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Zoo city

Titre VO: Zoo City

ISBN : 978-236270045-3
Catégorie : Aucune
Auteur : Lauren Beukes (Proposer une Biographie)

Zinzi arbore un paresseux symbiotique sur le dos, une sale habitude de faire des arnaques et un talent rare pour trouver les choses perdues. Mais quand les flics lui confisquent sa dernière paie, elle doit se tourner vers le job qu’elle déteste le plus : retrouver les personnes disparues. Engagée par Odi Huron, un producteur renommé, pour retrouver une pop star pour ado disparue, elle pense avoir son ticket de sortie de Zoo City, la ville où les pires criminels d’Afrique du Sud et leurs compagnons animaliers symbiotiques tentent de survivre. Au lieu de cela, Zinzi doit s’enfoncer dans les bas-fonds de la ville, ravagés par la magie et la criminalité, où elle devra faire face aux sombres secrets de différentes vies passés… dont la sienne.

Critique

Par Gillossen, le 25/07/2011

Balayons tout de suite les questions de classification : si les éléments de pure magie sont rares - mais bien présents -, ils sont surtout totalement intégrés dans le récit et ne surgissent pas d’on ne sait où pour surprendre les protagonistes de cette histoire. Nous sommes pour le coup plongés en pleine fantasy urbaine.
Et ce n’est rien de le dire : comme l’auteur l’affirme elle-même, la ville de Johannesbourg est un personnage à part entière. Lauren Beukes nous entraîne dans les méandres d’un cadre réaliste, évoquant notre monde et ses problèmes sans détour, souvent ancré dans la crasse. Il ne s’agit pas d’un simple décor. Arnaques par mails, allusions aux jeux vidéo, problèmes de drogues ou de violence endémiques… L’auteur n’élude rien et le cadre contemporain mais surtout crédible et actuel qu’elle nous propose nous change du tout-venant et c’est heureux.
Beukes ne fait d’ailleurs pas dans la facilité de façon générale, à commencer par le choix de son héroïne. En effet, pendant longtemps, Zinzi n’est pas un personnage facile d’accès pour qui on manifeste immédiatement de l’empathie. Sans se montrer réellement antipathique, la jeune femme - et sa vie - ne cherche pas à nous séduire, à nous faire compatir. Elle-même fait d’ailleurs preuve d’une distance certaine, maniant l’ironie plus souvent qu’à son tour.
Toutefois, le roman proprement dit ne se révèle pas particulièrement ardu, et ne cherche pas à l’être. L’enquête de Zinzi, qui évoque évidemment le roman noir, n’est pas d’une complexité renversante. De même, les zoos eux-mêmes et leurs compagnons - on appréciera le clin d’oeil à l’œuvre de Philip Pullman d’ailleurs, nommément citée - n’occupe pas forcément le cœur de l’intrigue. La magie reste généralement accessoire, simple outil au service du récit. Celle-ci se délite d’ailleurs quelque peu une fois passés les deux tiers du roman (en terme de suspense pur s’entend), avant de retrouver un second souffle jusque dans sa conclusion.
Pas de grande révélation. Pas de destin bouleversé à jamais. Pas de changement profond. Les personnages n’évoluent pas foncièrement, mais, après tout, est-ce le but ? Lauren Beukes nous propose avant tout une tranche de vie. Douce-amère. Avec ses petits instants de bonheur volés et surtout ses problèmes, ses regrets, ses doutes.
En levant le voile sur une partie du passé de ses personnages petit à petit, l’auteur ne fait qu’entrouvrir des portes, sans perdre de vue pour autant le fil de son récit, que nous suivons donc à travers les yeux de Zinzi. La fin ouverte est précisément à l’image du roman ; la vie continue. Les criminels condamnés à vivre avec leur animal symbiotique le sont toujours. Le monde ne connaît aucune évolution fondamentale. Et bien des questions demeurent.
Un mot sur le style de l’auteur, dont le goût pour les dialogues, souvent acerbes, semble évident. Avec une narration à la première personne, nous suivons donc les pensées de “l’héroïne” avec une certaine réussite. Bons mots, réflexions plus denses, utilisation régulière de vocables issus de la culture sud-africaine (le traducteur a dû s’amuser !)… Beukes a su trouver et conserver un vrai ton, qui participe grandement à la réussite du livre.
Car il s’agit bien d’une réussite, même si l’on se gardera bien de parler de roman majeur pour autant, terme souvent par trop galvaudé.
A noter une initiative sympathique : le bandeau rouge qui orne le roman n’est pas seulement là pour attirer l’œil ; il contient également un code promotionnel permettant de télécharger à moitié prix un album censé refléter la couleur musicale de Zoo city. Pourquoi pas.

7.5/10

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