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The Gathering Storm

Tome 22 du cycle : La Roue du Temps
ISBN : 978-076530230-4
Catégorie : Aucune
Auteur : Brandon Sanderson
Auteur : Robert Jordan

Tarmon Gai’don, la Dernière Bataille, approche, et l’humanité n’est pas prête.
Rand al’Thor, le Dragon Réincarné, s’efforce d’unir les royaumes sous sa bannière pour se dresser contre le Ténébreux. Mais lui-même devient de plus en plus radical dans son comportement et ses attitudes…
Pendant ce temps, Egwene al’Vere, désormais prisonnière de la Tour Blanche, va pourtant elle aussi devoir s’imposer alors que les Seanchans s’apprêtent à passer à l’attaque.

Critique

Par Gillossen, le 24/02/2010

Nous avons déjà eu l’occasion de dire beaucoup de choses au sujet de ce roman. De la mort du regretté Robert Jordan à l’annonce de la reprise de la série par Brandon Sanderson, en passant part les fréquentes mises à jour de celui-ci sur son site officiel nous renseignant sur l’avancement du projet, à la « controverse » entourant le découpage en trois volumes de cet ultime tome représenté par le titre A Memory of Light… Les fans ont suivi l’évolution du projet de près. Les autres, non, de peur d’être « spoilés » ou par désintérêt pour une série qui a perdu de sa superbe au cours des dix dernières années.
Difficile de le nier. Pour un Winter’s Heart, combien de Crossroads of Twilight ? Bien sûr, Robert Jordan a indéniablement su tisser une toile immense, aux ramifications impossibles à embrasser d’un seul regard. Bien sûr, Rand n’est pas le seul personnage à retenir l’attention des lecteurs, et de loin (cela dit, tous ceux qui le trouvent falot n’ont probablement pas dû dépasser les deux premiers tomes. Aucun reproche dans cette remarque, mais une simple constatation). Mais c’est bien l’approche de la Tarmon Gai’don, la fameuse Dernière Bataille qui doit décider du sort du monde, qui nous titille désormais. Et elle n’a jamais été aussi imminente que maintenant.
Dès les premières pages du roman, l’ambiance est posée. La tempête menace, aucune tromperie sur la marchandise en vue. Et à partir de là, les choses iront crescendo, les scènes happant toute notre attention n’étant pas forcément réservées au final. L’expression « morceau de bravoure » est souvent galvaudée, mais que dire ici ? Non seulement les auteurs en donnent pour leur argent aux amateurs de spectaculaire, mais surtout, la dimension psychologique, notamment chez Rand, encore et toujours, n’est jamais mise de côté. Au contraire, au contraire, particulièrement ici.
Conséquence, toutefois pas toujours bien maîtrisée : certains passages sont parfois si réussis que d’autres, qui n’ont pourtant rien de déshonorants en tant que tels, en pâtissent. Abondance de biens ne nuit pas, dit-on pourtant… Cela dit, avouons que les chapitres concernant Gawyn, ou même Egwene, ne sont pas tous particulièrement palpitants. Il en résulte donc un certain déséquilibre, car la lutte d’Egwene pour l’unification de la Tour Blanche représente tout de même l’autre grand axe du roman. Mais il n’est pas question de longueurs ou de maladresses particulières ; simplement, le lecteur est irrésistiblement happé par le destin de Rand, quand les intrigues de la Tour, bien que très importantes à l’échelle du monde de la Roue du Temps, ne proposent pas de changements fondamentaux.
Cependant, à l’image du final ouvert, à l’équilibre entre intime et grand spectacle parfaitement réussi, Brandon Sanderson a abattu un boulot proprement renversant.
Il le dit lui-même, il n’a pas essayé de copier le style de Robert Jordan. Et c’est tant mieux. Si l’auteur savait évoquer des visions grandioses et avait su créer l’un des univers de fantasy épique les plus connus qui soient, sa plume n’était pas exempte de tout reproche, dont Jordan n’était pas forcément responsable (on se souviendra que son éditeur avait précipité les sorties des trois derniers tomes de la saga…). Certaines répétitions ou descriptions « à rallonge », tout en faisant partie intégrante de la Roue du temps, étaient en quelque sorte devenues « légendaires » par elles-mêmes, à l’image de certaines réactions de ses personnages féminins. Ici, tout en ne sentant jamais dépaysé, le lecteur a malgré tout l’impression d’un récit plus dynamique, la densité du scénario aidant. Plutôt que de s’effacer derrière la figure tutélaire de Robert Jordan, Sanderson a choisi de se fondre dans ses pas. une démarche finalement à la fois respectueuse et ambitieuse, qui correspond bien à l’auteur, lui-même grand fan devant l’éternel. On imagine que malgré les sueurs froides, Brandon Sanderson a dû prendre également un plaisir monstrueux en rédigeant le roman dans son ensemble bien sûr et plus particulièrement certaines scènes. On retrouve tout le sel de ces hypothèses sans fin que l’on se plaît à échafauder, en collectant les indices, ou les interprétations, au fil des pages, encore et encore. Mais la démarche n’est jamais gratuite ici. L’intrigue progresse véritablement, pour de bon, et c’est ensuite le découpage qui fait toute la différence.
Un souci du détail et un enthousiasme qui font justement plaisir à voir et qui raniment au final une flamme que l’on pensait pour ainsi dire éteinte, ou peu s’en faut. Ne serait-ce que pour nous redonner l’envie d’attendre fébrilement le tome suivant, comme dix ans plus tôt quand les fans se mettaient à la VO pour découvrir sans délai le destin du berger des Deux Rivières et de ses camarades Ta’Veren.
Un soulagement intense couronné par un vrai bonheur de lecture.

8.5/10



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