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Publier un livre, obtenir la reconnaissance des Lettres, voilà le rêve d'un
grand nombre d'écrivains en herbe. Il y a ceux qui restent au stade du rêve,
et d'autres qui passent à l'action, pour le meilleur et pour le pire. Avec
Eddy Magior à l'école des puissances du néant, nous sommes là
face au pire, avouons-le dès à présent.
Commençons par le commencement : un titre aussi long, contenant le nom du héros
et la mention d'une école magique aurait sûrement pu être évité, si le travail
d'édition avait été correctement mené. Ce titre prend place sur une couverture
hideuse, réalisée avec un montage pixellisé à outrance frôlant le ridicule.
Après cette première impression effet douche froide, beaucoup se seraient
découragés, mais les chroniqueurs d'Elbakin.net figurent parmi les plus
courageux lecteurs de la toile. Donc, étape suivante : la quatrième de couverture.
Là, on découvre une sorte d'autobiographie de l'auteur Jean-Pierre Bâchet,
totalement incompréhensible et pathétique, écrite à base de métaphores astronomiques
et mystiques.
Bien, bien, soyons un peu ouverts et... ouvrons le livre ! L'histoire commence avec
un jeune couple qui gagne au loto, devenant alors le plus heureux de la terre.
Le pouvoir de l'argent comme introduction à une histoire destinée à la jeunesse,
ça promet. Dans les premières pages du livre, le lecteur a le droit à pas moins de
trois scènes de prises de rendez-vous téléphoniques d'une vingtaine de lignes chacune.
Des scènes passionnantes évidemment. A côté de cela, la jeunesse du héros Eddy Magior
se déroule sur à peine deux paragraphes. Le contenu du livre frôle en permanence le
pathétique, comne l'illustre par exemple le nom des personnages secondaires (le notaire
appelé M. Notarius, un astrologue nommé Astrolgus et j'en passe).
Au niveau du style, il est rare de voir un ouvrage contenant un tel nombre d'erreurs
de syntaxe et de grammaire. Dans la plupart des phrases, des virgules coupent le sujet
et le verbe, ce qui rend le propos inintelligible. Pour ses dialogues, l'auteur tente
de nous montrer qu'il maîtrise un vocabulaire varié. Résultat : les enfants s'expriment
comme des énarques, alors que les descriptions adoptent facilement un style parlé. En
plus, la trame du récit s'avère quant à elle impossible à suivre.
En résumé, si tous les livres méritent d'être écrits, tous ne méritent pas d'être lus.

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