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Volume
4, Dragonspell :
Pendant des années, les provinces
de Deverry furent bouleversées, mais
le conflit atteint de nouveaux sommets avec
l'enlèvement de Rhodry, héritier
du trône d'Aberwyn. Afin de le secourir,
sa bien aimée Jill et le magicien
Elfe Salamander abordent l'île lointaine
de Bardek, où Rhodry est détenu.
Lié à Deverry par de multiples
obligations, le magicien immortel Nevyn
commence à voir que tous les problèmes
du pays proviennent d'une même source,
son ancienne ennemie, une maîtresse
en magie noire, soutenue par un réseau
maléfique qui s'étend au delà
des mers. Réalisant cela, Nevyn comprend
que lui aussi est attiré vers Bardek,
dans un piège subtil et mortel... |
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A priori, les
cycles de Deverry (il y a deux suites, de 4 volumes
chacune) reposent sur des thèmes classiques
de la Fantasy : on y retrouve une ambiance fortement
celtique, des magiciens, des sorciers, des Elfes,
des combats, une société médiévalisante,
la civilisation esclavagiste dans le sud, le tout
pimenté par une histoire d'amour, bien
compliquée, c'est vrai. Et n'oublions pas
nos précieuses cartes, lexiques, guide
de prononciation, etc... Bref, nous avons là
un univers fort bien construit... Mais, c'est
quelque chose que nous retrouvons fréquemment
en Fantasy...
Pourtant, cette série se distingue... Déjà,
purement anecdotique, on oublie l'ambiance irlandaise.
Katharine Kerr préfère visiblement
les ambiances galloises. Le guide de prononciation
devient alors une nécessité absolue.
Ainsi, le nom de l'un des principaux protagonistes,
le vieux magicien Nevyn, se prononce-t-il No One,
Personne. La genèse de ce nom est expliquée,
rassurez-vous. Les noms sont déjà
bien plus dépaysants que d'ordinaire...
Même si l'auteur indique une relation étroite
avec le Gallois, le Breton ou la langue de Cornouailles,
nous n'avons cependant pas la copie conforme de
l'une de ces langues. Il reste un nombre impressionnant
de W, de RH, et des suites de consonnes à
faire peur à tout amateur de scrabble !
(j'ai un faible pour le dieu Wmm...)
La qualité de l'univers, j'y reviens brièvement...
Nous avons là une étude des différentes
sociétés qui me paraît très
intéressante, pertinente, et cohérente.
La principale originalité de Deverry reste
la question de la réincarnation. La base
même de tous les romans. Si l'action principale
se situe au temps où les héros se
nomment Rhodry et Gillian (Jill), l'auteur multiplie
les flashbacks pour montrer leur relation au cours
de leurs précédentes existences.
Ces deux là ont vraiment un passé.
Mais, aucune vie n'est semblable à la précédente.
Des petits riens font évoluer les liens
d'une vie à l'autre, en bien, ou en mal.
Le cas le plus intéressant étant
Cullyn, le père de Jill dans cette vie.
Katharine Kerr joue ainsi de manière passionnante
avec ses personnages, à différentes
époques, et change même leur sexe
de temps à autre. Même brefs, comparés
à l'intrigue principale, ces flashbacks
(non chronologiques) constituent des analyses
des rapports humains très intéressantes,
et contribuent à augmenter considérablement
l'attachement que l'on porte aux protagonistes.
Ce long passé fait de l'histoire d'amour
une histoire peu banale, qui connaît une
fin... Je ne dirai rien !
Autre grand attrait de ces cycles : les «
Silver Daggers », ces guerriers bannis,
mercenaires, que l'on retrouve dans tous les romans
suivants. Leur histoire est une sorte de fil conducteur
qui parcourt les existences, et ils sont les véritables
héros. Pour connaître la totalité
de l'histoire des Silver Dagger, la lecture des
trois cycles est obligatoire...
Un léger bémol... L'auteur s'emmêle
un peu dans les différentes vies. Un phénomène
plus notable dans les cycles suivants, où
certains détails ont été
radicalement transformés. Un deuxième
cycle était certainement prévu dès
l'origine, mais, pas un troisième.

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