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Petit à petit,
les romans signés Megan Lindholm se multiplient
en version française, et l'alter ego de
Robin Hobb semble en passe de s'affirmer elle
aussi comme une plume parmi celles à retenir...
Dans cet ouvrage vieux de près de 15 ans,
première tentative de l'auteur de narration
à la première personne, l'ambiance
tient une part prépondérante dans
l'étrange sentiment, concentré de
sensations, qui étreint le lecteur. D'autant
plus surprenant que les cent premières
pages pourraient être tirées d'un
roman de littérature générale,
sans aucun lien particulier avec la fantasy, un
peu comme dans son Dernier
Magicien, qui laissa un certain nombre
de lecteurs quelque peu circonspect sur la façon
de le considérer.
Mais, lorsque l'histoire, tout autant qu'Evelyn,
basculent dans l'univers de ces forêts d'un
autre âge, sans repère ni tabou,
l'atmosphère à la fois sauvage et
poisseuse, nous étreint peu à peu,
inexorablement. Le personnage d'Evelyn, jamais
véritablement intégré de
l'un ou de l'autre côté de la lisière
de la forêt, incarne une personnalité
complexe qui assurément détonne,
bien loin de certains standards de la Fantasy.
L'auteur nous entraîne donc hors des sentiers
battus, avec une originalité peu commune,
bien que l'on ne pourra la qualifier de rafraîchissante...
Vous l'aurez compris, à nouveau, la face
Lindholm risque de déconcerter sans doute
une partie de son lectorat habituel, tant on est
loin d'un Assassin
Royal ou des Aventuriers
de la Mer.
Est-ce un mal ? Certes, non ! Est-ce que cela
fait le seul intérêt, l'unique sel,
de ce roman souvent brut et charnel ? Pas plus.
Mais une chose est sûre, on ne revient pas
forcément indemne de ce voyage souvent
obscur, et il ne devrait pas convenir à
tous les lecteurs, indépendamment de ses
qualités...

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