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Ganesha, Mémoires de l'Homme-Éléphant. Un postulat de base
délicat, celui de raconter la dernière année de John Merrick,
le fameux homme-éléphant, surnommé ainsi en raison de sa
difformité physique. L'idée en tout cas est originale et nous
plonge droit au cœur de l'ère victorienne.
Dans sa résidence londonienne trône le dieu éléphant, on
le salue, on l'invite, on lui rend hommage. Au cœur de
l'hôpital Whitechapel, John Merrick repose sur son lit,
sa monstruosité va bientôt mettre fin à ses jours. Troublante
ambivalence qui fait tout le charme du roman, le mystère ne
sera jamais levé, même une fois la conclusion passée.
Dieu ou dingue, le personnage de l'homme éléphant est admirablement
esquissé. Il est le nexus autour duquel tournent les autres
protagonistes. Crimes et meurtres semblent attirés par sa
blancheur divine, tandis que l'homme résout les énigmes et
dénonce les coupables. L'aspect thriller, bien que secondaire,
trouve bien sa place et apporte ainsi sa dynamique à l'ensemble.
Au final, Xavier Mauméjean nous livre ici une œuvre équilibrée,
contemplative mais jamais lente. Ganesha est un roman très intimiste,
à l'opposé des blockbusters américains et en cela ô combien plus
riche. C'est une lecture subtile qui conviendra parfaitement
à tous ceux qui souhaitent découvrir une uchronie, où la magie
n'est pas évidente mais pourtant infuse chaque page.
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