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Déjà
en circulation depuis quelques temps chez nombre
d'éditeurs français, soutenu d'un
petit mot sympathique par Scott
Lynch lui-même, le premier roman d'Alan
Campbell, auteur écossais, a donc déjà
réussi à faire parler de lui depuis
sa sortie anglaise, et pourrait le faire plus
encore.
Bienvenue à Deepgate, une cité pas
comme les autres, et dont la faune variée
qui grouille en son sein n'est pas sans rappeler
Gormenghast.
Des lieux envoûtants et secret, une galerie
de personnages tous plus marquants les uns que
les autres, des secrets, un univers sans concession,
foisonnant, littéralement... Puissance
évocatrice des descriptions, sombre réalisme
des relations qui se nouent entre des êtres
souvent meurtris, envolées et chutes tout
aussi passionnées les unes comme les autres...
Campbelle signe là un roman indéniablement
bourré de qualités, littéraires
tout d'abord, sur un "simple" plan technique,
mais aussi par le biais de son récit, savemment
mené, de la première à la
dernière page, et n'hésitant pas
à se montrer ardu, titillant le lecteur.
Soyons un instant purement pratique, et recommandons
tout de même un certain niveau d'anglais.
Ce n'est probablement pas le roman le plus adapté
pour faire vos débuts dans la lecture en
VO !
Et pour en revenir au roman lui-même, qui
a de quoi hanter un certain temps votre esprit
une fois achevé, que diable pourrait-on
bien trouver à redire, afin d'orienter
cette critique sous un angle moins favorable ?
Le façonnement des personnages, dotés
d'une vraie stature, prenant vie au fil des pages
avec autant de démesure crasse que la ville
qui les rassemble ? Sans doute pas. Des dialogues
aiguisés comme une lame de rasoir affûtée
entre mille ? Rien à leur reprocher non
plus. Et aurait-il fallu réellement exiger
que cette fantasy urbaine se montre plus abordable,
notamment dans ses premiers chapitres ? Non, un
peu d'ambition ne peut qu'être salutaire.
Et une pareille lecture de même !

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