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Irène
Fernandez n'est pas une inconnue, loin de
là, et les lecteurs, amateurs de fantasy
ou non d'ailleurs, ont déjà pu apprécier
ses propos à travers plusieurs ouvrages.
Dans celui-ci, on entre rapidement dans le vif
du sujet (gare à vous si vous ne connaissez
rien du tout à Narnia... Mieux vaut tout
de même disposer d'un bagage minimum, même
né après la sortie du film), où
l'auteur, sans prétendre apporter des réponses
définitives, met en avant un propos à
base d'idées énoncées avec
simplicité mais percutantes. Le mythe,
le conte, la "magie", comment ces diverses
conceptions que l'on imagine parfois là
encore simplissimes ont-elles été
vraiment manipulées par C.S
Lewis ?
Et la place de l'homme dans tout cela ? En Narnia,
par exemple ? Si les quatre frères et soeurs
Pevensie deviennent rois et reines, il ne s'agit
pas de régner en maître absolu. La
présence d'Aslan plane toujours. Mais une
quelconque allégorie chrétienne
n'est absolument pas revendiquée: c'est
une certaine conception de l'imaginaire et de
l'usage que l'on peut faire de celui-ci qui dicta
ses pas. Si la forme pêche par instants,
si l'on peut décompter quelques incohérences
dans son monde, ce n'est pas le plus important.
"Contes de fées sans fées",
les Chroniques démontrent
néanmoins d'une véritable réflexion
sur les rapports entre religion et mythe, première
passion de l'auteur, des rapports sur lesquels
Irène Fernandez apporte son regard aguerri
tout en permettant au lecteur de tirer bien sûr
ses propres conclusions. Narnia, notamment, n'est
pas un monde figé, un monde clos, et chacun
peut y revenir comme bon lui semble.
Bref, Irène Fernandez propose un ouvrage
dense, accessible tout en se révélant
parfois des plus pointus, et souvent passionnant,
que l'on partage ou non ses positions.

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