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Publié en
2002 pour la première fois, Abarat
marque la grande entrée du très
réputé Clive Barker dans la catégorie
des publications "Jeunesse". Un deuxième
tome (Jours de lumière, nuits de guerre),
sur cinq prévus au total, est paru en 2004,
mais depuis, les fans attendent toujours de voir
le troisième pointer le bout de son nez.
Il est actuellement annoncé pour la fin
de cette année, en version originale, si
tout va bien.
En attendant, le premier tome vient de finalement
paraître au Livre de Poche, et
en voici la critique. Et votre serviteur d'admettre
tout d'abord bien mal connaître l'oeuvre
de l'auteur anglais. Ce qui ne l'a pas empêché
de se retrouver instantanément emporté
dans cette plongée dans un univers particulièrement
décalé, où chaque touche
de couleurs souvent vives ne cache pas moins de
noirceur, au détour du regard. Bien sûr,
on pense rapidement au Magicien d'Oz
et au parcours de Dorothy. Bien sûr, certains
schémas, tels que ceux de l'héroïne
perdue dans un autre monde au final pas si étranger
que cela pour elle, et du grand "méchant"
ambitieux sont bel et bien présents au
coeur de l'intrigue, mais traités avec
une subtilité de bon aloi et souvent mordante.
Car voilà un roman intelligent, et pas
seulement malin. Barker a su créer de toutes
pièces des visions saisissantes (ah, l'apparition
de la mer !), un monde cohérent et magique,
mais aussi redoutable et terrifiant, peuplé
de créatures aussi étonnantes que
cruelles, stupides, attachantes.
Et n'oublions pas non plus Candy : on le sait
d'expérience, lorsqu'un récit nous
entraîne dans les pas d'un héros
découvrant une autre réalité,
il faut pouvoir compter sur un personnage aussi
attrayant que charismatique. Avec cette jeune
fille, c'est une nouvelle réussite pour
l'auteur ! Il faut dire qu'on l'apprécie
dès les premières pages, voire les
premières lignes. Et si elle n'a pas sa
langue dans sa poche, elle ne manque pour autant
de failles, à commencer par la famille
qu'elle laisse derrière elle, avec cette
vie morne dans une Amérique très
loin de faire rêver quiconque...
Comment ne pas non plus mentionner les illustrations
couleurs signées de la main de l'auteur,
et reproduites également dans cette version
poche ? A l'image du roman, elles se révèlent
des plus adaptées à cette ambiance
toute particulière et renforcent encore
notre immersion, et ce, dès la couverture.
Aussi fascinant que dérangeant, Abarat
prouve que Clive Barker est capable d'ouvrir son
imaginaire déviant vers des contrées
plus abordables et plus grand public, mais sans
renier pour autant ses caractéristiques
premières.
A ne pas réserver aux enfants !

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