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Quand comme Michael
Shea, on s'est frotté à Cugel en
personne, il n'y a pas grand chose qui soit en
mesure de vous inquiéter ! Couronné
d'un World
Fantasy Award en 1983 - le livre est déjà
paru en VF chez Opta l'année suivante
- son Nifft n'est pourtant que rarement au centre
de la scène, "éclipsé"
par les lieux visités et les créatures
rencontrées !
Dans son duo avec Barnar, les deux compères
traversent bien des épreuves, des contrées
merveilleuses ou terrifiantes, le tout mis en
images avec la même aisance. Et peu importe
les points de vue adoptés, ceux-ci ne manquant
pas ! Il faut dire que le monde créé,
aussi foisonnant que macabre, se révèle
puissamment évocateur, de quoi hanter ou
passionner le lecteur, selon les épreuves
traversées.
L'amitié qui lie notre duo demeure également
une donnée importante, à ne surtout
pas négliger au profit d'aventures renversantes.
De fait, les références à
Leiber à propos des héros du roman
et à Vance pour ce qui est du style et
du cadre de celui-ci, ne sont pas usurpées.
Shea parvient à maintenir au fil de ses
différentes parties un joli équilibre,
qui devient de fait son propre style, et le tout
sans afficher un sérieux démesuré
ou bien à l'inverse une parodie du genre.
Oui, il s'agit de ce que l'on nomme souvent Sword
& Sorcery. Mais rarement ce genre aura
connu une telle méticulosité, une
application qui dépasse de loin celle d'une
copie propre sur elle, pour atteindre un autre
niveau. Dépassez les premières pages,
et comme ces héros qui profitent de la
vie autant qu'ils le peuvent car rien ne les attend
ensuite, profitez donc de cette étonnante
lecture !
Une petite pétite qui ferait presque comprendre,
si ce n'est accepter, pourquoi cet auteur semble
si peu prolifique !

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