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Tome
1, Le Maître des Ténèbres
:
Sivesh, l’enfant mortel, a bien de
la chance : le Maître des Ténèbres
en personne l’aime comme un fils et
lui donne tout ce qu’un simple humain
peut souhaiter. Pour le satisfaire, il a
fait pousser la belle Ferajin, Fille-de-Fleur.
Mais Sivesh grandit, il veut connaître
la Terre des hommes et vivre sa propre vie.
Le Maître des ténèbres
accepte ; il n’oubliera pas de se
venger. Comme tous les démons, il
aime torturer les hommes par des enchantements
et des cauchemars ; pour lui, c’est
un jeu. Bientôt il ne reste plus à
Ferajin que ses yeux pour pleurer. De là
naît le collier des sept larmes, qu’on
ne peut voir sans le désirer et qu’on
ne peut désirer sans tuer celui que
le détient. Alors, la malédiction
se répand de proche en proche, dansant
sur toute la Terre une sarabande endiablée.
Pour les hommes, la vie n’est plus
qu’un long supplice ; en eux grandit
la Haine – pas l’art de la haine
que les démons cultivent pour s’amuser,
mais la Haine insatiable qui dévore
tout et peut détruire le monde. Le
Maître des Ténèbres
a-t-il voulu cela ? Comprendra-t-il qu’il
ne peut se passer des hommes ? |
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Tome
2, Le Maître de la Mort :
Simmu, né d’une vivante et
d’un mort, peut devenir tour à
tour fille ou garçon. Sous la forme
d’une fille, il séduit Jirem,
un jeune prêtre qui ne se pardonne
pas d’avoir succombé à
l’horreur de la chair et qui, reniant
ses vœux, demande à servir Ajrarn,
prince des Démons. Mais Ajrarn lui
préfère Simmu. Mieux : il
lui offre une occasion de conquérir
l’eau d’Immortalité échappée
de la Terre des Dieux ; il construit pour
lui Simmurad, la cité des immortels.
Triste cité, dont les habitants ont
oublié le désir et vivent
dans une morne apathie : Ajrarn a une façon
perverse et bien à lui de combler
ses favoris de cadeaux désespérants.
Pourtant Uhlumé, le Seigneur de la
Mort, ne s’en satisfait pas : il veut
retrouver son pouvoir sur les hommes ; il
refuse l’impossible suicide de Jirem
et le lance à l’assaut de Simmurad.
Les deux amants – l’invulnérable
et l’immortel – s’affrontent
dans un combat dantesque où il ne
peut y avoir de vaincu. |
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Tome
3, Le Maître des Illusions
:
Chuz, Prince de la Folie, a-t-il le droit
de traiter les hommes comme des jouets ?
Ce n’est pas l’avis d’Ajrarn,
le plus beau et le plus cruel des seigneurs
démons, qui se réserve ce
plaisir pour lui tout seul. Or, Chuz choisit
un roi ambitieux, le souille de sa démence
et le pousse à construire une tour
géante qui importune les dieux. Contre
cet édifice délirant, leur
courroux sera terrible – ce qui d’ailleurs
n’est pas pour déplaire au
Maître de la Folie. Mais Ajrarn, irrité,
entre en guerre contre lui. De là
cent ans de carnage, où Ajrarn connaît
l’amour avec une mortelle, Ame-de-Lune,
et lui fait un enfant : une petite fille
aux cheveux noirs comme l’âme
de son père et à la peau pâle
comme la clarté lunaire. Ame-de-Lune,
fille parfaite, est protégée
par les sortilèges de son amant et
semble immortel. Mais Chuz veille : il a
recueilli une goutte de sang cristallisé
d’Ajrarn et saura en faire usage.
Au risque de provoquer une terrible vengeance… |
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Tome
4, La Maîtresse des Délires
:
Ajriaz est fille d’Ajrarn, le Maître
des Ténèbres, et d’une
mortelle, Ame-de-Lune. Elle a grandi dans
une île voilée de brume, gardée
par des esprits, destinée à
vivre en rêve. Mais sa beauté
attire le Prince Chuz, Maître des
Illusions, qui la libère de sa prison
et fait d’elle la Maîtresse
des Délires. A la fois démoniaque
et humaine, elle peut supporter le jour
fatal aux démons et la nuit qu’ils
chérissent. Pourtant elle ne sait
pas que son amant est à la fois son
oncle, son parrain, et le meurtrier de sa
mère ; elle ne se doute pas qu’Ajrarn
prépare une terrible vengeance. Tour
à tour déesse, reine, fugitive,
championne et prophétesse, elle affrontera
l’ultime alternative : devenir une
pure démone, immortelle mais condamnée
à vivre une seule vie ; opter pour
la condition humaine, cycle éternel
de morts et de réincarnations. Chuz
lui a donné le pouvoir de se suicider
– un choix sur lequel on ne revient
pas… |
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Tome
5, Les Sortilèges de la Nuit
:
Le Prince Chuz, Maître des Illusions,
a enlevé Ajriaz, la fille du Maître
des Ténèbres. Les deux amants
se sont enfuis chez les hommes pour échapper
à la vengeance du Seigneur du Mal
réduit à l’état
de père outragé. Mais tous
ces démons, au plus fort de leur
vendetta, n’oublient ni leurs pouvoirs
ni leur malice ; les hommes qu’ils
rencontrent vont d’enchantement en
enchantement, de malédiction en malédiction.
