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Le Nain qui disparaissait :
Lassé de son existence d'oisif, Jonathan Bing, Maître Fromager, accepte la suggestion
du professeur Wurzle : visiter le château du nain maléfique Selznak. Bien vite, voici
Jonathan, son chien Achab, le professeur Wurzle e Milo le Magicien lancés sur la piste
d'un trésor caché dans la ville inconnue qui porte le nom de Terrefin. Mais sur leur
route les attendent un écuyer évaporé, les attaques d'une paire de rameurs sans tête,
une mystérieuse sorcière, des gobelins malfaisants, et le secret du globe mirifique
de Lumbog...
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Les Contes de l'Oriel, une drôle de nom
pour une trilogie qui ne l'est pas moins. Mais somme toute, l'Oriel sous ses faux airs de
calme est bien à l'origine des diverses aventures relatées dans Le Vaisseau
elfique, Le Nain qui disparaissait et Le Géant de pierre.
La vie est un long fleuve tranquille comme l'Oriel, c'est en tout cas ce que devait se dire
Jonathan Bing ou Théophile Escargot lorsqu'ils pêchaient paisiblement le long de son bord.
Au moins jusqu'à ce qu'un beau jour, l'aventure décide de venir frapper à leur porte. S'ils
avaient su, certainement qu'ils ne l'auraient pas laissée entrer. Mais en attendant, nous
n'aurions pas pu apprécier leurs différentes tribulations en compagnie des poissons brume,
des gobelins méchants mangeurs de poissons pourris, du nain maléfique et du gros écuyer Myrtle,
pour ne citer qu'eux.
Pour gérer une tel capharnaüm, la maîtrise de l'écrivain est de mise. Fort heureusement,
elle est bien présente, voire incontestable. Tous les aspects, même s'ils semblent tenir
parfois grâce à des bouts de fil de pêche, sont peaufinés, fignolés et témoignent de son
savoir-faire. Pas étonnant donc que James P. Blaylock ait décroché à la fois le prix Philip
K. Dick et le World Fantasy Award pour cette trilogie. Il y a du style, de la recherche
syntaxique, des nuances criardes, de l'humour pince sans rire à l'anglaise, qui transforme
personnages et paysages en une splendide fresque rococo.
Comme le dit si bien le quatrième de couverture, la "caractéristique majeur" de l'auteur,
c'est l'excentricité. Cela s'éparpille donc pour mieux s'enchevêtrer et pour former au final
un tout cohérent (ce qui est assez surprenant au demeurant tant l'auteur semble par moment
partir dans tous les sens sans avoir la moindre idée de où il va). L'histoire pourrait donc
se révéler particulièrement difficile à suivre et pourtant, pour peu que l'on apprécie de
sortir des sentiers battus, on ne prend jamais le tournis. Preuve s'il en était encore
besoin du talent de l'auteur, qui tel un marionnettiste tire les ficelles derrière le rideau.
En conclusion, une trame narrative qui n'est pas sans rappeler celle déployée par
Tolkien dans les aventures de
Bilbo et de Frodo, l'absurde de ses personnages évoque volontiers Vance
tandis que la richesse de son univers nous ramène près du Gormenghast de Peake.
Un mélange parfait et immensément appréciable pour peu que vous soyez fan de ces références.
Les réfractaires ne doivent pas hésiter une seule seconde pour passer leur chemin sous peine
de vraiment s'ennuyer au cours de ces trois romans.

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