| Fantastique,
démentiel, il réussit à renouveler le genre héroic
fantasy en y introduisant des personnages de nos
jours tout en bourrant son récit de trouvailles,
de surprises permanentes, bref du jamais lu....
est-ce l'esprit de tolkien qui est entré en lui
???
Darricarrere,
le 09/05/2001

Si l'intrigue est
effectivement classique dans ses grandes lignes,
je ne considère pas ceci comme un si grand
défaut. L'originalité littéraire
ne provient pas avant tout de la trame des événements,
mais de l'invention de la vie des personnages,
de leur richesse psychologique, des impressions
et des sentiments que le texte éveille
chez le lecteur.
L'une des réussites
de Kay est justement de ne pas s'être enfermé
dans un seul élément de fantasy
et d'en avoir conjugué les aspects : la
coexistence de plusieurs mondes, le pouvoir des
mages (qui tirent leur puissance de leur source,
c'est-à-dire d'une personne qui leur est
liée à vie, sorte de réservoir
d'énergie), la magie de la terre (sanglante
et primitive), la force de la Lumière,
l'intervention des dieux et des andains (demi-dieux),
l'oniromancie des prophétesses, le retour
provisoire des morts, les pouvoirs pacifiques
des Paraïko (géants que l'on croyait
disparus), la symbiose avec la nature des Dalreï
(peuple nomade, aux traits parfois proches des
indiens d'Amérique), les pouvoirs terrifiants
et maléfiques du Dévastateur, etc.
Mais cette diversité de pouvoirs n'éparpille
pas l'intérêt de l'ouvre. Si Kay
s'en était tenu, par exemple, au seul pouvoir
des mages, il en aurait probablement abusé
; c'est alors que son oeuvre se serait rapidement
essoufflée. Il a, au contraire, réussi
à disposer ces pouvoirs, à faire
jouer leurs oppositions et leurs alliances, en
variant et en entremêlant les différents
fils directeurs. C'est une tapisserie, à
proprement parler :
la trame narrative n'aurait pas pu se constituer
sans cette richesse. Par conséquent, que
l'un des éléments faëriques
ne supplante pas les autres est le gage de la
bonne tenue de l'ensemble. Kay a tissé
une Tapisserie, tant dans le fond que dans la
forme. C'est là, à mon avis, son
originalité, qui démarque précisément
sa trilogie des autres ouvrages.
En fait, je m'attendais,
avant de commencer la lecture, à une histoire
et un univers beaucoup plus proches du Légendaire
de Tolkien. Certes les lios alfar et les svart
alfar (qui ne sont pas, à ce propos, les
plus intéressants dans l'histoire) correspondent
aux Elfes et aux Orques, certes Rakoth Maugrim
est le jumeau de Morgoth, mais la correspondance
ne va guère plus loin.
Kay sait peindre la souffrance, due au fait que
tout pouvoir est à doublen tranchant. Chaque
acte se paie. Les cinq personnages canadiens qui
découvrent le monde de Fionavar l'apprennent,
chacun à sa manière - mais toujours
douloureusement.
Pour ceux qui auraient
envie de lire cette trilogie, arrêtez-vous-là,
car je vais parler d'éléments qu'il
est plus agréable, je crois, de découvrir
au fil de la lecture ;-)
La longue agonie de
Paul sur l'Arbre de l'Eté est terrible,
lancinante et émouvante. Le viol de Jennifer
(tant physique que moral) est d'une rare brutalité
: on en sort brisé. Le sacrifice de Kevin,
en revanche, unit tellement l'amour et la mort
que cela semble inéluctable. On pourrait
aussi revenir sur le prix qu'exige tout usage
de la magie (la Chasse d'Owein, apocalyptique,
m'a saisi par sa violence d'autant plus glaciale
qu'elle est dépourvue de haine).
Mais à cette souffrance répond l'amour
(sans mièvrerie aucune). Si les sacrifices
par amour sont légion en littérature
(et ailleurs), le lien qui unit le mage et sa
source suit des règles subtiles. Les relations
psychologiques entre Arthur, Geneviève
et Lancelot n'ont rien de banal, même si
on pense les connaître depuis fort longtemps.
La longue prise de conscience de Paul au sujet
de son contrôle excessif de ses sentiments
parcourt l'ouvre, et le fait évoluer plusieurs
fois. L'amitié fraternelle et guerrière
entre les deux Dalreï, Torc et Levon, et
Dave (qui devient Davor à la Hache) est
une source de joie au milieu des batailles.
Cette ambivalence est mise en lumière dans
le poignard de Lökdal : "Qui frappe
sans amour périra à coup sûr.
Qui meurt avec amour fera présent de son
âme à qui est marqué du dessin
gravé sur le manche de ce poignard".
Il ne pouvait que parvenir entre les mains de
Darien, l'enfant chaotique (à plus d'un
sens), en quête de lui-même, qui apportera
le dénouement.
Enfin, au delà de tous ces enjeux, Kay
a su tisser des personnages et des peuples hauts
en couleurs. Diarmuid est flamboyant (c'est peut-être
celui que j'ai pris le plus de plaisir à
voir évoluer), et la scène de l'accueil
fait au roi du Cathal est savoureuse. Kay nous
donne le temps d'apprécier la culture des
Dalreï (peuple nomade de la Plaine) et celle
des Nains (guerriers et artisans des Montagnes,
davantage mis en valeur que chez Tolkien). On
est loin des clichés habituels, car on
a l'occasion d'entrer dans la complexité
des rituels et de l'honneur de ces peuples. Le
récit ménage également des
respirations où transparaît une certaine
douceur : Fionavar n'est pas un monde plat, sans
âme : le lecteur y entre en même temps
que les cinq canadiens et prend plaisir à
le parcourir.
Bref, mon avis est loin d'être tiède
: la Tapisserie de Fionavar est digne de figurer
parmi les meilleurs ouvrages de Fantasy :-)
Fangorn,
le 13/08/2001

