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Sanctuaire

Tome 1 du cycle : La Trilogie du roi sauvage
ISBN : 978-235294593-2
Catégorie : Aucune
Auteur : Alexandre Malagoli

Il y a soixante ans, la Dernière Guerre a ravagé les Cinq Royaumes. Aujourd’hui, l’Empire du Feu a de nouveau soif de conquêtes, et seul le Bouclier d’Elora protège le Royaume de la Terre de son puissant voisin. Dans cette paisible contrée, vivent cinq villageois ordinaires, loin de se douter que leur existence entière est tissée d’illusion et de mensonges.
À l’est, dans le Royaume de la Nuit, le prince Memnon affronte son pire ennemi. Son frère. Pour le vaincre, et exercer enfin sa vengeance, Memnon sait qu’il lui faut dérober le Bouclier d’Elora. Même si cela doit livrer le Royaume de la Terre aux appétits de l’Empire du Feu.
Les cinq orphelins ignorent tout de cette menace qui pèse sur leur pays, mais lorsque leur don est découvert, ils comprennent que leur vie va changer à jamais. La loi ne souffre pas d’exception : tous les jeunes gens capables d’entendre le Wyrd doivent se rendre au Sanctuaire, l’école qui forme les Chevaliers. Seuls élèves à n’être pas issus de la noblesse, les cinq amis sont jetés dans un monde dont ils ignorent toutes les règles. Traqués par des créatures qu’ils sont les seuls à voir, traités de menteurs, ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes.
Pour sauver les Cinq Royaumes de l’ennemi invisible, ils devront percer à jour les mystères du Sanctuaire…

Critique

Par Atanaheim, le 03/10/2012

Sanctuaire est vraiment un livre ambivalent.
On découvre tout d’abord un prologue haletant, épique, qui se meut peu à peu en l’histoire triste et amère de la chute d’un héros. Mais rapidement, on se retrouve avec une succession de clichés et de stéréotypes de la fantasy.
Une fois encore, on a droit à la sempiternelle histoire de pauvres orphelins vivant à la campagne, presque hors du monde, qui se découvrent un destin incroyable et des pouvoirs phénoménaux. Pire, ces personnages sont ensuite prétexte à une valse de plagiats indigne d’un auteur qui a déjà plusieurs romans derrière lui. Et comme toute danse dans un univers fantasy, cette valse passe par un bal à la cour. Fête pendant laquelle le prince déclare sa flamme à la belle paysanne tandis que les prétendantes de haut lignage tentent les perfidies les plus ridicules. Il ne manquait qu’un soulier de vair… Passons sur les emprunts à divers poètes. De toute façon, personne ne doit connaître les sanglots des violons (bon c’est vrai qu’en France le poème de Verlaine revêt une certaine importance mais personne n’écoutait les cours d’histoire. Si ?).
Reparlons plutôt d’Alexandre Malagoli. A la lecture de Sanctuaire, on retrouve bien cet aspect dichotomique entre un univers riche, plutôt bien pensé et une histoire mille fois lue et détestée neuf cent quatre-vingt-dix-huit fois. Mais quand on connaît la genèse du roman, tout s’éclaire. L’auteur affirme que l’univers lui trottait dans la tête depuis une dizaine d’années. Il a donc eu le temps de le mûrir, de l’affiner et de l’embellir. Mais pour le livrer aux lecteurs, il a jugé bon d’écrire une histoire de fantasy rappelant celles qui l’ont marqué durant sa jeunesse.
Résultat, l’intrigue a 20 ans de retard. Les ficelles sont usées, en plus d’être grosses, les couleurs passées, les personnages fatigués (et fatigants). Pire, l’auteur a aspergé le tout d’une quantité de mièvrerie et d’eau de rose absolument stupéfiante. C’est d’autant plus dommage que les quelques rares passages violents et sauvages sont très réussis. A croire que l’écrivain a voulu camoufler sous une surdose de parfum le fait que le sang, les larmes et la bile étaient les humeurs qui lui convenaient le mieux. A-t-il voulu rendre son univers plus acidulé (et donc moins acide), plus accessible ? Ou se fourvoie-t-il sur les qualités de sa plume ?
D’ailleurs, outre cette erreur de ton, notons un style tout à fait banal. On a vu pire mais on a surtout vu beaucoup mieux. Surtout chez les auteurs francophones. Même s’il est vrai que les attentes littéraires sont plus élevées lorsque l’on lit un auteur maniant la langue de Molière, puisque le texte ne passe pas par la case traduction, nous devons reconnaître qu’ici c’est la banalité (encore une fois) des mots et des tournures qui l’emporte.
Les originalités sont présentes dans deux domaines. La première, on l’a compris, est l’univers de Sanctuaire (notamment les peuples vivant sur le monde décrit ainsi que leurs ennemis). La seconde c’est Memnon, qui, même si son nom rappelle un peu trop les Atrides, ou le prince du même nom dans la guerre de Troie, est vraiment un protagoniste réussi. On le découvre héros, général flamboyant, défendant la veuve et l’orphelin puis on le retrouve anéanti, sombre et mesquin, conspirateur, suffisamment déterminé pour être prêt à commettre toutes sortes d’atrocités pour parvenir à ses fins.
Il était peut-être là le pont à utiliser pour permettre au lecteur d’accéder à l’univers de cette Trilogie du roi Sauvage… En lisant les scènes dans lesquelles Memnon intervient, on se dit qu’il y avait matière à faire quelque chose de bien plus abouti. D’ailleurs, les passages lors desquels l’univers rattrape nos héros adolescents en pleine quête initiatique nous le confirment. Quand leur histoire personnelle est oubliée pour un temps, le livre se fait palpitant. Cette impression est encore renforcée par la fin du roman. Quand le petit destin personnel de nos héros devient secondaire et que celui de leur monde prend le dessus, on est tout de suite embarqué. Mais il a fallu dépasser la moitié du roman pour en arriver là.
Allégé de 300 pages, purgé de toutes ses platitudes, on aurait vraiment pu tenir là un bon livre.
En l’état, on se consolera en se disant que la couverture signée Marc Simonetti est plutôt réussie et que l’objet n’est pas très cher pour un grand format de près de 600 pages… Saluons aussi un épilogue qui, sans constituer un cliffhanger, relance plutôt bien l’intérêt du lecteur. En espérant que cette fois l’auteur aura bien voulu dissiper la brume de mièvrerie qui entoure son intrigue.

5.0/10

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