| Voilà donc le nouveau roman de
Neil Gaiman, auteur qui n'a pour le moment
commis pas la moindre erreur, signant un parcours sans faute. Avec Coraline,
il s'essaie au roman "pour enfants", Stardust
ne pouvant pas réellement entrer dans cette catégorie. Pour autant,
si vous pensez que vous vous apprêtez en lisant ce roman à découvrir
une nouvelle Armoire Magique, vous vous trompez. Neil Gaiman nous emmène
dans un monde beaucoup plus sombre et tortueux. Il s'amuse à réveiller
chez ses lecteurs - forcément pour une bonne part adultes car attirés
par ses travaux précédents - des peurs enfantines que l'on croyait
oubliées. Mais le frisson est délicieux. L'imagination foisonnante
et subtile de Gaiman frappe encore et l'on se surprend à penser à
Lewis Caroll et son Alice au Pays des Merveilles, dans une version modernisée
et possédant bien évidemment sa propre mythologie. Après
une introduction qui remplit tout à fait son rôle mais qui semble
du coup un peu faible comparée à ce qui suit, le récit s'emballe
enfin, quoique... Ce mot ne rend pas justice à la façon dont Gaiman
nous fait basculer peu à peu dans l'étrange... Par petites touches,
parfois surprenantes, parfois anodines, le lecteur se met à trembler avec
la petite Coraline, se demandant si tout cela va bien se finir ! Connaissant l'auteur,
il y a de quoi en douter, surtout avec cette ambiance bien plus sinistre que tout
ce que l'on a l'habitude de voir dans un livre pour enfants... Mais Coraline est
attachante, une "vraie" petite fille, avec ses forces et ses faiblesses,
mais une enfant avant tout. Ainsi, si l'on sent comme elle qu'elle est déçue
par ses parents, Neil Gaiman n'occulte pas le fait qu'ils l'aiment sincèrement.
Et pour ce qui est des personnages, le chat est à retenir également. Qu'ajouter
de plus ? Il sera bon de ne rien dévoiler de plus au sujet de l'intrigue
pour ne pas gâcher sa mécanique soignée et policée,
et de souligner un fait important, à savoir que ce roman est illustré
par Dave McKean, le
partenaire de Gaiman sur les couvertures de son célèbre Sandman.
Coraline, une petite perle à déguster de 7 à 77
ans ! Et inutile de l'acheter pour votre petite sur ou votre petit frère
en comptant le lui emprunter à l'occasion, bondissez tout de suite ! 
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