aventures
sont au rendez-vous. Au sein de toutes les oeuvres
de fantasy actuelles, ceci constitue un véritable
retour aux sources.
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Stardust
:
D'un côté, il y a Wall, paisible
village niché au sein d'une calme
forêt anglaise. De l'autre, le Pays
des Fées, univers d'enchantements,
de sorcières, de licornes et de princes
sanguinaires. Où jeunesse, pouvoir
et amour se gagnent à force de sortilèges,
de lames ensorcelées et de fioles
de poison. Et où l'espace et le temps
se traversent de bien des façons.
Entre les deux, il y a le Mur, l'infranchissable
et épaisse muraille qui ceint le
hameau et le sépare de Féerie.
Infranchissable ? Pas tout à fait,
puisque tous les neufs ans s'ouvre la Foire
des Fées qui, durant un jour et une
nuit, permet aux deux mondes de se rencontrer.
Dans certaines circonstances cependant,
attendre la prochaine Foire est impossible.
Car quand on s'appelle Tristran Thorn et
que l'on a promis à sa belle, pour
prix d'un baiser - ou peut-être plus
-, l'étoile filante tombée
du firmament de l'autre côté
du mur, aucun obstacle ne saurait nuire
à l'amour...
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En dépit
de son caractère moderne (1998), cette
oeuvre a une vraie "patine" de conte.
L'intrigue, tout d'abord, est dans la droite ligne
des contes plus anciens. Mais ce qui le rend encore
plus "conte", c'est une somme de petits
détails que l'on a déjà rencontré
au fil de nos lectures des contes traditionnels.
Ou bien de la littérature classique anglaise.
Un Mur séparant le village du royaume enchanté
- qui effraie quelque peu les paisibles habitants
de Wall -, mur qui n'est pas sans rappeler pour
les fans de Tolkien
la Haie entre la Comté et la Vieille Forêt
(mais cette frontière monde humain - monde
féerique se retrouve dans bien d'autres
oeuvres plus anciennes, la plus récente
étant La Fille du roi des Elfes de Lord
Dunsany) Voilà, maintenant le décor
est planté ! L'histoire, elle, débute
avec en prologue celle de Dunstan, père
de notre héros Tritran - un nom pas si
inconnu que ça - que l'on suivra jusqu'au
fin fond du royaume de Féerie avec son
étoile... ; un royaume enchanteur mais
pas vraiment gentillet où pierres, arbres
et animaux ne sont pas forcément ce qu'ils
semblent être.
Macros
Autres Critiques :
" Une prose colorée
et un esprit ironique. Avec Stardust, Gaiman
nous donné en même temps la splendide
pièce de tapisserie qu'est ce conte et
le récit sincèrement touchant et
éloquent d'un périple qui va par-delà
le quotidien. " Locus
" Gaiman est tout simplement
un trésor d'histoires et nous sommes chanceux
de l'avoir, quel que soit son moyen d'expression.
" Stephen King
" Un conte de fée
pour adulte avec de l'amour, du danger, de l'amitié,
de la magie et de l'aventure. Animé d'un
humour pince-sans-rire, rendu dans un style qui
n'est pas le comico-absurde, c'est un court roman
qui délivre une satisfaction qui perdure
longtemps. " Detroit Free Press
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Stardust de Neil
Gaiman, c'est un peu comme une friandise toute
douce, bien sucrée, sans jamais devenir
écurante, et même avec un léger
parfum amer en arrière-goût. Non
pas parce cette histoire se révèle
finalement décevante, bien au contraire.
Simplement parce que l'auteur ne prend pas ses
lecteurs pour des moutons, et nous propose tout
simplement une tranche de vie, avec ses malheurs
et ses joies, quand bien même celle-ci est
saupoudrée de merveilleux.
Et du merveilleux, il y en a ! On tombe immédiatement
sous le charme de la description du petit monde
de Wall, ce village aux frontières du monde
de la magie, de ses dangers, comme de ses trésors.
Je dois dire que pour ma part, le prologue, c'est
à dire ce qui nous amène jusqu'à
la naissance de Tristran Thorn le héros,
m'a véritablement touché. L'atmosphère
qui s'en dégage est pleine de mélancolie,
à laquelle on ne peut rien changer, malgré
ce que l'on aimerait voir se concrétiser.
Eh non, le principal protagoniste ne finira pas
sa vie avec celle qu'il aime vraiment. Premier
coup dur porté aux mythes des contes de
fées dans le sens que leur a donné
les généralités, c'est à
dire avec un happy-end pour conclusion. Mais nous
n'en sommes qu'au début de l'aventure,
au tout début ! Par la suite, le voyage
de Tristran pour récupérer l'étoile
tombée du ciel promise à sa belle
sur un coup de folie, initiatique à plus
d'un titre, nous entraîne vers des péripéties
débordantes de cocasseries et petits riens
qui font les grandes histoires. A travers une
galerie de portraits où se croisent parfois
des visages connus mais revisités de la
Fantasy, Tristran va peu à peu s'affirmer,
se découvrir, tout en ayant fait preuve
dès le début du récit d'une
grande force morale. Il ne s'agit pas ici d'assister
à la transformation d'un garçon
quelconque en sauveur de l'humanité. Tout
est beaucoup plus limpide. On ne ressent pas d'urgence,
peu de tension. C'est peut-être le seul
mince défaut du livre, tout autant que
l'une de ses forces d'un autre côté.
Les différents mystères de l'histoire
- dont la plupart se devinent de toute manière
assez aisément - se résolvent sans
heurt majeur, au cours d'un final charmant. Et
Gaiman ne délaisse personne, car même
ses créations qu'on aurait pu croire simplement
superficielles ou destinées à servir
le récit sont plus complexes que prévues,
je pense notamment à Victoria.
Vous refermerez certainement ce roman avec un
sentiment de plénitude tout en ressentant
un pincement au cur, ce fut du moins mon
cas. Car Stardust a quelque chose de marquant,
par sa fraîcheur, son charme désuet
à et à contre-courant des mastodontes
de la Fantasy. S'il n'est pas un chef d'uvre,
on aura souvent la tentation d'y revenir et de
retrouver pour un temps Tristan et Yvaine. Il
est à noter l'effort de J'ai Lu qui proposent
des notes fort bienvenues en fin de livre.
Gillossen,
le 25/08/2001

Stardust fut à
l'origine publié en anglais par Vertigo
Comics, filiale de DC comics, sous forme d'une
histoire illustrée. Je le précise
car les illustrations de Charles Vess, grand dessinateur
de Fantasy, apportent véritablement au
merveilleux et font de Stardust un Livre de Contes
plus qu'un roman. J'ignore cependant si une édition
francophone illustrée est prévue.
Sylvain
andré, le 09/04/2002

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