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On ne parle pas
assez de Mélanie Fazi dans nos colonnes.
Alors, lorsque les éditions Bragelonne
décide de republier, sous la forme de deux
recueils, sa riche production de nouvelles, on
ne peut que s'y pencher !
Une nouvelle réussie, c'est difficile,
et cela passe souvent par deux ingrédients
: une idée forte et une ambiance qui le
soit tout autant. Et il faut bien dire que Mélanie
Fazi parvient souvent à mêler les
deux, justement.
Que l'on connaisse déjà les textes
ou pas n'a pas beaucoup d'importance : on retombera
bien vite sous leur charme, parfois naïf,
parfois vénéneux. C'est un vrai
plaisir de les relire, voire de les redécouvrir.
Entre deux lectures, on peut soi-même avoir
en effet adopté une autre approche, qui
ne rend pas notre opinion précédente
caduque mais qui éclaire notre avis sous
un nouveau jour, qui bien souvent met en lumière
un autre aspect de la réussite de ces petites
pépites.
Bien sûr, dans cet ensemble, on trouvera
bien un ou deux textes pour s'avérer un
peu plus faibles que les autres, moins inspirés
ou basculant parfois dans la maladresse d'une
prose trop fragile, qui perd de sa musicalité,
une note pourtant ô combien importante pour
l'auteur.
Mais, de Les cinq soirs du lion à
La cité travestie en passant par
Serpentine dans son ensemble, nul doute
que, en dehors de toute célébration
versant parfois un peu trop dans la logorrhée
manquant d'une pointe de recul, Mélanie
Fazi possède une véritable voix,
sincère et personnelle.
Et celle-ci transparaît sans détour
de nouvelle en nouvelle, un peu comme un album
que l'on écouterait tout d'abord dans le
désordre, choisissant seulement quelques
pistes, avant d'y revenir encore et encore, jusqu'à
l'écouter en boucle et de la première
à la dernière piste.
Discrets et envoûtants, voilà deux
petits volumes qu'il serait bon de ne pas oublier
sur les étals trop longtemps malgré
l'abondance de sorties.

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