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À propos des lions d'Al-Rassan.
Il s'agit pour beaucoup du roman le plus abouti de son auteur, Kay.
Une petite merveille en effet, dans un genre tout différent
de ce qu'il a pu déjà écrire.
Attention donc, il n'est pas dit pour autant qu'il plaise à
tous, notamment aux fans d'une Fantasy proche des canons de Tolkien...
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Les lions d'Al-Rassan
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Depuis
l'assassinat, quinze ans auparavant, du dernier khalife,
l'empire d'Al-Rassan est éclaté en
cités-états rivales. Dans ce climat
troublé, la discorde règne, et inlassablement se
querellent asharites,
adorateurs des étoiles d'Ashar, kindaths et jaddites, les
fils du
Dieu-soleil Jad. Il est cependant une menace plus grande encore qui
pèse sur le royaume : Au Nord, les anciens monarques
d'Espéragne
semblent s'organiser pour lancer une guerre sainte de
reconquête. C'est
dans ce contexte instable que trois destinées d'exception
vont se
croiser. Trois êtres que tout oppose : Rodrigo Belmonte, le
prestigieux
chef de guerre jaddite, Jehane brillant médecin kindhat, et
Ammar Ibn
Khairan, le poète asharite, celui-là
même qui jadis assassina le
khalife...
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Ce roman de Guy Gavriel
Kay fut
vraiment une très belle surprise pour tous ceux qui ne
disposaient pas d'atome crochus avec ses
précédents héros. Bien loin du monde
de la
Tapisserie de Fionavar,
l'auteur se retrouve pour ainsi dire à l'opposé
des influences de Tolkien sur son travail. Sa vision d'un pays
imaginaire qui rappelle néanmoins fortement l'Espagne
d'avant la Reconquista est tout simplement inspirée.
Kay nous promène à travers ses terres
enchanteresses, ou l'harmonie et la tolérance qui ont fait
leur force sont en train de se disloquer, à l'image du
pouvoir. En suivant ces trois héros à la lourde
destinée, il emprisonne sans échappatoire le
lecteur, contraint de suivre la sourde agonie d'une époque,
car c'est bel et bien cela qui se joue au fil des pages. Une
période de paix et de prospérité
inexorablement révolue.
Kay
parvient à plusieurs reprises à tutoyer le
sublime, tout en démontrant de façon magistrale
qu'il n'y a forcément besoin de magiciens, de
créatures fantasmagoriques, ou bien encore d'une incarnation
du Mal pour faire de la bonne Fantasy, et tout simplement de la
très bonne littérature. Un contre-pied total
après le classicisme exacerbé de la Tapisserie.
Autre qualité de cet admirable livre, de part un contexte
qui se rapproche suffisamment de bons nombres de bases historiques, ou
pour le moins s'en inspire, il peut être
considéré comme un choix de premier ordre pour
mettre un pied novice dans la Fantasy.
Prétendre que l'on quitte un livre à regret est
certes un peu convenu, mais tout à fait justifié
dans le cas de celui-ci.

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