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Après un tome 5 clairement
de transition, presque par la force des choses,
celles-ci justement basculent pour de bon à
présent, alors que les cartes sont en grande
partie redistribuées. C'est bel et bien
avec cette sixième aventure d'Harry que
l'on peut maintenant affirmer que rien ne sera
plus comme avant au moment de débuter la
lecture de l'ultime roman du cycle.
Bien que pouvant, fatalement, difficilement mener
la vie classique d'un jeune homme de son âge,
on accueille ainsi avec soulagement la fin de
la crise d'adolescence d'Harry, thème usé
jusqu'à la corde dans l'Ordre
du Phénix. JK
Rowling parvient ainsi à limiter ses
accès de colère dans le domaine
du supportable.
Toutefois, si Harry conserve bien entendu une
place de choix dans le développement de
l'intrigue, d'autres personnages sont mis en avant,
à commencer par Lord Voldemort... Enfin
! Et il n'est pas le seul à bénéficier
d'un nouvel éclairage. Sur ce plan, il
est ardu de reprocher quoi que ce soit à
Rowling, qui connaît les protagonistes de
sa saga sur le bout des doigts, et sait faire
évoluer la personnalité de chacun,
et sur des chemins où l'on ne les attendait
pas forcément.
C'est d'ailleurs toujours par le biais de son
univers et de l'aspect "enquête et
de jeu de pistes" de celui-ci que l'histoire
puise ses forces. D'autant plus quand les niveaux
de gris se font toujours plus présents,
brouillant souvent savamment les pistes (même
si la recherche d'indices a postériori
dans les ouvrages précédents finit
par prendre des allures artificielles...).
Pour le reste, l'auteur reste la victime de ses
facilités, avec un goût prononcé
pour les ressorts humoristiques déjà
vu cent fois ici ou ailleurs, et surtout, la saveur
hautement "sitcomesque" de certains
dialogues, voire de scènes toutes entières.
On songera par exemple à la déclaration
finale mettant en scène Harry et sa nouvelle
conquête, un travers qui s'étend
d'ailleurs à toutes les... amourettes,
fades, qui ne manquent pas d'occuper une place
importante dans ce tome...
La plume de Rowling semble renconter en ces différentes
occasions ses limites.
Ajoutons à cela une première moitié
de roman qui peine à vraiment trouver son
rythme de croisière, et l'on obtient donc
une sixième cuvée qui ne manque
pas de défauts, et cependant non dénuée
de sérieux atouts, sachant autant se renouveler
que persister dans tel ou tel partis-pris, mais
qui, au-delà du phénomène
entourant la saga toute entière, n'est
rien de plus qu'un bon roman, parfois traversé
de fulgurances, comme on en compte en fin de compte
beaucoup chaque année...
Ce qui n'est déjà pas si mal !

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