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Autant l'annoncer
immédiatement, on ressort de cette lecture
avec des impressions pour le moins mitigées.
Comme annoncé au dos de ce livre, cet ouvrage
a été publié dans le seul
but de se faire du blé. Les auteurs réitèrent
l'avertissement dans l'Avant-propos. A partir
de là, on peut considérer que toute
critique est veine, étant donné
que les auteurs s'en lavent les mains. Cependant,
ce n'est pas une raison suffisante pour écarter
les reproches qu'il y a à faire, en ce
qui nous concerne.
On pourrait se contenter de vous dire que les
Hobbits deviennent les Grossbits, qu'un Aragorn
rebaptisé Houlécorn se promène
avec une épée nommée Korona,
que Fondcombe se transforme en Fioncomble, que
le Mordor est désigné en tant que
Mordom, que les Nazgûls en vol héritent
du nom de Nazbroks et montent des pélicans
tueurs, que les Elfes sont bien roulées
et peu avares de leurs charmes... Cela vous donnera
un bon aperçu en tous les cas du délire
qui parcours ce roman. Toutefois, dans le même
temps, on réalise que les auteurs ne font
pas dans la dentelle, et en effet, il serait mensonger
de prétendre que vous trouverez beaucoup
de finesse au fil des pages.
C'est en cela que ce Lord of the Ringards
rate le coche, pour être une lecture distrayante,
mais loin, très loin, d'être impérissable.
On le lit comme ça, le parcourant de long
en large, plus pour voir le sort " subi "
par les différents protagonistes, lieux
et actions du Seigneur des Anneaux que
parce que véritablement pris par le récit.
Il aurait peut-être fallu pour les auteurs
songer à viser plus haut que le simple
délire de potaches. Le roman de Tolkien
le méritait bien. Attention, le fait qu'il
soit parodié ne me choque pas en soi, ce
que certains puristes ne supporteront même
d'ailleurs pas pour commencer, je le pense. C'est
plutôt que la satyre ne soit pas aussi bonne
qu'elle aurait pu l'être.
On verse dans la facilité, avec par exemple
une accumulation jusqu'à l'overdose d'anachronismes
les plus variés. Terry
Pratchett, pour demeurer dans le domaine de
la parodie, sait si prendre beaucoup mieux que
cela lorsqu'il parle, au hasard, du cinéma,
sans employer une seule fois le mot caméra.
Évidemment, on peut se dire qu'on se trouve
ici dans le domaine de la grosse farce, et que,
d'une part il ne faut pas trop en demander, et
d'autre part, que c'est le parti-pris des auteurs.
Certes. Mais un peut plus de cohérence
et de rigueur (ne dit-on pas que la comédie
est une science bien précise ?) aurait
certainement été préférable,
ne serait que parce qu'à la base, il n'y
a aucun lien entre notre monde et les Paires du
Milieu, ce qui rend tout de suite les anachronismes
moins drôles que tombant vite à plat.
Les meilleurs passages du roman sont d'ailleurs
ceux qui laissent de côté la bouffonnerie
pure pour un peu plus de subtilité ou de
loufoquerie dénuée d'humour gras.
Tel que la scène du Conseil d'Elrond (Elrond
Petit Patapon) ou les Cavaliers de Rohan maintenant
Rotan, qui montent des moutons de combat à
la place de fiers destriers. D'autres sont par
contre particulièrement pénibles,
tel que ce qui touche aux Grossbits, (lorsqu'on
dit que certains ont du mal à démarrer
le Seigneur des Anneaux, eh bien, vous
n'avez encore rien vu...) ou les Ents. Toutefois,
dans l'ensemble, le roman s'en sort bon gré
mal gré du fait de son faible nombre de
pages (193) qui lui permet de ne pas s'appesantir
plus que cela. C'est d'ailleurs largement assez.
A noter, la modernisation du texte (allusions
notamment à StarWars Episode I)
de même que son adaptation à notre
culture française, voire franchouillarde,
avec Minas Trone et ses airs de Paris. Et l'effort
de Bragelonne pour proposer ce roman
à moins de 100FF, plus précisément
à 85, contrairement à ses autres
livres édités jusqu'ici. En tous
les cas, je suis loin de partager l'avis de Vincent
Ferré (l'auteur de Tolkien : sur
les rivages de la Terre du Milieu) qui trouve
que "ce livre est trop court ".
Pour terminer par une comparaison cinématographique
puisque le National Lampoon a également
commis Alarme Fatale, on dira que ce Lord
of the Ringards tend plus dans sa direction
que vers le Sacré Graal des Monty
Python...

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