| On connait surtout H.P Lovecraft pour
ses célèbres écrits d'épouvante et d'horreur, nous
révélant les puissances obscures qui ont jadis régné
sur Terre, les Grands Anciens, monstres nés de la nuit des temps, rêvant
de leur retour dans la cité endormie de R'Iyeh. Cthulhu, Nug et Yeb...
L'ensemble de ces textes, nouvelles ou romans, exploitent nos peurs les plus enfouis,
les plus abjectes, à travers les propres névroses de l'auteur. Jamais
je n'ai été autant inquiété, angoissé, rendu
mal à l'aise, par une histoire que par certaines oeuvres de Lovecraft.
Une seule vaut tous les Dean Koontz, à mon avis ! Mais il existe pourtant
une autre facette, celle développée ici, celle du Monde du Rêve.
Nous voilà transportés bien loin des ruelles embrumées et
inquiétantes d'Arkham ou de Providence. Place à Céléphaïs,
Ulthar, ou bien encore Sérannian, la nébuleuse cité de marbre
qui s'étend dans l'espace éthérique au-delà du point
où la mer rencontre le ciel ! La quête de Randolph Carter nous
promène dans bien des régions de ces terres de l'imaginaire, au
fil d'aventures dont les rebondissements deviennent de plus en plus dangereux,
à mesure que l'enquête progresse. Et bien vite, ces périls
se font plus opressants, culminant lors de l'apparition de Nyarlathotep, le Chaos
Rampant, dont on apprend dans cet ouvrage qu'il est capable de revêtir mille
formes différentes. Nous sommes alors bel et bien de retour dans des contrées
de cauchemar, là où la raison est prêteà basculer à
tout instant, dans une fuite éperdue vers la folie devenue salvatrice.
Pourtant, le merveilleux ne nous abandonne jamais, les descriptions, particulièrement
des différentes cités sont à chaque fois un véritable
éblouissement pour le plus grand plaisir de notre imagination ô combien
stimulée ! Et les apparitions des chats par exemple accentue encore cette
ambiance magique. Somme toute, Lovecraft nous enchante et nous effraie. Que
demander de plus ? 
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