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Enfin !
Le seul ouvrage manquant de la bibliographie
de Tad
Williams dispose maintenant d'une
édition française ! Comme
souvent avec Terre de Brume, on peut
souligner l'opiniâtreté
de l'éditeur, ainsi qu'une édition
particulièrement soignée,
sans parler d'une très bonne
idée : la présence de
la pièce de théâtre
originelle de William Shakespeare en
"apéritif", si l'on
peut dire.
Car le récit de Tad Williams
est court. Ce qui ne signifie pas qu'il
ne soit pas dense, ou bien aride. Il
s'agit là tout de même
d'une entreprise osée : donner
une "suite", en prose, à
l'une des pièces de Shakespeare
parmi les plus marquantes, et alors
que la figure du "monstrueux"
Caliban a déjà été
reprise bien souvent, y compris par
notre Aimé Césaire national.
L'auteur s'en sort toutefois avec une
maîtrise certaine, et surtout
une fascination très bien retranscrite
pour le personnage de Caliban, et son
triste destin, seul et abandonné
de tous durant vingt ans. Le récit
de son enfance puis de son existence,
ses interrogations, son amour désavoué
pour la belle Miranda, tout cela se
révèle tour à tour
dramatique et poignant, entre magie,
mystère et trahisons. On sent
alors Williams particulièrement
inspiré par cet autre point de
vue narré par Caliban en personne,
le temps d'une nuit, d'une simple nuit
si importante pour lui, quelques heures
qui vont voir trois destins basculer.
Tout s'accélère sur la
fin, quand Caliban parvient au bout
de son récit, au bout de sa douleur,
exprimée par le final de la pièce
et la propre conclusion de Tad Williams,
qui, pour le coup, emploie un véritable
coup de théâtre. L'auteur
démontre qu'il s'agit pour lui
de quelque chose de plus profond qu'un
simple exercice de style, et la brièveté
de cette histoire n'en prend que plus
de force.
Il ne manquait plus que les illustrations
de la main de Tad Williams que l'on
peut trouver dans l'une des éditions
américaines de l'ouvrage pour
assister à un sans faute ! En
tous les cas, une très bonne
initiative, portée par une passion
sincère, dont on ne peut que
se réjouir de voir qu'elle a
finalement pu se concrétiser.
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