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Edgar
Rice Burroughs n'est pas que le père
de Tarzan, sans doute son héros le plus
connu au niveau mondial... En seconde position
- du moins aux Etats-Unis - demeure John Carter,
capitaine virginien de l'armée confédérée,
qui se retrouve un jour transporté dans
le passé de Mars, alias Barsoom. Non, il
n'est pas question ici du médecin des Urgences
de Chicago !
Un monde exotique, qui se meurt, mais qui offre
la part belle à des aventures épiques
s'il en est. John Carter multipliera en effet
les rencontres les plus incroyables, tout en croisant
bien sûr, l'amour, avec la belle et farouche
Dejah Thoris, princesse martienne.
Originellement publiés en feuilleton, le
ton particulier de ce format se sent encore à
travers la plupart des romans du cycle, par le
biais d'un savant suspense, et de rebondissements
à intervalles réguliers. Burroughs
ne manque pas non plus d'imagination, ce que l'on
savait déjà, il suffit de jeter
un oeil à son incroyable bibliographie
! Toutefois, l'auteur a pris la peine d'apporter
des changements, généralement sur
la forme, concernant la parution en romans, plus
soignée.
Fatalement, avec un cycle aussi long, qui se transforme
même en saga familiale au fil du temps (John
Carter étant le véritable premier
rôle de quatre romans seulement), difficile
de ne pas avoir droit par moments à certaines
répétitions, de même qu'une
tendance ici ou là à la surenchère.
Il s'agit après tout de l'un des vénérables
ancêtres du genre, entremêlant violence
et ambiance luxuriante, où notre héros,
meilleur épéiste de deux mondes,
fait jouer ses muscles (un peu) plus que sa tête,
un ancêtre finalement pas très éloigné
de telle ou telle aventure de Conan. (Et l'on
ne s'étonnera donc pas d'avoir vu Barsoom
souvent illustrée par Frank Frazetta !)
Les trois premiers volumes constituent une vraie
trilogie, à part entière, et on
peut d'ailleurs imaginer que si l'auteur s'était
arrêté là, la popularité
de son héros serait bien plus grande encore.
Les suites ne sont pas médiocres ou inutiles
pour autant, attention. Burroughs en profite pour
nous faire parcourir de nouveaux territoires,
affronter par le biais de ses héros des
ennemis inédits, parmi les plus marquants
de l'ensemble (Ras Thavas) des 11 tomes... S'il
fallait malgré tout en citer un, Les
hommes synthétiques de Mars n'offre
guère de choses à sauver. Ce qui
n'empêche pas le cycle de Mars d'être
la série de Burroughs sans doute la plus
homogène sur le plan de la qualité.
Mais John Carter, c'est aussi l'alliance entre
la Fantasy et la Science-Fiction (une Science-Fiction
loin de la hard-science bien sûr), le cycle
empruntant aux deux genres, se jouant des frontières
et des carcans. Barsoom, tout comme le monde de
Tarzan ou bien Pellucidar, est un univers d'une
indéniable richesse, avec son histoire,
sa faune surprenante, ses races (tenez, des Siths
par exemple...)... Une planète Mars qui
a donc de quoi faire rêver, et dotée
d'un cachet tout particulier, sans se révéler
forcément désuet pour autant !
A noter que les éditions françaises
de ce cycle ont été laborieuses,
entre les faillites d'éditeur, les romans
ne conservant pas leur titre d'origine, (Le tome
4 VF reprenant le titre du tome 1 VO chez Édition
Spéciale...) et autres problèmes
d'indisponibilité.
Cette critique a été réalisée
par le biais de l'édition en deux tomes
de l'intégrale du cycle aux éditions
Anankê en 2002, mais les couvertures
présentées sont celles de l'édition
parue chez Lefrancq quelques années
auparavant.

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