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En voilà
un roman déroutant, autant vous prévenir
tout de suite ! Plus que la fantasy pure et dure,
c'est bien le roman médiéval, vieux
françois à l'appui, qui passe à
la moulinette de la parodie. Et le mélange
ne se limite pas à cela, puisque les dialogues
regorgent d'expressions en verlan ou utilisant
l'argot (et sans mentionner des "brozeurs"
ou "dyouk").
Bref, il y a de quoi surprendre la majorité
du lectorat ! Voire de le laisser au bord de la
route : l'entrée en matière n'est
en effet pas forcément aisée. Il
faut bien une cinquantaine de pages pour vraiment
se lancer, sans même parler de se sentir
à l'aise. Et sur un peu plus de 300, il
faut bien avouer que cet usage du langage, aussi
original soit-il, peut finir par être quelque
peu fatiguant.
Et justement, Glückster le Rouge n'est pas
un nabot comme les autres, et c'est peu dire qu'il
peut s'avérer épuisant, et ce, pas
forcément pour le lecteur cette fois !
Mauvais, retors, et j'en passe, il ne dépareille
pas dans une belle galerie de portraits, pas tibulaires,
mais presque...
Mais au-delà des efforts sur la forme (on
pourrait également citer les passages sous
forme de pièces de théâtre),
et cet univers peuplé de trognes où
souvent il n'y en a pas une pour rattraper l'autre,
la frontière est parfois mince entre gouaille
bon enfant, et simple vulgarité. De même
que l'ambiance, de prime abord versant dans le
grand guignol, contient son lot de passages assez
durs qui tranchent avec le reste.
Et si ce roman est indéniablement atypique
au milieu des sorties du moment, s'il est bien
difficile de lui attribuer une note chiffrée,
si les réactions auront chez certains de
quoi être épidermiques, dans un sens
ou dans l'autre, il n'en demeure pas moins que
Glückster n'a pas que des atouts dans sa
manche, notamment envers les amateurs de fantasy
humoristique plaçant cet ingrédient
avant toute chose.

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