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La
Couleur de la Faim :
Morcaï Treznor est un ogre. Solitaire,
violent, hargneux, dénué de
scrupules, il se laisse souvent dominer
par son instinct le plus puissant : la faim.
Et celle-ci le fait tellement souffrir qu’il
se résigne à gagner la cité
de Perdition… Il tombe là en
pleins préparatifs de la Rencontre
des Héros, foire exhibition de combats
qui attire tous les gros bras du pays. Or,
ceux-ci sont assassinés les uns après
les autres… Morcaï se trouve
bientôt impliqué, soupçonné,
et doit enquêter malgré lui
!
Il croise alors une galerie de personnages
plus étranges et dangereux les uns
que les autres ; monstres luttant vainement
contre leurs propres instincts, et rejetant
les anciennes coutumes pour s’assurer
le pouvoir dans cette ère moderne
qui s’annonce… Face à
leur cruanté et à leurs machinations,
Morcaï l’affamé ne risque-t-il
pas d’être, à son tour,
croqué par des créatures aux
dents plus longues que les siennes ?
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Nouvel auteur à rejoindre
l'écurie des éditions Octobre, voilà
que nous retrouvons nul autre que Johan
Héliot, dont les romans sont généralement
très remarqués... Dès lors,
qu'en est-il ?
Eh bien, voici un nouvel ouvrage à la lecture
trépidante, et où la patte de l'auteur
se fait irrésistiblement sentir. Partant
d'un parti-pris à l'univers et aux personnages
plutôt originaux, les craintes - l'entrée
en scène de Morcaï éructant
tant et plus n'est pas forcément le passage
le plus réussi... - sont vites dissipées.
Plus qu'un décor, l'auteur a développé
tout un univers autour de la cité de Perdition
avec une véritable attention et un mélange
des genres - des peuples en exil à cheval
entre deux cultures, un niveau technologique de
fin XIXeme siècle, des allusions plus qu'appuyées
au vaudou, entre autres choses ! - qui ne tarde
pas à prendre.
Si l'aspect enquête du roman pâtie
par moments notamment des recours à la
magie, il se dégage toutefois un vrai fumet
de roman noir, Héliot sachant manier la
plume avec bonheur quand il s'agit de placer une
réplique saignante ou de mettre en images
une scène haute en couleurs, et ne lésinant
généralement pas sur une ironie
mordante.
La fin peut sembler un peu confuse, encore que,
les rouages se révèlant suffisamment
huilés, avec quelques retournements de
situation bien sentis. Une fois refermée,
cette lecture promet de s'oublier assez vite,
mais la faconde des personnages et de leur petit
univers méritent bien que l'on s'y attarde
un moment !

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