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Ecrire
la suite d’un classique est un exercice difficile, et cet ouvrage
en est une preuve de plus. Entre fidélité au texte
d’origine et modernité nécessaire pour une suite
écrite un siècle après l’œuvre de
base, le grand écart n’est jamais loin. Et
évidemment, le chroniqueur, soumis aux affres de la
détermination de la note, n’est pas épargné
!
Pris indépendamment, L'habit rouge de Peter Pan
est un ouvrage pour la jeunesse plein de qualités et
d’imagination, où l’aventure surgit à chaque
coin de chapitre, avec de très bonnes idées, comme un
directeur de cirque inquiétant, des animaux sauvages, un bateau
pirate, des fées, un trésor et une randonnée
pleine de péripéties qui n’ont rien à envier
à Peter Pan.
Certes, on déplorera quelques enchaînements hasardeux dans
le dernier tiers de l’ouvrage, des répétitions
lassantes et un vocabulaire parfois un tantinet compliqué pour
le public visé, qui nécessite quelques notes de bas de
page du traducteur. Ce dernier est également mis au supplice par
les références au collège anglais d’Etton,
incompréhensibles sans précisions de ce côté
de la Manche, mais aussi par le changement de nom d’un bateau au
cours de l’ouvrage (du coup, le Jolly Roger qui n’était pas traduit dans l’œuvre d’origine devient le Joyeux corsaire
dans cette suite) et le système de notes de musique anglais
allant de A à G, et qui fait l’objet d’un
détournement enfantin intraduisible ! Mais on ressort
plutôt content de la lecture au final, et sûrement encore
plus avec moins d’une décennie au compteur !
Oui mais voilà, au lecteur lambda vient se superposer le fan de l’œuvre de Sir James M. Barrie,
et là, pas de contestation possible, c’est
jusqu’à un point de moins sur la note. Car si on sent bien
que l’auteure connaît le texte initial sur le bout des
doigts, avec des clins d’œil nombreux -dont les moindres ne
sont pas de recaser quasiment tous les personnages originaux, ne
serait-ce que pour quelques pages-, les libertés prises
confinent parfois à la trahison.
On citera en vrac le langage des fées, qui passe du tintement
à un langage parlé (Arrrrrrgh !), une haine des
mères de la part des habitants du Pays Imaginaire qui contraste
tout de même sévèrement avec les raisons du combat
de Crochet et Peter dans l’œuvre d’origine (qui aura
le droit d’avoir Wendy pour Maman?), ou une cruauté
enfantine soigneusement gommée (est-ce par esprit politiquement
correct ?) alors qu’elle était flagrante chez Sir Barrie !
Enfin, Wendy – voir Peter - manque singulièrement de
profondeur ! Tout cela dénature tout de même
sérieusement le texte initial, d’où un avis
mitigé.
Vous voilà prévenus : un bon livre pour enfants, mais qui pèche par sa filiation avec un grand classique !

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