Vous qui voulez
vous lancer dans la lecture d'un roman de fantasy
mais qui ne savez pas par où commencer,
arrêtez-vous sur cette page consacrée
à la tapisserie de fionavar, car vous avez
trouvé votre bonheur.
En effet, je suis un lecteur de
science fiction depuis quelques années
mais je ne m'étais jamais trop intéressé
à la fantasy jusqu'au "Seigneur de
anneaux" que j'ai adoré. Cependant,
je reprocherai à l'oeuvre de Tolkien une
certaine lenteur et souci du détail qui
ont l'avantage de "créer un monde"
mais qui éloignent parfois le lecteur des
personnages (c'est mon avis et il n'engage que
moi). Ensuite, je me suis lancé dans la
lecture de la tapisserie de fionavar. Et ce fut
la révélation : comment ne m'étais-je
jamais intéressé à la fantasy
avant! Quel bonheur, quel plaisir de lire la tapisserie.
La tapisserie de Fionavar s'inspire
fortement du Seigneur des anneaux et en réunit
les qualités primordiales, mais Kay y apporte
une action plus rapide et une plus grande profondeur
dans la description de la psychologie des personnages.
Par ailleurs, Kay introduit le
theme du sexe dans sa trilogie, ce qui humanise
les protagonistes, les rendant plus proche de
nous car moins angéliques, moins purs que
les personnages de Tolkien. Ainsi Kay a tout fait
pour que l'on s'identifie rapidement à
ces héros, ce qui nous causent, je vous
le garantit, une réelle et grande peine
lorsque Kay "tue" l'un d'eux.
En conclusion, même
si Kay n'a pas fait dans l'originalité,
il a su créer une trilogie que vous ne
lacherer pas avant d'en avoir vu la fin, et une
fois la dernière page tournée, les
héros dépeints par Kay vous manquerons
cruellement et vous regretterez qu'il n'ait pas
plutôt écrit une quadrilogie, voire
une pentalogie
Ludo,
le 12/04/2002

Je n'ai pas lu toute
la trilogie, mais vraiment, j'ai été
décu. Je ne me souviens plus bien de l'histoire,
et pourtant je n'e l'ai pas lu il ya longtemps
(c'est vous dire s'il ma marqué) Bref,
les personnages me semble tiré d'une sitcom,
et l'histoire n'a rien d'original. Ce n'est pas
un mauvais livre, c'est même pas mal mais
la personne qui me l'a fait lire m'en avait dit
énormement de bien et j'ai été
très décu.
Boebis,
le 13/08/2002

|