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| Et si vous laissiez de côté
tous vos préjugés et que vous décidiez de découvrir
les véritables aventures de l'une des héroïnes les plus connues
de la littérature dite enfantine ? Popularisée par Disney
(dont le dessin animée est un mélange des deux livres) puis utilisée
" à toutes les sauces " et sans discernement, Alice a fini par
perdre son originalité dans l'imagerie populaire. Et pourtant, en replaçant
ces livres dans leur époque, au milieu du XIXème Siècle,
il est incontestable qu'ils sortent de l'ordinaire et méritent le détour
de préférence en VO ! (Jetez-vous à l'eau, c'est très
abordable, en particulier pour le premier volume). En effet, l'un des principaux
attraits de ces ouvrages est l'utilisation à tout va de la logique de l'absurde,
fondée essentiellement sur les idiomes et les tournures de phrase de la
langue anglaise. Pour éclairer mon propos, je comparerais les facéties
linguistiques de Lewis Carroll aux sketches de Raymond Devos. Mais limiter
les aventures d'Alice à de simples jeux de mots serait injuste. Il faut
aussi considérer sa formidable galerie de personnages, tous très
différents et plus loufoques les uns que les autres, et le rythme effréné
auquel Alice les rencontre
à tel point que cela frise parfois l'overdose
pour le lecteur, reconnaissons-le ! Mais poésie et nostalgie ne manquent
pas de se confondre à la lecture de ces évocations de l'enfance,
de son pouvoir de suggestion et de ses certitudes. Car si ces mondes sont des
créations oniriques de la petite Alice, lui permettant de grandir, de se
découvrir elle-même et d'assimiler les leçons des adultes,
il est plus difficile pour ces derniers d'y accéder, à l'exemple
de sa sur qui en effleure les portes dans la dernière page du premier
roman (un petit chef d'uvre à elle seule à mon avis)
ou de toi, ami lecteur, qui pourrait parfaitement y rester hermétique,
surtout si tu tentes de t'y aventurer dans la langue de Molière ! 
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