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Chaque année,
des dizaines de petits nouveaux apparaissent parmi
les publications fantasy outre-Atlantique, et
en 2005, Brandon
Sanderson en a fait partie. Premier roman
de ce jeune homme de 28 ans, entouré d'un
certain buzz pour ne pas dire d'un buzz
certain, que peut-on finalement en dire ?
Eh bien, que sa bonne réputation ne tient
pas à une affaire de communication. S'ouvrant
sur une situation ne manquant pas de piquant et
d'originalité, l'auteur n'en démord
pas au fil des pages, alliant humour et aspects
de l'intrigue finalement beaucoup plus sombres
avec bonheur et faconde.
Avec une histoire tenant sur un seul tome, de
nombreux personnages et sous-intrigues, Sanderson
n'oublie pourtant pas en route l'un des ingrédients
les plus primordiaux, à savoir, la crédibilité
de son récit. Les motivations ne demeurent
pas obscures par manque de justification, on ne
nous force pas à apprécier coûte
que coûte tel ou tel personnage...
L'originalité pregnante de ce roman entraîne
malgré tout quelques points plus discutables,
car allant peut-être un peu trop loin (le
personnage de Hrathen, par exemple, fanatique
religieux), mais la ville d'Elantris elle-même
étend ses ombres sur ce roman, lieu ô
combien digne de se retrouver au coeur du récit,
quand tant de cités soi-disant mythiques
nous sont présentées à des
centaines d'exemplaires par an, là encore.
Sanderson sait se distinguer sans problème
de la masse, disposant qui plus est d'une plume
caustique et fluide, la lecture en anglais n'étant
pas très ardue, un argument intéressant
pour les lecteurs francophones désirant
tâter des versions originales. Outre le
fait que cette histoire se termine en un tome,
son chapitrage rythmé nous plonge aisément
dans ses rouages pour ne plus nous en extraire
avant la dernière page.
Un peu d'air frais et d'enthousiasme ne gâtent
évidemment rien dans le paysage actuel
de la fantasy, bien au contraire, et on pardonnera
donc d'autant plus facilement de menus travers
de débutants (gestion du temps ou style
si délié qu'il ne se montre peut-être
pas toujours assez soutenu).
Et pour les réfractaires à la langue
de Shakespeare, la VF arrivera bientôt chez
Calmann-Lévy !

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