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Kerstin Ekman est
bien connue en Suède en tant qu'écrivain
sur l'histoire et les us et coutumes de son froid
pays. Les brigands de la forêt de Skule
illustre d'ailleurs cette tendance à la
description minutieuse et poétique des
vieilles légendes scandinaves. Tout y est
répertorié, du mode de vie des siècles
précédents dans les petits villages
à l'emprise du protestantisme sur le pays,
en passant par la guerre de trente ans entre les
Electeurs allemands catholiques et le roi de Suède
protestant.
Autant le dire tout de suite, ce livre ambitieux
et atypique constitue un ovni au sein de la littérature
fantasy et peut en dérouter plus d'un.
Ici point de dragons, magiciens ou même
de période médiévale fantastique.
Le fantastique en est réduit à sa
plus simple expression et pourtant il est présent
tout au long du roman car nous suivons la vie
de Skord le troll, esprit des forêts qui
acquis la capacité de devenir un humain.
Sa vie s'étalant sur plusieurs siècles
nous pouvons donc découvrir avec émerveillement
l'évolution de cette société
parallèlement avec celle du héros
qui exerce un grand nombre de métiers mais
qui invariablement revient vers la forêt
de Skule qui l'a vu naître.
La prose très métaphorique de l'auteur,
d'une qualité irréprochable, évoque
continuellement dans notre tête des images
de nature verdoyante et majestueuse, de villages
cossus avec leurs habitants à la philosophie
très prosaïque et de légendes
antiques. Ce récit contemplatif et philosophique
m'a profondément touché par la justesse
de ses propos et le talent de l'écrivain
qui parvenait merveilleusement à retranscrire
la mentalité à la fois humaine et
inhumaien de Skord.
Bien entendu, tout n'est pas parfait dans ce livre,
à commencer par sa nature même. En
effet, le rythme est très lent et le récit
est émaillé de très nombreuses
descriptions, ce qui peut en rebuter certains
car souvent l'introspection et la contemplation
prennent le pas sur l'action. De plus, j'ai trouvé
que quelques rares passages étaient mal
gérés avec des longueurs car ils
n'apportaient pas de réels changements
à Skord qui en ressortait tel qu'il était
arrivé.
Mais ces défauts sont plus des défauts
de genre que des défauts relatifs à
la qualité de l'oeuvre et c'est pourquoi
je le recommande chaudement aux amateurs de romans
calmes et bien écrits. Pour donner une
comparaison, je rapprocherai Les brigands
de la forêt de Skule aux chroniques
d'Alvin le Faiseur,
bien que l'esprit soit différent et qu'il
n'y ait bien sûr pas d'utilisation du patois
typique d'Alvin.

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