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Les fans du Prince
des Ruines, ancien empereur albinos de l'Île
des Dragons, avaient déjà pu prolonger
l'expérience avec Les contes du loup
blanc, recueil de nouvelles en deux tomes
- chez Pocket - d'auteurs anglo-saxons,
en hommage à la création la plus
connue de Michael
Moorcock...
Voici maintenant la même chose version frenchie,
avec 19 récits collectés par Richard
Comballot, que l'on ne peut que féliciter
pour cette initiative et le travail qu'elle a
dû exiger afin de la mener à bien.
Passée l'introduction de Moorcock himself,
un peu courte malheureusement - mais où
il fait part de son envie d'un réalisateur
français pour Elric ! Flatterie ou réel
désir de sa part ? - on entre aussitôt
dans le vif du sujet, avec une nouvelle de Léa
Silhol, qui signe d'ailleurs l'une des plus réussies.
Mais il ne s'agit pas de les passer en revue une
par une en distribuant bons et mauvais points.
La critique d'un recueil de ce type n'est jamais
aisée.
Toujours est-il que les auteurs les plus attendus
proposent en général les récits
les plus marquants. Pierre
Pevel, Xavier
Mauméjean, ou encore Pierre Bordage
ne déçoivent pas, loin de là.
Classique ou plus original, certains imposent
même leur patte au personnage, tel Johann
Héliot, même si sa nouvelle s'avère
au final un peu vaine, bien que basée sur
une idée très... rock'n roll (Stormbringer
transformée en guitare électrique,
il fallait y penser) ! Mention aussi pour Ayerdhal
en duo avec Eric Cervos, transposant Elric dans
le Londres de Jack l'éventreur...
On le voit, les idées ne manquent pas,
mais toutes ne font pas mouche, tel un Elric dans
un MMORPG futuriste, mais au moins ont-elles le
mérite d'essayer des approches inédites.
Ce n'est malheureusement pas le cas de toutes,
certaines se contentant de reprendre la formule
développée par Moorcock, soit une
petite aventure sans réelle incidence pour
son héros. Eh oui, lui-même n'a pas
écrit que des perles... Frères
des hyènes se rattrape par son ambiance
réussie, quand d'autres se survoleraient
presque, La forteresse de l'obscur par
exemple se révélant assez symptomatique
de cet état de fait : plutôt portée
sur la pompe, l'histoire se lit avec raideur,
ne parvenant pas à réveiller le
souvenir de ces premières lectures, ces
premières découvertes des aventures
désabusées du Prince Albinos.
Une ou deux nouvelles en moins, ou un ou deux
auteurs en plus (Michel
Pagel, au hasard ?), aurait peut-être
été préférables, mais
cela n'enlève cependant rien à la
valeur et à la cohérence remarquable
de l'ensemble, pour un recueil de cette ampleur.
Sans aucun doute donc, un achat plus que recommandé
pour tous les amateurs du dernier souverain du
glorieux Empire de Melniboné, dix fois
millénaire !

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