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Warbreaker

ISBN : 978-236051067-2
Catégorie : Aucune
Auteur : Brandon Sanderson

Voici l’histoire de deux soeurs, Vivenna et Siri.
L’histoire du Dieu-Roi que l’une d’entre elles doit épouser, et de Chanteflamme, un autre Dieu qui n’aime pas son travail. Celle aussi de Vasher, un immortel qui tente de réparer les erreurs qu’il a jadis commises, et de Saignenuit, sa mystérieuse épée.
Dans leur monde, celui qui meurt auréolé de gloire devient un dieu. Il vit dans le panthéon de la cité d’Hallandren, et utilise la magie biochromatique, la magie du Souffle. Un Souffle qu’on ne peut récupérer qu’une fois, sur un individu à la fois.

Critique

Par Belgarion, le 27/11/2012

Le nom de Brandon Sanderson a su se faire connaître en très peu d’années dans le monde de la fantasy avec des titres tels que Fils-des-brumes, Elantris ou encore la reprise du célèbre cycle de La Roue du Temps, suite au départ prématuré de Robert Jordan.
Ses divers écrits se déroulent dans des univers très différents avec des intrigues savamment dosées aux ramifications complexes d’un cycle à l’autre. Néanmoins, tous ont comme dénominateur commun la très grande inventivité de l’auteur qui parvient à se renouveler par l’originalité de ses systèmes politiques, par ses modes de magie particuliers et grâce à la richesse de ses univers.
Warbreaker ne déroge pas à la règle en nous présentant un cadre d’histoire original centré sur Hallandren, la cité des dieux où l’adoration des déités qui vivent parmi les habitants tient lieu de mode de vie intangible pour toute une société - pour la plus grande incompréhension de ses voisins. La politique, l’économie, les fêtes, toutes les préoccupations de la population sont tournées vers ces dieux vivants qui incarnent le pays et définissent ses orientations. Chaque jour, ce sont d’innombrables offrandes qui leur sont proposées, et si d’un point de vue strictement économique et sociétal ce système ne pourrait perdurer plus de quelques années au vu des ressources consommées, on pardonne aisément cette incohérence de l’auteur en profitant de la grandeur et de la démesure de ses descriptions d’Hallandren à travers les yeux des deux héroïnes principales. Le cadre géographique contraint ne pose ici aucun problème.
De même, le système de magie biochromatique inventé dans ce livre se démarque par son inventivité, bien qu’il soit visuellement moins impressionnant que l’allomancie utilisée dans Fils-des-brumes. Ici, les dieux et les élites d’Halladren alimentent leur magie en absorbant le souffle d’autres personnes qui, sans en mourir, perdent une grande partie de leur capacité à percevoir leur environnement. Plus le nombre de souffles absorbés est important et plus les bénéficiaires, appelés “éveilleurs”, accroissent leur sensibilité, leur durée de vie et leur capacité à utiliser la couleur des choses pour effectuer de la magie. Le système cohérent et intrigant de la magie du souffle, sans être extrêmement original, renforce l’intérêt du récit.
L’histoire quant à elle nous fait progressivement découvrir les enjeux de ce monde aux couleurs vives, avec plusieurs intrigues centrées sur la guerre entre les nations d’Idris et Halladren qui se croisent tout au long du roman. Si certaines révélations telles que l’identité de l’insaisissable Vasher se laissent assez rapidement deviner, le final explosif de Warbreaker conserve un bon lot de surprises avec de nombreux retournements de situation. 
Par ailleurs, à la différence du ton sombre et parfois trop lourd de Fils-des-brumes, Brandon Sanderson se prend ici un peu moins au sérieux en conjuguant humour primesautier et moments plus dramatiques au sein de la complexe cour d’Hallandren. En agissant ainsi, il réussit à créer un savant mélange qui met en valeur les personnages. Car Warbreaker ne joue pas seulement sur la richesse de son cadre mais aussi sur des personnages travaillés rehaussant l’intérêt du récit. Ainsi, le lecteur suit avec empathie la découverte des multiples règles de la cour d’Hallandren à travers les yeux de la vive et naturelle princesse idrienne Siri qui offre un contraste saisissant et attachant avec son environnement. Sa sœur Vivenna en comparaison paraît plus effacée, moins sympathique dans la première moitié du roman. Mais le personnage le plus réussi est incontestablement le dieu Chanteflamme le Hardi qui persiste à nier sa divinité tout au long du récit en recourant à l’auto-dérision. Ses mémorables joutes verbales avec la délicieuse déesse Tissepourpre, ses réflexions pleines d’humour sur la cour ou encore ses remarques à double voire triple sens sont autant de savoureux passages qui illuminent le récit.
Warbreaker
illustre si besoin est que Brandon Sanderson est un auteur en pleine ascension, encore loin de se trouver à court d’idées en matière de high fantasy. Le ton ponctuellement plus léger de ce one-shot associé à une intrigue solide et entraînante ainsi que le système de magie intrigant forment un ensemble remarquable.

7.5/10

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