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The Accidental Sorcerer

Tome 1 du cycle : Rogue Agent
ISBN : 978-073228763-4
Catégorie : Aucune
Auteur : K.E. Mills

Même si sa vie était en jeu, Gerald Dunwoody ne serait pas capable de conserver son emploi ou même le toit au dessus de sa tête. Alors lorsqu’un nouveau désastre survient, ses jours en tant que magicien semblent sur le point de se terminer pour de bon… jusqu’à ce que son ami Monk, un génie du département de recherches secrètes du gouvernement, l’aide à devenir le Magicien Royal de la cour du Roi de Nouvel Ottosland. Son acolyte, Reg, un oiseau ensorcellé au passé mystérieux, n’est pas sûr que ce soit une si bonne idée que cela. Mais la marge de manœuvre de Gerald est limitée, c’est ça ou mourrir de faim.

Critique

Par Luigi Brosse, le 06/12/2008

The Accidental Sorcerer constitue le premier tome d’une série de fantasy comico-dramatique écrite par K.E Mills, ou si l’on fait abstraction du pseudonyme : Karen Miller. Histoire de planter le décor, le livre est un peu moins ouvertement comique que Les Annales du Disque-Monde et se rapproche plutôt d’un Vlad Taltos ou d’un Garrett, détective privé. Néanmoins, ce premier volume sait s’affranchir de ces illustres prédécesseurs pour développer une voix qui lui est propre. On notera également qu’à terme, la série sera composée de romans pouvant être lus de manière indépendante mais présentant des personnages récurrents.
L’histoire de ce premier tome débute par l’explosion de la fabrique de baguettes magiques de luxe Stuttley. La version officielle veut que Gerald Dunwoody, magicien de grade trois, soit à l’origine de la catastrophe. Officieusement, la fabrique présentait un système de sécurité défectueux, et Gerald, petit fonctionnaire dont la principale particularité est l’incapacité à conserver son travail, est le parfait bouc émissaire. Le voici donc une nouvelle fois sans le sou et prêt à saisir toute opportunité. Il n’aura pas à attendre longtemps, puisque le Royaume du Nouvel Ottosland a besoin d’un nouveau magicien de cour. L’offre d’emploi lui correspond en plus parfaitement : pas d’expérience et niveau magique sans importance. Tout cela est presque trop beau pour être vrai… jusqu’à ce que le rêve se révèle en fait être un vrai cauchemar. Gerald devra faire tout son possible pour espérer juste en ressortir vivant.
Malgré ce démarrage très classique, le roman fonctionne bien. La première raison de ce succès, ce sont les personnages. Attachants et drôles, ils ont juste ce qu’il faut de réalisme et de défauts pour que l’identification marche à coup sûr, quel que soit le lecteur. Sur une base très convenue, les péripéties rajoutent des couches successives à la psychologie des différents protagonistes. On se retrouve donc plutôt dans une attitude de lecture attentive, guettant les indices qui indiqueront l’évolution des personnages. Voilà une démarche que l’on aimerait voir plus souvent, surtout en l’espace d’un seul tome. La seconde bonne raison pour découvrir ce texte vient du mélange opéré par l’auteur : mélange des genres, mélange des époques. Nous mentionnions au départ que ce premier tome mixait agréablement des éléments comiques à un scénario de high fantasy somme toute classique. Mais on retrouve également un courant sous-jacent très proche du steampunk, avec notamment une situation mondiale et des relations internationales très victoriennes ; une influence que l’auteur revendique par ailleurs. Ce mélange se retrouve également dans un contexte historique brassant allégrement les époques. On retrouve donc des éléments appartenant au cadre médiéval dont on a l’habitude (même si ces références sont savamment “twistées”). Mais des inventions, comme le téléphone ou le déplacement instantané, magiquement améliorées, laissent entrevoir un monde plus moderne que l’ère victorienne. Sans nul doute, les volumes suivants préciseront un peu tout cela, mais pour un début, le dépaysement est au rendez-vous.
Pour autant le livre n’est pas exempt de défauts. On découvre ainsi assez vite que les personnages ne sont des archétypes qu’en surface. L’une des révélations de la fin du livre aura donc des chances de tomber à plat, surtout si le lecteur a compris que l’histoire n’est peut-être pas aussi simple que présentée de prime abord. De même, on pourra peut-être trouver à redire sur la longueur de la fin, une fois le climax passé. On comprend bien qu’il faille expliciter les tribulations intérieures du héros face au choix qui lui est proposé, mais un peu plus de concision aurait peut-être sublimé ces sentiments plutôt que de les délayer. On sent là que l’auteur a voulu trop bien faire pour introduire les prochains livres.
Abstraction faite de ces quelques points noirs, ce premier tome est une très bonne découverte ! Vif, incisif, drôle, il rassemble tous les éléments d’une lecture détente, auquel il rajoute avec brio une profondeur plus que bienvenue. Original et difficile à classer, il saura également plaire à ceux qui recherchent un peu de nouveauté au milieu du classicisme ambiant, sans pour autant révolutionner les canons du genre. Il s’agit donc, vous l’aurez compris, d’un cocktail explosif qui aura toutes les chances de prendre, une fois traduit en français. Dans l’intervalle, que ceux souhaitant une lecture assez facile en anglais n’hésitent pas !

8.5/10

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