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Second roman
paru chez nous se situant dans l'univers de Bas-Lag,
après l'étonnant Perdido
Street Station, les Scarifiés
est incontestablement une pleine réussite.
Doté d'une grande richesse, tant sur le
plan de l'histoire, que du background ou de sa
galerie de personnages, ce roman, sortant nettement
des sentiers battus, est difficilement classifiable:
dark fantasy, éléments de SF, etc...
On reconnait en outre parfaitement la "patte
Miéville", alliant un style foisonnant,
très riche, imaginatif, bien qu'ayant tendance
à être très chargé,
pas assez "épuré".
L'histoire met du temps à démarrer
(sur les 530 pages du roman, les choses s'accélèrent
vraiment à partir de la page 200), comme
pour Perdido Street Station, mais cela
nous permet de nous immerger tout à fait
dans ce monde, ébahi devant tant d'imagination.
Après Nouvelle-Crobuzon, une immense cité
dans Perdido Street Station, l'action
prend place ici sur Armada, une gigantesque ville
maritime, constituée d'un amas hétéroclyte
de bateaux, épaves, passerelles, reliés
entre eux, vivant de piratage et se mouvant au
gré des vents. Miéville nous présente
longuement chaque quartier, chaque recoin tout
au long du roman, et il s'en dégage une
atmosphère sombre, humide, pesante.
On peut également saluer la galerie de
personnage, très intéressante et
très "humaine", terme paradoxale
quand on connait les crétaures peuplant
Armada: Recréés, Hommes-Cactus,
Vampères,... En tout cas, Mieville n'hésite
jamais à durement malmené ses personnages,
mais toujours de façon justifiée
et logique.
Si le rythme global de l'histoire est plutôt
lent, Miéville parvient à se surpasser
durant certains passages, nous proposant des moments
d'anthologie. Et pour finir sur le plan strict
de l'histoire, sachez qu'il est difficile d'en
parler, sous peine de vous gacher celle-ci justement:
il faudra se contenter du 4eme de couverture.
Ce que l'on peut dire, c'est que l'on en apprend
un peu plus sur la thaumaturgie, et la Torsion,
citées dans Perdido Street Station.
Il en ressort donc au final un livre sombre, passionnant,
parfois exigeant, mais généreux,
et non dénué de sens critique envers
la société en général.

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