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Que ce serait-il passé si
l'empereur romain Julien l'Apostat n'était
pas mort au début de son règne et
si les galiléens (chrétiens) n'avaient
pu alors obtenir l'influence qui devint la leur?
C'est sur cette hypothèse de base que Fabien
Clavel a créé son uchronie qui mêle
habilement péplum, roman policier et fantasy.
Bien documenté, le livre se trouve ainsi
être à la croisée de plusieurs
sources d'inspiration très différentes
dont la principale reste selon moi le livre Quo
Vadis, avec même en prime une référence
marquée aux trois mousquetaires d'Alexandre
Dumas au regard des personnages Aetius, Portius
et Agorix.
L'intrigue complexe aborde la question de l'avenir
de la ville de Lutèce dans l'empire romain
avec des luttes de faction entre les galiléens,
les druides, les indépendantistes et les
pro-romains. Cet ensemble vivant et coloré
aboutit à une histoire bien menée
jusqu'à la fin, avec très peu d'incohérences
et de multiples rebondissements inattendus. La
conclusion est particulièrement bien traitée
car le suspense reste présent jusqu'au
bout. Il est néanmoins dommage que les
différentes factions ne soient pas abordées
avec moins de manichéisme, car cela donne
parfois l'impression que l'auteur règle
ses comptes.
L'histoire est mise en valeur par des personnages
aussi sympathiques qu'intéressants, avec
une préférence pour l'affranchi
Gélasime qui s'exprime d'une manière
féconde pleine de faconde. Cependant, les
motivations des personnages principaux sont assez
floues, même à la fin, et cette lacune
rend artificielles certaines de leurs actions.
C'est particulièrement vrai pour le héros
Dumnacos dont le comportement m'a étonné
à plusieurs passages.
Enfin, je tiens à souligner la très
belle description de cette Lutèce romaine
du future qui parvient à conserver ses
particularités tout en accueillant des
voyageurs de tous les pays. Ville à la
fois de merveilles et d'horreur, de poésie
et de violence, l'auteur nous en fait un dessin
imagé des plus réussis et des plus
enthousiasmants.
La Cité de Satan possède suffisamment
d'atouts pour prétendre à être
plus qu'une simple lecture agréable. Les
quelques défauts qui peuvent passer pour
des défauts de jeunesse sont peu nombreux
et le résultat obtenu ne peut qu'inciter
à se pencher avec intérêt
sur les prochains travaux de son auteur.

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