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Bonne idée que celle du Pré aux Clercs, qui réédite en fait un ouvrage publié déjà deux fois
par le passé, chez Belfond. Si vous aviez eu l'occasion de jeter un oeil sur l'édition de 1996,
rien de neuf à se mettre sous la dent.
Mais pour le reste... Malgré ses allure de grimoire - saluons d'ailleurs bien bas au passage l'éditeur
pour un travail remarquable à ce niveau - il ne faut pas s'attendre à découvrir plus de 300 pages de -
fausses - formules magiques et autres descriptions de rites interdits. Cela concerne au final un très petit
nombre de pages !
Plus que cela, on peut voir cet ouvrage comme un texte d'analyse des sources de la création de Lovecraft,
sans parler de l'auteur lui-même. À ce titre, la première partie, la plus longue, se révèle aussi la plus
« fumeuse ». Bien que contenant nombre d'informations factuelles fort intéressantes, voire passionnantes,
on peut tout de même se demander plus d'une fois où veut en venir réellement l'intervenant, Colin Wilson,
et ce dès lors qu'il s'essaie aux commentaires frisant la psychanalyse, pas toujours des plus crédibles,
que l'on apprécie ou pas la personnalité contrastée et complexe de H.P. Lovecraft... Certaines hypothèses
nous arracheraient presque un sourire !
Pour le reste, entre fausses pistes et véritable enquête (comme ce qui touche au père de Lovecraft), les
différents auteurs à se passer la plume se plaisent, de toute évidence, à entretenir une part de doute,
mais surtout de rêve - ou de cauchemar... - autour de la naissance réelle du Nécronomicon.
Au-delà des défauts de l'auteur, qui sont d'ailleurs pointés du doigt sans ménagement - son style ampoulé,
ses intrigues répétitives... - c'est précisément dans l'évocation que Lovecraft était le plus fort, donnant
vie à tout un mythe qui persiste encore aujourd'hui, et de façon fort vivace (Ah, la campagne « Cthulhu
for president » en 2008 lancée sur le net...).
Et le travail abattu pour cet ouvrage l'entretient et le ravive de fort belle manière. Et, si, en plus,
on peut se lancer, texte à l'appui, dans une petite invocation pour tenter de lever une malédiction qui
pèse depuis maintenant sept ans, pourquoi se priver ?

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