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This is the end... Après
10 ans, cette fois, nous y sommes, chers amis.
La saga littéraire, fantasy ou non, la
plus médiatique que l'on ait jamais connue
se termine avec ce septième et ultime volume,
roman le plus attendu de l'année, de la
décennie, de tous les temps !
Pour quel résultat ? Les deux tomes précédents,
avec leurs qualités et leurs défauts,
avaient su déjà faire basculer les
aventures d'Harry sur un versant plus mature,
où des questionnements politiques et moraux
venaient se mêler aux thèmes déjà
abordés du deuil ou du prix de l'amitié.
Après deux ans, J.K
Rowling est-elle désormais parvenue
à trouver le dosage idéal ?
Il nous appartient de répondre par la négative,
quand bien même l'essentiel du roman se
dévore, en grande partie motivé
par l'envie de découvrir les derniers mystères
savamment entretenus par l'auteur. Et pas forcément
à cause de la mécanique de l'intrigue
globalement bien huilée, avec néanmoins
un bémol à ce sujet, principalement
dans son second tiers.
Revenons ainsi un instant sur les choses qui fâchent
: Si Rowling sait rendre la destinée de
certains personnages poignante, son trio de héros
est toujours frappé par la malédiction
des relations dignes d'un soap opera
: à ce titre, l'ultime chapitre, 19 ans
dans le futur, est un modèle de fadeur,
quand l'émotion devrait nous prendre à
la gorge, ou bien nous apporter un sentiment de
plénitude, et les dialogues sonnent parfois
un peu creux, tout au long du roman. Quelques
facilités scénaristiques sont également
de la partie, la marque de l'auteur se faisant
sentir en arrière-plan, mais avouons que
cette impression demeure légère.
A présent lancé dans une Quête
méritant bien une majuscule, Harry enchaîne
donc les épreuves à la recherche
des Horcruxes, Rowling évitant heureusement
de faire basculer le lecteur dans un certain ronronnement
que cette chasse au trésor, un artefact
après l'autre, aurait pu provoquer. De
découvertes en découvertes, toujours
sans oublier des changements de décors
bienvenus, l'auteur réussit à nous
passionner, jusqu'à ce que la tension atteigne
son maximum lors de la bataille de Poudlard...
Mais, au-delà de tout cela - les séquences
de pure action enflant au point que les aventures
d'Harry puissent être qualifiées
d'épiques - Rowling parvient surtout, comme
avec Voldemort dans le tome précédent,
à nous démontrer que l'Ecole des
Sorciers est désormais bien loin : vous
ne regarderez sans doute plus jamais Dumbledore
comme avant, que cela soit pour le meilleur ou
pour le pire... Son rôle et sa propre destinée
planent sur ce tome, autant que ceux de son protégé,
Le Garçon qui a Survécu il y a 17
ans, et plus que jamais, l'auteur parvient à
faire ressentir ce que les parents d'Harry avaient
dû alors connaître, et plus encore
: la traque permanente des Mange-Morts, la main-mise
de Voldemort sur le Ministère, le désespoir,
la réalité crue et cruelle des morts
qui s'accumulent...
Sur ces plans-là, Rowling obtient une véritable
réussite qui se traduit également
par un savant usage du fan service à
destination des passionnés : Neville et
sa grand-mère, la révolte de Poudlard,
des scènes marquantes à la pelle...
Et Rogue, évidemment. Il faut patienter
longtemps pour que le Prince se révèle,
mais, en quelques pages à peine, il ne
décevra personne, qu'on l'aime ou qu'on
le déteste. Avec lui, comme dans le cas
de bien des personnages, on sent tout l'attachement,
plutôt que l'affection, que l'auteur porte
à ses créations qui l'auront hantée
des années durant, la propulsant au firmament.
Un parcours semé d'embûches, tout
comme celui de son héros.
Pesant, amer, ce roman n'est toutefois jamais
morose, la plupart du temps très prenant,
et, là encore, parcouru de fulgurances
qui le tirent généralement vers
le haut. Il ne lui manque donc pas grand chose
pour tutoyer les sommets. Peut-être un peu
plus de travail éditorial, quand l'auteur
paraît elle-même engagée au-delà
du raisonnable dans le cirque promotionnel entourant
ses romans, un cirque qu'elle entretient donc
elle-même, à l'heure où scoops
et interviews pèsent pour ainsi dire autant
que le contenu des romans...
Mais ne boudons pas notre plaisir : celui-ci est
loin d'être absent au fil des pages, et
ce septième volume se pose largement au-dessus
des blockbusters littéraires de l'été,
quand bien même en partage-t-il certains
traits ! Tant qu'il ne s'agit pas des plus regrettables,
il n'y a donc pas de quoi s'en formaliser.
Une belle et pleine conclusion.

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