La forêt des sortilèges comble
les vœux d’un petit esclave persécuté
mais châtie cruellement ses maîtres.
Un prince charmant et une belle princesse,
à la suite d’un message lu,
s’attendent l’un l’autre
en vain pendant des siècles. Ajriaz
elle-même trouve le moyen de renaître
dans une enveloppe charnelle où elle
pourra finalement se vouer à l’amour,
à son impossible amour pour Chuz
– le tout sous le signe du cinquième
seigneur démon.
Mais qui est donc ce mystérieux personnage
?
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S’il fallait
trouver un mot pour décrire Le Dit de la
Terre Plate, ce serait « poétique
» sans hésitation, mais cela nous
obligerait à réduire injustement
un monde riche et coloré à une seule
de ses qualités. En effet, cette terre
plate soignée par son auteur, Tanith Lee,
est parfumée d’une ambiance suave,
musquée, épicée d’orient
et emportée par une mythologie qui lui
est propre et dans laquelle se déploie
librement l’imagination de l’auteur.
On a parfois parlé des Milles et Unes Nuits
en comparaison, et pas vraiment à tort,
notamment pour ce qui est de la forme puisque
les cinq tomes qui composent Le Dit de la Terre
Plate se divisent en nouvelles, autant de contes
qui adoptent un ton mythologique et font de nous
les témoins des aventures de cinq personnages
surnaturels qui croisent le destin des mortels
dans un monde oublié par ses Dieux. Ce
sont ces personnages qui constituent réellement
le liant du récit et nous baladent à
travers les âges : Ajrarn, le Maître
des Ténèbres, qui règne sur
la cité souterraine nommée Druhim
Vanashta et sur ses habitants, tel le Diable de
nombreux contes qui nous sont familiers, il se
permet des incursions dans le monde des mortels
pour y conclure pactes et marchés qu’il
aimerait être toujours à son avantage,
mais on constate, au fil du récit, que
même celui qui voudrait être adoré
par tous comme un Dieu, et qui en possède
d’ailleurs bien des pouvoirs, se fait parfois
prendre à son propre jeu, il est le véritable
héros de ces livres, fascinant, émouvant,
attachant et parfois plus humain qu’il ne
voudrait l’admettre ; dans ce monde mystérieux
se promène aussi Chuz, Le Maître
des Illusions, la Folie pour parler plus clairement,
jeune homme aux deux visages mais qui ne se révèle
entièrement qu’au prix de votre santé
mentale ; Kheshmet, le Destin, personnage aussi
énigmatique que la notion qu’il personnifie,
apparaît parfois au détour d’une
route, jamais par hasard ; Uhlumé, Le Maître
de la Mort, homme froid en apparence, il règne
sur un royaume statique mais n’est pas,
lui non plus, à l’abri de se laisser
émouvoir par les mortels ; et enfin Ajriaz,
fille du prince du Maître des Ténèbres
et d’une mortelle, et qui ne cède
rien à son père en mystère.
Bien qu’il y ait une progression dans le
récit, le format de ces livres ne vous
empêche pas de les lire dans le désordre,
j’ai d’ailleurs, personnellement,
un gros faible pour le troisième tome,
qui nous conte une histoire d’amour si poignante
que je la classe sans hésiter parmi les
plus belles de la fantasy.
Autre élément toujours présent
dans cet univers et qui nous rappelle une nouvelle
fois les Milles et Unes Nuits, l’érotisme,
un érotisme cru et sans tabous, mais fondu
dans cette ambiance poétique (toujours
cette poésie !) de telle manière
qu’il fait partie intégrante des
sentiments des personnages et de l’évolution
de récit, il se justifie en somme.
Que dire d’autre, la poésie, toujours
cette poésie non dénuée d’une
certaine cruauté ou de violence et qui
vous transporte à travers ces contes, parfois
de qualité inégale et manquant un
peu de cohérence, mais on le pardonne aisément
devant une ambiance générale qui
vaut le détour et des personnages séduisants
et attachants.
Seul point vraiment noir, cette série est
épuisée chez Pocket, mais si vous
tombez sur l’un des tomes en flânant
chez un libraire, surtout n’hésitez
pas une seconde, vous n’aurez peut-être
pas d’autre chance de le lire !

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